Varia 2009 http://preo.ube.fr/textesetcontextes/index.php?id=196 Numéros fr mar., 21 nov. 2017 15:53:40 +0100 mar., 22 août 2023 11:48:59 +0200 http://preo.ube.fr/textesetcontextes/index.php?id=196 0 Metalinguistic Comments and Evaluations of Phraseological Expressions in German Talk Shows http://preo.ube.fr/textesetcontextes/index.php?id=198 The study of 32 German talk shows reveals that phraseological expressions are regularly subject to verbal or nonverbal activities, which rephrase, paraphrase fixed expressions, make puns with them and so forth. This article concentrates on one particular type of preceding or subsequent conversational treatment of fixed expressions, i.e. metalinguistic comments and evaluations. These are used to point out that lexical expressions are fixed and commonly used, to indicate the source of a quotation, and in particular to show producer-preferred interpretation. By way of such metalinguistic comments a speaker demonstrates a high degree of reciprocity, giving directions as to how to interpret his turn-at-talk, and, at the same time, he protects his own face by presenting himself as a competent member of the speech community. Fixed expressions can also be evaluated metalinguistically, e.g. criticized or rejected. L’étude d’un corpus de 32 talk-shows de la télévision allemande révèle que les expressions phraséologiques sont fréquemment accompagnées par des activités verbales qui les "traitent" de différentes manières, les rephrasent, les paraphrasent, en font des jeux de mots, etc. Le présent article se concentre sur les activités métalinguistiques qui commentent ou évaluent un phrasème en amont ou en aval. Elles servent à souligner expressément qu’un phrasème possède une structure stable, qu’il est couramment utilisé sous cette forme, pour indiquer la source d’une citation ou pour manifester l’interprétation préférée par l’énonciateur. Par de tels commentaires, leur producteur fait preuve d’un degré de réciprocité, en outre, il non seulement révèle ainsi son interprétation préférée du phrasème en question, mais protège en même temps, sa propre face en se présentant comme locuteur compétent. D’un autre côté, un phrasème peut également être évalué métalinguistiquement, p. ex. critiqué ou rejeté. mar., 21 nov. 2017 15:53:40 +0100 http://preo.ube.fr/textesetcontextes/index.php?id=198 Note di ri-lettura di un testo drammatico: Lunga notte di Medea di Corrado Alvaro http://preo.ube.fr/textesetcontextes/index.php?id=199 Nel 431 a.C. nasce un archetipo del teatro universale: la Medea di Euripide. Il suo successo è dovuto anche alla diversa maniera di trattare il mito e il personaggio di Medea. Se i suoi predecessori avevano presentato una strega benevola, piuttosto una terapeuta salvifica, Euripide impone al pubblico una donna spietata, che per amore e superbia può uccidere anche i più cari. Ma soprattutto propone una discussione sulla società ateniese a lui contemporanea; sul passaggio dalla società matriarcale a quella patriarcale; sul ruolo destinato alla donna ; sui diritti della donna: la sua Medea è quasi scusabile nei suoi atti perché è una donna tradita, a cui il marito ha mancato di rispetto senza mantenere le promesse fatte. E introduce anche un Giasone basso, ingrato, che solo che dell'eroe argonauta ha solo più il nome.La più nota commedia di Corrado Alvaro La lunga notte di Medea (1949) riprende la storia mitologica ma mette gli accenti sul dramma dell'estraneo, Medea, ma soprattutto su quello di Giasone, l'eroe che, per non diventare un essere comune, si abbassa a tutto.La feroce eroina antica è cambiata per amore in una casalinga qualsiasi, attenta ai bisogni dei figli e del marito ma soprattutto attenta a non farsi notare o a non dare fastidio nella nuova patria. Soltanto che né il marito né il re di Corinto sono disposti ad accordarle la pace tanto ambita. Il primo perché, passati gli anni degli slanci avventurosi, non vuole accontentarsi solo del ricordo delle sue gesta e vuole farsi coinvolgere nella storia presente della città. Per questo è disposto a tutto, anche a lasciare la donna ancora amata (elemento