history of literature http://preo.ube.fr/sel/index.php?id=479 Entrées d’index fr 0 Auguste Lavallé, un orphelin en littérature http://preo.ube.fr/sel/index.php?id=650 C’est par une intuition forte que j’ai incidemment découvert l’existence d’Auguste Lavallé, dit Louis de Hessem, en faisant des recherches sur le web, en associant les mots-clés « écrivain », « Saint-Mard » (village d’origine de la famille Lavallé) et « Lavallé ». Je n’avais jamais entendu parler de lui, ma famille ayant purement et simplement oublié cet ancêtre traducteur, exilé à Paris puis en Normandie. Je m’intéresse dans cet article à sa trajectoire d’auteur orphelin, ayant perdu son père à l’âge de 4 ans, et dont l’œuvre entière est hantée par le thème de l’inadaptation sociale et le besoin d’une construction de soi en l’absence d’héritage familial. En étudiant le cas d’Auguste Lavallé, je souhaite aussi questionner le poids de l’orphelinage sur le projet littéraire d’un écrivain : peut-on montrer un lien entre le fait d’être orphelin et la littérature ? Et si oui, comment l’envisager, dans le cadre de recherches littéraires ? I accidentally discovered Auguste Lavallé, known as Louis de Hessem, while doing some web research, combining the keywords “writer”, “Saint-Mard” (the Lavallé family’s home village), and “Lavallé”. I had never heard of him; my family had simply forgotten this ancestor, a translator, who was exiled to Paris and then to Normandy. In this article, I focus on his journey as an orphaned author, who lost his father at the age of four, and whose entire work is haunted by the theme of social maladjustment and the need to construct oneself in the absence of a family legacy. By studying the case of Auguste Lavallé, I also wish to question the impact of orphanhood on a writer’s literary project: can we demonstrate a link between being an orphan and literature? And if so, how can we apply this for the benefit of literary research? ven., 13 mars 2026 17:59:11 +0100 lun., 27 avril 2026 11:18:34 +0200 http://preo.ube.fr/sel/index.php?id=650 (Petites) sœurs de lutte et de littérature : l’ambigu “entre femmes” des littératures féministes http://preo.ube.fr/sel/index.php?id=474 Dans les textes des écrivaines féministes des années 1969-1985, la notion de sororité est utilisée au départ principalement comme un concept militant : elle renvoie à une condition partagée, elle est aussi le synonyme spécialement féministe de « camarade », désignant et interpellant les compagnes d’une lutte « planétaire ». Tour à tour fantasmée et rejetée, la sororité devient également un moyen de penser l’espace littéraire comme un lieu fondé sur un rapport d’adresse et de citation co-construit « entre femmes » : réponse à la fois pragmatique et théorique à ce qui apparaît, dès lors, comme l’entre-soi masculin constitutif des littératures occidentales canonisées. La « petite sœur » de littérature fait ainsi son apparition aux côtés de la « sœur » de lutte. Ce sont la petite sœur de Shakespeare qu’évoque Virginia Woolf et la petite sœur de Balzac, sa cousine : les artistes et écrivaines en puissance qu’il s’agit de protéger et d’encourager par la formation de réseaux et continuums de solidarité littéraire et politique. Ou bien c’est parfois, aussi, le leurre fictif et dangereux des femmes trop bien identifiées aux femmes, prises dans un « nous » militant qui, à force de rêve féministe, oublie de se penser comme divers, vivant et changeant. En présentant un panorama des différents usages de ces termes de « sœur » et de « sororité » au sein des textes littéraires féministes de l’espace franco-québécois des décennies 1970 et 1980, cet article s’intéresse précisément aux ambiguïtés à la fois politiques et littéraires qu’ils convoquent. In feminist women’s writings from 1969 to 1985, the notion of sisterhood was initially used primarily as a militant concept: it referred to a shared condition, and was also a feminist synonym for “comrade”, referring to and calling out to fellow women in a worldwide class struggle. Alternately fantasized and rejected, sisterhood also becomes a means of thinking literary space as a place based on a relationship of address and citation co-constructed “between women”: a response that is both pragmatic and theoretical to what appears, from then on, to be the constitutive “between men” of canonized Western literature. The literary little sister appears alongside the sister in struggle. This little sister is Shakespeare’s, or Balzac’s: artists and writers to be protected and encouraged by the formation of networks and continuums of literary and political solidarity. Sisterhood is sometimes the dangerous illusion of women too well identified with women, caught up in a militant “we” which forgets to think of itself as diverse, alive and changing. By presenting a panorama of the different uses of the terms “sister” and “sisterhood” in feminist literary texts from the Franco-Quebec context of the 1970s and 1980s, this article explores the political and literary ambiguities these terms evoke. ven., 28 févr. 2025 13:52:06 +0100 jeu., 13 mars 2025 16:57:14 +0100 http://preo.ube.fr/sel/index.php?id=474