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    <title>Mythologies et mondes possibles – Anachronismes</title>
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    <category domain="http://preo.ube.fr/textesetcontextes/index.php?id=75">Numéros</category>
    <language>fr</language>
    <pubDate>mar., 17 mai 2022 14:42:15 +0200</pubDate>
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      <title>Les enfers de Thierry Di Rollo </title>
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      <description>Dans ses récits, romans ou nouvelles, qui se situent à égale distance de la science-fiction, de la Fantasy et du roman noir, Thierry Di Rollo se réfère, d’une façon certes indirecte mais incontestable, à des schémas de pensée mythiques ainsi qu’à des mythes célèbres, notamment au mythe biblique de l’apocalypse. Il rejoint ainsi un catastrophisme apocalyptique très répandu dans la science-fiction contemporaine, mais tandis que beaucoup d’auteurs explorent cette thématique pour tenter de la dépasser et de développer une pensée politique de la catastrophe, Di Rollo semble plutôt se complaire avec cynisme dans l’évocation d’une régression humaine autodestructrice. Il s’efforce ainsi, en particulier dans les recueils intitulés Cendres (2007) et Crépuscules (2010), de prendre à contrepied le thème devenu mythique, depuis le XVIIIe siècle, de l’auto-libération et de l’auto-accomplissement de l’être humain grâce à la raison et notamment au progrès matériel. Offrant du capitalisme et de ses variantes futures une image dévastatrice, ces récits illustrent le motif de l’instrumentalisation économique ou politique de l’individu considéré comme un matériau sans valeur : un « consommable ». Di Rollo en vient ainsi à montrer comment le concept classique d’humanité, sous-tendu par le rationalisme hérité des Lumières, s’effondre et bascule vers une animalité bestiale innommable qui rejoint sur un mode anarchique et débridé la violence tragique de la mythologie antique. Mais c’est en définitive surtout en installant la réalité terrestre tout entière dans un enfer discret qui ne dit pas son nom (corruption de la temporalité qui devient statique et destructrice, inversion du cycle de la vie et de la mort, enfermement spatial et temporel, indétermination), donc en réactualisant sur un mode inédit le mythe antique des Enfers que Di Rollo parvient à affirmer son originalité dans le contexte de la science-fiction d’aujourd’hui. In his stories, novels or short stories, which are situated at an equal distance from science fiction, fantasy, and noir novels, Thierry Di Rollo refers, in an indirect but undeniable way, to mythical thought patterns as well as to famous myths, in particular the biblical myth of the apocalypse. He thus joins an apocalyptic catastrophism that is very widespread in contemporary science fiction, but while many authors explore this theme in an attempt to go beyond it and develop a political thought of catastrophe, Di Rollo seems rather to indulge cynically in the evocation of a self-destructive human regression. In the collections Cendres (2007) and Crépuscules (2010), in particular, he endeavours to counter the theme that has become mythical since the Eighteenth Century of the rational self-liberation and self-fulfilment of human beings through reason and, in particular, through material progress. Offering a devastating image of capitalism and its future variants, these narratives illustrate the motif of the economic or political instrumentalisation of the individual as a worthless material, a “consumable”. Di Rollo thus comes to show how the classical concept of humanity, underpinned by the rationalism inherited from the Enlightenment, collapses and topples over into an unspeakable bestial animality that joins the tragic violence of ancient mythology in an anarchic and unbridled mode. But in the end, it is above all by installing the whole of terrestrial reality in a discreet hell that does not say its name (corruption of temporality that becomes static and destructive, inversion of the cycle of life and death, spatial and temporal confinement, indeterminacy), thus by updating the ancient myth of the Underworld in a new way that Di Rollo succeeds in asserting his originality in the context of today’s science fiction. </description>
      <pubDate>mer., 18 mai 2022 10:20:36 +0200</pubDate>
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      <title>Le rêve américain vu au prisme du divertissement soviétique : Miss Mend (Boris Barnet et Fedor Ozep, 1926) </title>
      <link>http://preo.ube.fr/textesetcontextes/index.php?id=3400</link>