di novità rispetto a Euripide) e che ha fortemente contribuito alla sua gloria. Il secondo perché sa che se lui mantiene tra le mura della città una donna-strega-eroina, la gente non dimenticherà il passato e che la figlia Creusa non ha niente con cui controbilanciare il carisma e la potenza dell'estranea. Medea cacciata via, Giasone diventato genero del re, la città potrà entrare in un'altra era, della tranquillità e della stabilità. Che non fanno parte del passato di Medea.Invano Medea fa promesse di sottomissione, invano chiede il permesso di rimanere a Corinto. Non invia regali avvelenati, non minaccia nessuno (anzi supplica in ginocchio), vuole andarsene e lasciare i figli vivere accanto al padre e all'interno di una civiltà che lei ammira. È talmente cambiata che la sua ava, la Luna, non le dà più ascolto. Rifiutatole quest'ultimo gesto di pietà, non le resta che conformarsi a quello che la gente crede di lei: ridiventa (sempre per amore, per salvarli dalla furia della folla scatenata) assassina dei figli. Sa che solo così loro - altri elementi allogeni, frutto di due genitori emblematici – potranno essere salvati.Corrado Alvaro opera quindi non una contemporaneizzazione del mito, ma una sua universalizzazione - in tempo e spazio - e sposta la discussione dalla protagonista (che continua a dare il titolo della tragedia) sul personaggio maschile, proponendo ancora un ritratto di arrampicatore sociale, locus communis della letteratura contemporanea. En 431 a.c. naît un archétype du théâtre universel: la Médée d’Euripide. Son succès est dû notamment au traitement inédit du mythe et du personnage de Médée. Si ses prédécesseurs l’avaient présentée sous les traits d’une sorcière bienveillante, d’une thérapeute salvatrice, Euripide impose au contraire au public l’image d’une femme sauvage et impitoyable, capable, par amour et par orgueil, de tuer les êtres qui lui sont le plus chers. Mais il propose surtout une réflexion sur la société athénienne contemporaine, sur le passage d’une société matriarcale à une société patriarcale; sur les droits et devoirs de la femme : le comportement de Médée est presque justifié parce que son époux l’a trahie. Euripide nous présente ainsi un Jason vil et ingrat, qui n’a de commun avec le capitaine des Argonautes que le nom.La plus connue des comédies de Corrado Alvaro: La longue nuit de Médée (1949) s’inspire du récit mythique mais il met l’accent sur le drame de la condition de l’étranger. La féroce héroïne antique se mue par amour en simple ménagère, soucieuse de remplir ses devoirs d’épouse et de mère, mais surtout de se faire accepter dans sa nouvelle patrie. Or, ni son époux ni le roi de Corinthe ne sont disposés à lui accorder la paix à laquelle elle peut légitimement prétendre. Le premier parce que, ne se contentant pas de la gloire qu’il a acquise par ses exploits passés, il aspire à jouer encore un rôle de premier plan dans la cité, et qu’il est prêt pour cela à répudier la femme à laquelle il doit tant et qu’il aime encore (élément original par rapport à Euripide). Le second parce qu’il sait que sa fille Creüse n’a rien qui puisse égaler le charisme et le prestige de Médée et que tant que celle-ci demeurera dans la ville, le peuple ne pourra l’oublier. Ce n’est que lorsque Médée aura été répudiée et bannie et que Jason sera devenu le gendre du roi que la ville pourra entrer dans une nouvelle ère de tranquillité et de stabilité. En vain, Médée promet de se soumettre. Elle n’envoie aucun présent empoisonné. Non seulement elle ne menace personne, mais elle va jusqu’à supplier à genoux ses bourreaux. Elle accepte de laisser ses enfants vivre avec leur père au sein d’un civilisation qu’elle admire et ne demande pour sa part que la permission de rester à Corinthe. Elle se montre à ce point docile que son aïeule, la Lune, refuse de la secourir. Il ne lui reste qu’à se conformer à l’image terrible que les gens se sont formée d’elle. Toutefois, si elle commet l’infanticide, ce n’est pas par dépit amoureux mais bien par amour et uniquement pour soustraire ses enfants à la fureur de la foule déchaînée.En revisitant