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    <title>Les solidarités féminines chez Gabriela Mistral :         des « folles femmes » à une sororité au-delà de l’humain</title>
    <link>http://preo.ube.fr/sel/index.php?id=535</link>
    <description>La poétesse chilienne Gabriela Mistral, Prix Nobel de         littérature 1945, est connue pour la place qu’elle a occupée dans les         luttes féministes de son temps en Amérique Latine. Pour elle, le         féminisme ne peut être dissocié de la lutte sociale en faveur des         femmes ouvrières et autochtones. Dès son premier recueil, Desolación (1922), elle représente et nomme « toute         la solidarité du sexe, l’infinie pitié de la femme pour la femme ».         Elle qui, lesbienne cachée, partagea toute son existence ses lieux de         vie avec une femme, n’a cessé ensuite, dans ses livres suivants, de         mettre en scène des personnages féminins, souvent en duo ou en quatuor         dans Tala (1938), puis dans des séries de         poèmes centrés sur les femmes, notamment dans la section « folles         femmes » de Lagar (1954). Ces poèmes disent la         souffrance et la puissance des femmes face à un monde qui les broie,         leur affirmation artistique, spirituelle, mais aussi parfois leur         déroute ou leurs illusions perdues. La voix poétique mistralienne se         tient toujours aux côtés de ces figures comme une forme de soutien         – soit qu’elle se range elle aussi du côté de la folie émancipatrice         et revendiquée, soit qu’elle accompagne ces femmes à travers un « je »         dédoublé. La sororité, pour Gabriela Mistral, dépasse in fine, dans         Poema de Chile (posthume), la question         humaine : sur les pas de Saint François d’Assise – qui nommait sa         « Sœur Eau », mais aussi ses « Sœurs les oiseaux », elle invente dans         ce recueil une sororité avec les espèces non-humaines, et en         particulier celles dont le genre est féminin, pour élargir son lien         avec les êtres à celui d’une parenté qui englobe tout le vivant, dont         elle note déjà la fragilité et la destruction progressive. La lutte         féministe et la solidarité féminine sont donc à la fois, chez Mistral,         un positionnement politique sociétal, écologique, et spirituel. The Chilean poet Gabriela Mistral, winner of the 1945         Nobel Prize for Literature, is well known for her role in the feminist         struggles of her time in Latin America. For her, feminism could not be         dissociated from the social struggle in favour of working-class and         indigenous women. From her first collection, Desolación (1922), she         represented and named “all the solidarity of the sex, the infinite         pity of woman for woman”. As a closet lesbian, she shared her living         quarters with a woman throughout her life. In her subsequent books,         she continued to feature female characters, often in duets or quartets         in Tala (1938), and then in series of poems centred on women, notably         in the “mad women” section of Lagar (1954). These poems speak of the         suffering and power of women in the face of a world that crushes them,         their artistic and spiritual affirmation, but also sometimes their         disarray or lost dreams. Mistral’s poetic voice always stands         alongside these figures as a form of support - either siding with the         emancipatory and assertive madness, or accompanying these women         through a split “I”. In Poema de Chile (posthumous), sisterhood, for         Gabriela Mistral, ultimately goes beyond the human question: following         in the footsteps of Saint Francis of Assisi – who called his “Sister         Water”, but also his “Sisters the Birds” – in this collection she         invents a sisterhood with non-human species, and in particular those         whose gender is feminine, to broaden her bond with beings to that of a         kinship that encompasses all living things, whose fragility and         gradual destruction she has already noted. For Mistral, the feminist         struggle and feminine solidarity are at once a societal, ecological         and spiritual political position. </description>
    <category domain="http://preo.ube.fr/sel/index.php?id=129">Numéros</category>
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    <language>fr</language>
    <pubDate>ven., 28 févr. 2025 14:12:46 +0100</pubDate>
    <lastBuildDate>mer., 12 mars 2025 15:58:19 +0100</lastBuildDate>
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