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    <title>pouvoir</title>
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    <description>Entrées d’index</description>
    <language>fr</language>
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      <title>Pouvoir et Progrès</title>
      <link>http://preo.ube.fr/individuetnation/index.php?id=182</link>
      <description>Certes la civilisation est un équilibre fragile, toujours menacé de basculer dans la barbarie, mais le « procès de la civilisation » tel que le narre Elias se solde globalement par un progrès – peut-être même par « le » Progrès de « la » Civilisation, car Elias est peu loquace sur la pluralité des civilisations. Le grand récit de la Civilisation est porté par la lutte pour le pouvoir, par la concurrence des individus et des groupes dans la recherche et la conservation d’une position dominante, qu’elle soit réelle ou symbolique. Je m’intéresse moins ici à la possible origine nietzschéenne de cette vision du monde (tout en la tenant pour d’autant plus plausible que, comme pour Nietzsche, le pouvoir, ou la puissance – Macht –, est une valeur relative) qu’à deux autres implications lourdes de conséquences. D’une part, le paradigme du pouvoir se traduit par la primauté accordée à l’histoire politique et par un déficit certain en ce qui concerne la prise en compte des facteurs économiques. Ce n’est pas un hasard si la redécouverte d’Elias a coïncidé avec le recul du marxisme sur la scène intellectuelle. Or, cette primauté inscrit Elias dans une lignée de la pensée allemande qui prend son origine dans l’historisme du 19e siècle. Une des conséquences est qu’Elias souscrit à « l’explication » du national-socialisme par le Sonderweg. D’autre part, l’idée que la guerre de tous contre tous produit la civilisation dès lors qu’elle est régulée par l’État renvoie expressément à Hobbes (cf. entre autres Studien üÜber die Deutschen, p. 149) et caractérise une variante spécifique de « libéralisme » commun aux Allemands émigrés en milieu anglo-saxon (voir Leo Strauss) et qu’on retrouve chez les néo-conservateurs américains. Civilization is, according to Elias, a very precarious equilibrium which is constantly threatened by an upsurge of barbarity. But fortunately the story of the civilizing process, as Elias tells it, results nevertheless in a progress, or even in the Progress of Civilization – as Elias does not spend many words on the plurality of cultures. This Great Story of Civilization is carried by the struggle for power, by the competition of individuals and groups striving to get or to preserve a dominant position – either real or symbolic. I will not actually focus here on the seemingly Nietzschean origin of this way of thinking (although I consider it all the more plausible since power is for Elias, as for Nietzsche, something relative) but rather on two other weighty implications. On the one hand, the paradigm of power leads to the primacy of political history and to a lack of interest for the economic factors. No wonder that Elias has been re-discovered after the retreat of Marxism on the intellectual scene. But the primacy of political history also inscribes Elias in a German tradition of thinking which has its origin in the historicism of the 19th century. This may explain why Elias subscribes to the “Sonderweg” thesis as a valid explanation for the genesis of National Socialism. On the other hand, the idea that the state of war of all against all engenders civilization as far as it is controlled by the state refers explicitly to Hobbes (who is quoted in the Studien über die Deutschen, p. 149) and is typical of the specific kind of “liberalism” which characterizes especially the German emigrants in the Anglo-Saxon world (as for instance Leo Strauss) and which is part of the ideology of the American neocons. </description>
      <pubDate>jeu., 25 janv. 2018 09:49:59 +0100</pubDate>
      <lastBuildDate>lun., 25 sept. 2023 14:47:35 +0200</lastBuildDate>
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      <title>La transition vers la démocratie au Chili : pouvoirs de faits, politiques et conflits de mémoire</title>
      <link>http://preo.ube.fr/individuetnation/index.php?id=362</link>
      <description>Au Chili, suite aux mobilisations populaires qui conduiront au Référendum de 1988 et à la chute de la dictature de Pinochet, la transition démocratique va rester « sous tutelle » des forces civilo-militaires antérieures à chaque fois que celles-ci useront, à défaut de pouvoirs directs, de leurs prérogatives institutionnelles pour empêcher que ‘vérité’ et ‘justice’ ne se fassent. Dans ce sens, elle se caractérise tout autant par la tentative d’éclaircir officiellement la vérité historique que par la volonté de forcer un oubli se voulant réconciliateur. La mise en place de la Commission « Rettig » en 1990, comme les négociations politiques auxquelles elle a donné lieu, illustrent parfaitement ce paradoxe sur lequel va se dessiner un clivage mémoriel conduisant à deux positions bien distinctes et opposées : d’un côté, celle défendue aujourd’hui par la Fondation Pinochet créée un mois avant l’emprisonnement du général Contreras en novembre 1995, qui représente le secteur économique et politique le plus proche et fidèle du dictateur depuis son arrestation à Londres en 1998, pour qui la ‘vérité’ historique ne saurait remettre en cause le cadre institutionnel issu de la dictature, celui-là même qui permet de garantir l’impunité des crimes, seule condition de la ‘réconciliation’. De l’autre, celle des familles de victimes et associations de défense de droits de l’Homme qui, à travers des actions de ‘ justice sociale’ telles que la FUNA, continuent de réclamer des comptes et n’acceptent de parler de ‘réconciliation’ que dans la mesure où la ‘vérité’ historique est établie. En réalité, ni les négociations autour de la « Table de Dialogue » sur les droits de l’Homme sous les mandats des présidents Frei et Lagos, ni le Rapport Valech clôturé suite à la victoire électorale de Bachelet, ne permettront de construire une histoire officielle satisfaisante pour tous et d’aboutir à une reconnaissance des responsabilités. Alors que Pinochet meurt en toute impunité en 2006, et face à ses polémiques funérailles, la nation reste toujours fortement divisée dans sa mémoire. In Chili, after people’s demonstrations that provoked the 1988 referendum and the fall of Pinochet’s dictatorship, the transition to democracy will remain “under surveillance” of the precedent civil and military forces. These forces will use, in the absence of direct powers, of their institutional prerogatives in order to allow “truth” and “justice” is made. In this sense, they show a parallel wish to officially put into clear the historical truth and by the aim to force reconciliatory forgetfulness. The setting up of the Retting Commission in 1990, as well as the political negotiations it implied, perfectly show the paradox on which a cleavage of memory will be based. It will lead to well differentiated and confronted positions: on one side, the position of the Pinochet Foundation, which was set up one month before the imprisonment of general Contreras in November 1995, and which nowadays represents the political and economic sectors loyal to the dictator since his arrest in London in 1998. For them, the historical “truth” cannot question in any way the institutional framework of the dictatorship, which guarantees the impunity of crimes and that is the only condition for “reconciliation”. On the other side, the position of the families of victims and human rights associations, like the FUNA, that through “social justice” actions keep on asking for justice and only accept “reconciliation” if the historical “truth” is set. The reality is that neither the negotiations of the Table of Dialogue on human rights under Frei and Lagos presidencies nor the Valech Report, closed after Bachelet’s election, will allow to build up a satisfactory official history for all and reach an assumption of responsibilities. While Pinochet died with impunity in 2006, and front of his funerals polemics, the nation remains deeply divided in its memory. </description>
      <pubDate>jeu., 25 janv. 2018 10:01:42 +0100</pubDate>
      <lastBuildDate>lun., 25 sept. 2023 14:31:36 +0200</lastBuildDate>
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