      <description>Le film muet soviétique Miss Mend (1926) de Boris Barnet et Fedor Ozep (restauré et édité en DVDs en 2017) met en scène une science-fiction : l’attaque bactériologique de l’état soviétique par un ambitieux savant américain. L’action se déroule dans une Amérique où la misère des uns côtoie le luxe des autres, au gré de scènes d’action empruntées au film d’aventures : course-poursuite, bagarres de « western », mélodrame entre héroïne populaire et riche homme d’affaire, ainsi que des figures burlesques de héros populaires (deux reporters américains, un clerc). Dans un deuxième temps, l’action se déroule à Petrograd, où le savant américain tente de s’emparer du pouvoir. Les clichés hollywoodiens se poursuivent dans ce nouveau décor mais le rêve du savant se heurte à la supériorité militaire soviétique, et deux mythes classiques, Prométhée et Jupiter, sont ainsi évoqués en conclusion. La perspective transculturelle de ce récit est nourrie par le point de vue soviétique sur le capitalisme. Cette étude cherche à proposer une réflexion sur les liens entre science-fiction et mythes dans ce film à la lumière des écrits de Roland Barthes (Mythologies 1957 et S/Z 1970), qui s’intéresse aux mythes de la « petite-bourgeoisie », d’une manière semblable à l’approche des deux réalisateurs soviétiques. Outre la caricature du « rêve américain » d’un point de vue soviétique, on note l’émergence du mythe de la femme moderne des années 1920-30 qui trouve sa place dans les deux mondes. The silent soviet film Miss Mend (1926) by Boris Barnet and Fedor Ozep (restored and edited by Lobster Films in 2017) screens a science-fiction film relating a bacteriological attack launched upon the Soviets by an ambitious American scientist. The point of view of the filmmakers shifts from scenes in the US to scenes in the USSR, with a satirical description of the myth of the American Dream as an emblem of the hated Capitalism. The action begins in the USA, with Hollywoodian clichés such as chases and fights borrowed from the westerns, a heroine of melodrama, as well as burlesque characters (two reporters and a clerk). The scientist then travels to Petrograd with his poisonous gas capsules, and new chase episodes coupled with romance take place. The Soviets win and the scientist is captured, Jupiter defeating Prometheus as in classical mythology. This study relies on the methodology of Roland Barthes (Mythologies 1957 et S/Z 1970), his interest in the myths of the ‘petite-bourgeoisie » being similar to the point of view of the film-makers. More interesting still is the myth of the modern emancipated woman which is created in the film. </description>
      <pubDate>mer., 18 mai 2022 10:29:40 +0200</pubDate>
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      <title>« Aux frontières de l’inexistence », une lecture de la tétralogie de Yirminadingrad </title>
      <link>http://preo.ube.fr/textesetcontextes/index.php?id=3411</link>
      <description>Yama Loka Terminus, Bara Yogoï, Tadjélé et Adar forment la tétralogie Yirminadingrad. De nombreux auteurs et artistes se sont emparés de cet univers conçu à l'origine par Léo Henry et Jacques Mucchielli pour y raconter des histoires, par les mots ou les images. Yirminadingrad se construit autour d'un centre fuyant, mystérieux, mythique qui est celui de la ville, mais travaille également, en termes d'écriture, comme un ensemble de cercles qui organisent des textes divers, résonnant tous entre eux sans dessiner de hiérarchies. La tétralogie s'attache à des propositions radicales au risque de dérouter. Multiplication des styles et déconstruction de la narration ouvrent les limites d'un récit pour en faire un monde. Quand bien même l'univers y est sale et violent, il s'en dégage une beauté étrange qui tient précisément à sa force poétique. Le monde de ces nouvelles semble pourtant bloqué, déterminé par les souvenirs tragiques du passé et sans grande perspective d'avenir. Un monde qui fonctionne en apparence, mais qui se révèle en ruines, sapé par des dynamiques souterraines dénoncées seulement par certains. Un espace de misère économique, de conflits ethniques, de solitude. Dès Yama Loka Terminus, les destins se délitent. Les personnages errent dans une ville où la violence est omniprésente. On parle de textes en textes de dictature, de génocide, de &quot;normalisation&quot;. Réflexion politique, non pas systématisée ou didactique, mais brute dans ses images et sophistiquée dans son ambiguïté, la tétralogie passe par le biais de l’exploration d’un univers dystopique qui vient cogner contre notre propre monde et qui se construit comme un mythe aux mille et une versions. C’est ce que nous explorerons dans cet article. Yama Loka Terminus, Bara Yogoï, Tadjélé and Adar form the Yirminadingrad tetralogy. Numerous authors and artists have seized upon this universe, originally conceived by Léo Henry and Jacques Mucchielli, to tell stories through words and images. Yirminadingrad is built around an elusive, mysterious, mythical centre which is that of the city, but also works, in terms of writing, as a set of circles which organise diverse texts, all resonating with each other without drawing any hierarchies. The tetralogy focuses on radical proposals at the risk of confusing. Multiplication of styles and deconstruction of the narrative open the limits of a narrative to make a world of it. Even though the universe is dirty and violent, it emanates a strange beauty that is precisely due to its poetic force. The world of these short stories seems to be blocked, determined by the tragic memories of the past and without much prospect of a future. A world that apparently works, but which turns out to be in ruins, undermined by subterranean dynamics denounced only by some. A space of economic misery, ethnic conflicts, loneliness. From Yama Loka Terminus onwards, destinies are unravelling. The characters wander in a city where violence is omnipresent. The texts speak of dictatorship, genocide and ‘normalisation’. A political reflection, not systematized or didactic, but raw in its images and sophisticated in its ambiguity, the tetralogy explores a dystopian universe that clashes with our own world and is constructed as a myth with a thousand and one versions. </description>