le mythe, Alvaro fait un sort à la figure masculine et il nous livre un portrait d’arriviste, locus communis de la littérature contemporaine. mar., 21 nov. 2017 15:53:40 +0100 http://preo.ube.fr/textesetcontextes/index.php?id=199 Christian Lotz, Die Deutung des Verlusts. Erinnerungspolitische Kontroversen im geteilten Deutschland um Flucht, Vertreibung und die Ostgebiete (1948-1972), 2007 http://preo.ube.fr/textesetcontextes/index.php?id=218 mar., 21 nov. 2017 15:53:41 +0100 http://preo.ube.fr/textesetcontextes/index.php?id=218 Tanja Walenski, Verweigerte Entstalinisierung, Die Beziehungen des « Literatursystems DDR » zur Sowjetunion 1961-1989, 2008 http://preo.ube.fr/textesetcontextes/index.php?id=219 mar., 21 nov. 2017 15:53:41 +0100 http://preo.ube.fr/textesetcontextes/index.php?id=219 Kersten Sven Roth, Markus Wienen (Hrsg.), Diskursmauern – Aktuelle Aspekte der sprachlichen Verhältnisse zwischen Ost und West, 2008 http://preo.ube.fr/textesetcontextes/index.php?id=221 mar., 21 nov. 2017 15:53:41 +0100 http://preo.ube.fr/textesetcontextes/index.php?id=221 Philippe Icard, avec la collaboration de Juliette Olivier (Éds), Une citoyenneté européenne dans tous ses “États”, 2009 http://preo.ube.fr/textesetcontextes/index.php?id=223 mar., 21 nov. 2017 15:53:41 +0100 http://preo.ube.fr/textesetcontextes/index.php?id=223 http://preo.ube.fr/textesetcontextes/index.php?id=224 mar., 21 nov. 2017 15:53:41 +0100 http://preo.ube.fr/textesetcontextes/index.php?id=224 Poétique du code ou de la contrainte : les limites de l’expression http://preo.ube.fr/textesetcontextes/index.php?id=200 mar., 21 nov. 2017 15:53:40 +0100 http://preo.ube.fr/textesetcontextes/index.php?id=200 ‘Oft turning others’ leaves’ : la contrainte de l’imitatio dans les sonnets anglais des xvie et xviie siècles http://preo.ube.fr/textesetcontextes/index.php?id=201 L’application des notions de code et de contrainte à la poésie anglaise des xvie et xviie siècles paraît à première vue aller de soi, puisque la littérature de cette époque est fondée sur l’imitation de codes et de topoï. Sir Philip Sidney, dans son recueil de sonnets Astrophil and Stella, semble pourtant amorcer une révolte poétique contre cette obligation. Néanmoins, il se conforme à une nouvelle contrainte, celle de la poésie pétrarquienne1 de l’amour impossible, exprimée dans les poèmes par une réflexion sur l’écriture poétique qui semble vouée à l’échec. In the sixteenth and the seventeenth centuries, imitation was not usually considered a constraint by poets. Yet Sir Philip Sidney, in his sonnet cycle Astrophil and Stella, seems to advocate a new form of poetic writing based on personal experience and originality, even if he uses the traditional device of impossible love imitated from Petrarchan sonneteers. Stella appears as a new constraint, and her absence and coldness trigger a reflection on the impossibility to write. mar., 21 nov. 2017 15:53:40 +0100 http://preo.ube.fr/textesetcontextes/index.php?id=201 ‘What are patterns for?’: the horizons of form in The New Poetry (1917) http://preo.ube.fr/textesetcontextes/index.php?id=202 In the early twentieth century, the relationship between poets and the rules that preside over composition is cast as a conflictual one, characteristic of modernity’s mythologizing of formal innovation as a path to artistic autonomy, achieved through the destruction of codes. The anthology entitled The New Poetry, which was published in 1917 by Harriet Monroe and Alice Corbin Henderson, faithfully reflects the construct of a poetics established upon the reappraisal of the constraints set by meter and rhyme, as in the example of free verse. However, while celebrating avenues to experiment, the anthology brings to light the limitations of the myth of formal autonomy in a cultural climate shaped by the geo-politics of World War One. In this context, the ideal of a newly-ordered poetic universe adequately reflecting poetry’s place in society comes to supplant the debate opposing notions of form and formlessness. Le début du vingtième siècle offre l’image de l’écriture poétique marquée par les tensions