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    <title>Peau d’Âne de Charles Perrault : faire famille au pays des contes de fées et de l’inceste</title>
    <link>http://preo.ube.fr/sel/index.php?id=705</link>
    <description>Peau d’Âne, comme tout objet culturel, est à la fois le reflet d’un phénomène, l’inceste, pris dans un dispositif esthétique et éthique, et un producteur instable d’idéologie à ce sujet. Écrit en 1694, ce conte burlesque, lu attentivement, ne se veut pas moral mais divertissant. Perrault, ne prenant pas l’inceste au sérieux, le présente tel qu’il est compris à l’aune de l’anthropologie de l’inceste et du #metooinceste : un système de banalisation. Faire famille c’est faire royaume : le bonheur idéal du dénouement ne l’est que si on occulte les actes du roi.Mais il faut considérer l’influence du dispositif de réception initié par Perrault qui présenta ses contes comme de la littérature enfantine agrémentée d’une « morale louable ». Peau d’Âne enjoindrait ainsi aux filles vertueuses de ne pas céder aux avances déplacées sans s’en offenser. Cette morale, certes fantasmatique, se transmit aux versions ultérieures qui ont entériné ce discours patriarcal : c’est aux filles de faire famille malgré la violence.À rebours, l’adaptation théâtrale Peau d’Âne, la fête est finie, créée en 2023, exhibe la destruction provoquée par un papa. Le passage de l’équivoque à l’explicite y gomme une partie de l’héritage de Perrault, fondé sur un principe d’entente entre adultes, au profit d’un discours adressé aux enfants. Le spectacle invite à repenser le modèle familial hétéronormé qui régit notre société et dans lequel l’inceste prévaut. Il y substitue une éthique du soin et du faire ensemble. Donkeyskin, like any cultural object, is both the reflection of a phenomenon -incest– taken in an aesthetic and ethical device, and an unstable producer of ideology on that subject. A burlesque work, the tale, carefully-read, is not moral but entertaining. As he doesn’t take it seriously, Perrault describes incest as it is understood today, in the light of the anthropology of incest and the #metooinceste: a system of trivialisation. “Forming family” is “forming kingdom”: the happiness of the ending is only perfect if one ignores the king's actions.But we must consider the influence of the reception device initiated by Perrault who presented his tales as children's literature embellished with a “commendable moral”. Thus the tale urges virtuous girls not to give in to inappropriate proposals. This moral, however fanciful, was passed on to later versions, which confirmed this patriarchal interpretation. It is up to girls to “form family” despite violence.In a opposite direction, the stage adaptation Peau d'Âne, la fête est finie, created in 2023 shows the destruction provoked by a dad. The shift from the equivocal to the explicit erases part of Perrault's literary heritage, based on a principle of understanding between adults, in favour of a discourse addressed to children. The show invites its audience to reinvent the heteronormative family model that governs our society and in which incest prevails. It replaces it with an ethic of care and acting together. </description>
    <category domain="http://preo.ube.fr/sel/index.php?id=129">Numéros</category>
    <category domain="http://preo.ube.fr/sel/index.php?id=572">Faire et défaire famille</category>
    <category domain="http://preo.ube.fr/sel/index.php?id=790">Faire ou défaire famille</category>
    <category domain="http://preo.ube.fr/sel/index.php?id=575">Perspectives disciplinaires et propositions critiq...</category>
    <language>fr</language>
    <pubDate>Mon, 16 Mar 2026 16:13:25 +0100</pubDate>
    <lastBuildDate>Mon, 27 Apr 2026 11:29:57 +0200</lastBuildDate>
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