<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0">
  <channel>
    <title>Lignes capturées, lignes en fuite : les dispositifs de navigation urbaine à l’épreuve de l’infra-ordinaire</title>
    <link>https://preo.ube.fr/epistemocritique/index.php?id=1331</link>
    <description>Cet article interroge les dispositifs de navigation urbaine, GPS et applications de cartographie, non comme de simples instruments d’aide à la mobilité, mais comme des opérateurs de transformation des régimes de spatialité. À partir d’un croisement entre les approches de Claude Raffestin, Tim Ingold et la perspective de Gilles Deleuze et Félix Guattari, il montre comment ces dispositifs reconfigurent les structures territoriales, les dynamiques de circulation et les formes d’expérience. En produisant des trajectoires optimisées, ils tendent à substituer au cheminement une logique d’exécution, où l’espace est anticipé et calculé en amont de l’expérience. Cette transformation affecte également les régimes d’énonciation. Relue à partir de la notion de littérature mineure, la navigation algorithmique apparaît comme une forme d’énonciation collective distribuée, dans laquelle les trajectoires individuelles sont immédiatement captées et réinjectées dans le système, contribuant à une régulation des comportements spatiaux. Toutefois, cette capture demeure incomplète. En mobilisant le contrepoint proposé par Georges Perec, l’article met en évidence la persistance de l’infra-ordinaire. Hésitations, ajustements et conflits entre prescription algorithmique et environnement matériel constituent les points où l’espace résiste à sa réduction calculatoire. Le régime algorithmique de la spatialité apparaît ainsi comme une forme de capture toujours inachevée. This article examines urban navigation technologies, GPS and mapping applications, not as simple tools for mobility, but as operators that transform regimes of spatiality. Drawing on the work of Claude Raffestin, Tim Ingold, and the Deleuzian framework developed by Gilles Deleuze and Félix Guattari, the article shows how these devices reconfigure territorial structures, circulation dynamics, and forms of experience. By producing optimized trajectories, they tend to replace wayfaring with a logic of execution, in which space is anticipated and calculated in advance of lived experience. This transformation also affects regimes of enunciation. Reinterpreted through the concept of “minor literature”, algorithmic navigation appears as a form of distributed collective enunciation, in which individual trajectories are immediately captured, aggregated, and reintegrated into the system, contributing to the regulation of spatial behaviors. However, this capture remains incomplete. Drawing on the counterpoint proposed by Georges Perec, the article highlights the persistence of the infra-ordinary as an irreducible dimension of spatial experience. Hesitations, adjustments, and tensions between algorithmic prescription and material environment mark the points at which space resists its computational reduction. The algorithmic regime of spatiality thus emerges as a form of capture that is always unfinished. </description>
    <category domain="https://preo.ube.fr/epistemocritique/index.php?id=73">Numéros</category>
    <category domain="https://preo.ube.fr/epistemocritique/index.php?id=1253">Géophilosophie & Géocritique</category>
    <language>fr</language>
    <pubDate>jeu., 02 juil. 2026 09:47:21 +0200</pubDate>
    <lastBuildDate>lun., 31 août 2026 10:18:59 +0200</lastBuildDate>
    <guid isPermaLink="true">https://preo.ube.fr/epistemocritique/index.php?id=1331</guid>
    <ttl>0</ttl>
  </channel>
</rss>