qui caractérisent la construction d’un mythe d’invention issu de la modernité, qui se repose sur la destruction de codes. L’anthologie intitulée The New Poetry, publiée en 1917 par Harriet Monroe et Alice Corbin Henderson, fait écho au postulat d’une poétique fondée sur le questionnement des contraintes que représentent le mètre et la rime, tel l’exemple du vers libre. Pourtant, l’expérimentation prosodique s’accompagne dans le climat géo-politique de la première guerre mondiale d’une réflexion sur les limites du mythe de l’autonomie formelle. Dans ce contexte, l’opposition entre les notions de forme et d’absence de forme se voit supplanter par la vision d’un ordre poétique nouveau, qui serait apte à traduire l’image d’une écriture qui vise non pas les formes de rupture mais d’inscription. mar., 21 nov. 2017 15:53:40 +0100 http://preo.ube.fr/textesetcontextes/index.php?id=202 Les writing through de John Cage et Jerome Rothenberg ou la pulvérisation des codes poétiques http://preo.ube.fr/textesetcontextes/index.php?id=203 John Cage et Jerome Rothenberg envisagent tous les deux leur pratique poétique à partir de la notion de writing through, ce qui inscrit la traduction au cœur de leur travail. La traduction, ou la traversée de l’écriture, leur permet de pulvériser les codes de l’écrit et de définir la poésie avant tout comme la recherche d’une langue libre de toute contrainte. Cette pratique témoigne d’une double tension – celle de la tradition poétique et celle de l’écriture – dont les deux poètes tentent de s’affranchir au travers de la poésie orale. John Cage and Jerome Rothenberg both define their poems as writing throughs which sets the idea of translation at the heart of their work. Translating, or writing through previous texts, allows them to shatter the codes of written poetry and to redefine poetry as the quest for a language freed from all constraints. The double tensions of tradition and written poetry are erased by the oral poetry created by the writing throughs. mar., 21 nov. 2017 15:53:40 +0100 http://preo.ube.fr/textesetcontextes/index.php?id=203 L’héritage de Buffon (Éditions Universitaires de Dijon, 2009) : introduction http://preo.ube.fr/textesetcontextes/index.php?id=204 mar., 21 nov. 2017 15:53:40 +0100 http://preo.ube.fr/textesetcontextes/index.php?id=204 The Collaboration ‘manqué:’ Petrus Camper’s Son at Montbard, 1785-1787 http://preo.ube.fr/textesetcontextes/index.php?id=205 The Dutch anatomist Petrus Camper (1722-1789) was pleased that Buffon wanted to co-write a book on the natural history of whales. His son, Adriaan Gilles Camper (1759-1820), who was studying in Paris, went to Montbard to discuss this project. Although Jacques de Sève completed his engravings from Camper’s drawings at Buffon’s expense by 1786, the cetacean book was published posthumously, 30 years later, under Camper’s name only. Among the problems that led to their failed collaboration were differences about the division of the work, physical ailments, political problems, but, most of all, the fundamental clash between how they regarded natural history. Buffon prioritized reader-friendly natural history over that based on anatomical dissection, which was paramount to Camper. Camper wrote his son about Buffon that: “Despite his [anatomical] mistakes, he taught me by his example to envision things in the abstract, to mix them, etc.” Buffon’s “Discours,” on a new method for the life sciences, insisted that anatomical accuracies had to be integrated with synthetic laws. While his book detailed eight cetacean species, Camper also speculated which of their anatomical parts could be seen as variations of a common vertebrate structure. He drew a comparison of the whale skull with the human skull. Buffon’s discourse, published when Petrus Camper was only 27 years old, had evidently become Camper’s lifelong inspiration. The Campers’ incredible exertions to satisfy a hoped-for collaboration with the “great Buffon” can only be understood in the context that Petrus Camper acknowledged a great intellectual debt to Buffon in his own contributions. L’anatomiste hollandais Petrus Camper (1722-1789) était heureux que Buffon voulût écrire avec lui un livre sur l’histoire naturelle des baleines. Son fils, Adriaan Gilles Camper (1759-1820), qui étudiait à Paris, alla à Montbard pour discuter de ce projet. Bien que Jacques de Sève eût achevé ses gravures des dessins de Camper aux dépens de Buffon en 1786, le livre des cétacés n’a été publié après sa mort 30 ans plus tard que sous le nom de Camper. Leur collaboration a échoué par suite de différents sur la division du travail, les maladies physiques, les problèmes politiques, mais surtout l’incompatibilité de leurs vues sur l’histoire naturelle. Buffon mettait en avant une histoire naturelle agréable à lire, tandis que Camper préférait une histoire naturelle basée sur le scalpel plutôt que sur la spéculation. Camper écrivit à son fils à propos de Buffon: « Malgré les erreurs il m’a appris par son exemple à envisager les choses en grand, à combiner etc. » Le « Discours » de Buffon, sur une nouvelle méthode pour les sciences de la vie, insistait sur le fait que les précisions anatomiques devaient être intégrées aux lois synthétiques. Tandis que son livre décrivait huit espèces de cétacés, Camper s’est aussi demandé lesquelles de leurs parties anatomiques pouvaient être vues comme variations d’une structure vertébrale commune. Il a fait une comparaison d’un crâne de baleine et d’un crâne d’homme. Le discours de Buffon, publié quand Petrus Camper avait 27 ans, fut de toute évidence l’inspiration de la vie entière de Camper. Les efforts incroyables des Camper pour assurer une collaboration désirée avec « le grand Buffon » ne peuvent être compris que si l’on n’oublie pas que Petrus Camper a reconnu dans ses propres contributions qu’il devait une grande dette intellectuelle à Buffon. mar., 21 nov. 2017 15:53:40 +0100 http://preo.ube.fr/textesetcontextes/index.php?id=205 Resisting System: Britain, Buffon, And The Avoidance of Linnaeus http://preo.ube.fr/textesetcontextes/index.php?id=213 It is a commonplace of science (although less of the history of science) that Linnaeus definitively solved the vexing problems of taxonomy and nomenclature in the 18th century, thus freeing subsequent researchers to focus on more challenging problems. In fact the reception of the Linnaean system was slow and incomplete at the time, and much of his work was subsequently superseded. There were many sceptics among British naturalists, and examination of their responses to Linnaeus can illuminate both the nature of his work, and the social and intellectual contexts of contemporary natural history. It was generally accepted that the study of plants and animals required some kind of order--the mere accumulation of miscellaneous facts was no longer satisfactory. There were two main alternatives. One was nationalistic and relatively superficial--to accept the Linnaean agenda, but to suggest that it had been accomplished earlier and/or better by British scholars (John Ray was the most frequent, but not the only candidate for this honor). The other was to prefer a non-Linnaean mode of ordering--that is, a way of organizing the plant and animal kingdom that employed apparently different principles, often one that acknowledged more obvious and familiar differences and familiarities. These anti-systematists (as they often misleadingly called themselves) were inclined to rally behind the countervailing authority and prestige of Buffon. Buffon also figured cryptically in merely nationalistic anti-Linnaeanism, through the mechanism of unacknowledged borrowing. Il est communément admis dans les sciences (encore que ce soit moins le cas dans l’histoire des sciences) que Linné résolut définitivement les problèmes irritants de taxinomie et de nomenclature au xviiie siècle, libérant les générations de chercheurs à venir, et leur permettant ainsi de se consacrer à des tâches plus laborieuses. En vérité, la réception du système de Linné fut lente et incomplète en son temps, et une grande partie de son travail fut par la suite supplanté. Il se trouvait grand nombre de sceptiques parmi les naturalistes britanniques, et l’examen de leurs réponses à Linné illumine à la fois la nature même de son travail, et le contexte social et intellectuel de l’histoire naturelle contemporaine. Il était généralement admis que l’étude des plantes et des animaux requérait un ordre quelconque—la simple accumulation de faits épars ne se trouvant plus satisfaisante. Deux types d’alternatives s’offraient donc. L’une était nationaliste et relativement superficielle : bien que l’on acceptât l’agenda de Linné, l’on suggérait que celui-ci avait déjà été réalisé avant lui, et/ou de manière plus achevée, par des scientifiques britanniques (John Ray fut le plus cité, mais pas l’unique, des candidats à cet honneur). L’autre alternative consistait en l’adoption d’un mode d’ordonnance non-Linnéen—c’est-à-dire, d’une manière d’organiser la faune et la flore selon des principes en apparence différents, admettant souvent des dissimilitudes et des ressemblances à la fois plus familières et plus évidentes. Ces « anti-systémiques » (comme ils se nommaient souvent eux-mêmes à tort) étaient enclins à se rallier à l’autorité et au prestige de Buffon. Buffon se situait lui aussi, de manière cryptique, dans la ligne de tir d’un anti-Linnéisme purement nationaliste, par lequel nos scientifiques britanniques s’inspiraient du naturaliste français tout en omettant de reconnaître leurs emprunts. mar., 21 nov. 2017 15:53:40 +0100 http://preo.ube.fr/textesetcontextes/index.php?id=213 Fire and Life: The Chemical Thought of Buffon http://preo.ube.fr/textesetcontextes/index.php?id=215 In this paper I try to show, in the first place, that Buffon’s chemical thinking was not anachronistic but in agreement with the chemistry predominant in France before the chemical revolution of Lavoisier took place. Secondly, I try to explain why Buffon assigned an oily character to the inorganic molecules that, for him, were requisite for the spontaneous generation of life. The study of Buffon’s chemical thinking allows us to see that it was part of the affinity theory, a very successful theory in the 18th century about the relationship among chemical elements. On the other hand, understanding Buffon’s chemistry helps us to understand why, for him, life appeared spontaneously from inorganic oily matter; this idea is connected with a tradition in chemical thinking that considered fire as active matter. This notion of fire was kept, though disguised, in the conceptions of sulfur principle (a substance considered oily) and of phlogiston (originally “oily earth”), and finally culminated in the idea of fixed fire, sustained by the French chemistry during the second half of the 18th century. For Buffon, fixed fire attracted free fire and thanks to the movement of this element, life originated. Dans cette communication, nous voulons montrer, d’abord, que la pensée chimique de Buffon n’était pas anachronique mais, plutôt, qu’elle était en concordance avec la chimie dominante en France avant la révolution de Lavoisier. Je prétends ensuite expliquer pourquoi Buffon avait attribué un caractère huileux aux molécules organiques à partir desquelles, d’après lui, la vie se généra spontanément. L’étude de la pensée chimique de Buffon nous permet de voir qu’il s’insérait dans le contexte de la théorie des affinités, théorie qui eut un grand succès pendant le xviiie siècle. D’un autre côté la compréhension de la chimie de Buffon nous aide à comprendre pourquoi, pour lui, la vie surgit spontanément à partir de matières inorganiques huileuses ; cette idée est liée à une tradition de la pensée chimique pour laquelle la feu était considéré comme une matière active en elle-même. Cette notion du feu s’est préservée, déguisée, dans la conception souffre-principe (substance considérée huileuse) et dans celle du phlogistique (originellement “terre grasse”), débouchant finalement sur l’idée du feu fixe de la chimie française du milieu du xviiie siècle. Le feu fixe, pour Buffon, attire le feu libre, et c’est grâce au mouvement de cet élément que la vie prend son origine. mar., 21 nov. 2017 15:53:40 +0100 http://preo.ube.fr/textesetcontextes/index.php?id=215