      <pubDate>mer., 18 mai 2022 10:38:59 +0200</pubDate>
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      <title>La science-fiction au miroir du mythe dans les récits brefs de Günter Kunert </title>
      <link>http://preo.ube.fr/textesetcontextes/index.php?id=3423</link>
      <description>Günter Kunert, un des auteurs de l’ex-RDA les plus connus et les plus critiques à l’égard du régime est-allemand, a eu recours au registre de la science-fiction afin de dénoncer le caractère totalitaire de cet État à travers des situations quasi archétypales de violence, de crise, d’oppression d’inspiration mythique et notamment biblique. Cette conjonction des thèmes propres au registre de l’anticipation et à l’univers du mythe a inspiré certains de ses meilleurs récits brefs. Elle lui a permis notamment d’établir une analogie entre l’optimisme scientifique du monde occidental au XXe siècle, en particulier celui de la RDA, et le caractère souvent prérationnel de la pensée mythique. Un des mythèmes récurrents de ses récits est la nostalgie du paradis perdu, celui que constituent notre planète et sa richesse naturelle peu à peu épuisée par la surpopulation et la surexploitation de ses ressources. On le retrouve aussi bien dans « Andromède hors saison », de 1976, où toute une population affaiblie par les pénuries attend d’émigrer vers de nouveaux horizons aux ressources prometteuses, que dans « Adam et Evam » (1984), où une guerre nucléaire éclair interdit à deux astronautes en vol géostationnaire dans l‘espace toute possibilité de retour sur Terre, ou dans « Bouteille à la mer » (1984) où l’épuisement des ressources de notre planète favorise l’émergence d’un régime totalitaire particulièrement inhumain. Dans ces trois récits, le mythème du paradis perdu s’associe à celui de l’exode et/ou de l’extermination, perspective monstrueuse à peine suggérée dans « Andromède hors saison » mais nettement affirmée dans le récit dystopique « Bouteille à la mer », où l’extermination des citoyens ensuite transformés en sources de matières premières ou d’énergie est soigneusement planifiée. Dans une perspective un peu différente, le récit « Adam et Evam » associe, sur un mode cocasse et presque farcesque, aux mythèmes bibliques de la chute et de l’exode ceux de l’apocalypse et de la création démiurgique de la femme à partir d’une côte d’Adam. L’échec de la mission impartie aux deux astronautes d’assurer la perpétuation et la survie de l’espèce humaine en transformant l’un d’eux en femme dans un but explicite de reproduction montre bien à quel point le mythe devient pour Kunert un instrument de subversion littéraire des plus sarcastiques. Günter Kunert was one of the best-known East-German authors and he ranked among the most critical ones of the ex-GDR ; he used the themes of science-fiction combined with the biblical myth to denounce the East-German totalitarianism and dictatorship. This convergence of science-fiction and biblical myths inspired some of his best short stories and enabled him to draw a comparison between the scientific optimism of the western civilisation of the 20th century and the prerational character of the mythic mind. His short stories deal with the recurrent mythic theme of the longing for the lost paradise, that is to say the paradise of the natural abundance provided by our planet Earth that is gradually depleted by overpopulation and overconsumption. This theme occurs in “Andromeda out of season”, published in 1976, in which a population weakened by shortages longs to emigrate to some other planet with a preserved and opulent nature, in “Adam et Evam” (1984) where two astronauts in geostationary space flight cannot return to Earth since it has been destroyed by a lightning nuclear war, or in “Message in a bottle” (1984) where the exhaustion of natural resources paves the way to the emergence of a radical inhuman totalitarianism. These three short stories combine the mythical motifs of the lost paradise and the exodus with the theme of extermination of mankind, which is discretely present in the background of « Andromeda out of season » but clearly stated in “Message in a bottle”. In that tale, the citizens are executed so as to be transformed and make up for raw material and energy shortages. In a rather different way, “Adam and Evam” resorts to some other mythical motifs from the Apocalypse of John and from Genesis like the demiurgic creation of the woman from a rib of Adam. The two astronauts cannot complete the mission they have been assigned in a case of emergency like this namely to turn a man into a woman through an operation in order to reproduce the biblical couple and ensure the survival of mankind. In that way, Günter Kunert uses science-fiction and myth as undeniably sarcastic instruments of literary subversion. </description>
      <pubDate>mer., 18 mai 2022 10:39:31 +0200</pubDate>
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      <title>L’artefact dans le roman Le Vaisseau (Das Schiff, 2015) de Andreas Brandhorst : comment repenser l’humain et l’intelligence artificielle </title>
      <link>http://preo.ube.fr/textesetcontextes/index.php?id=3432</link>
      <description>Cet article examine la manière dont l’auteur allemand de science-fiction Andreas Brandhorst revisite le mythe de la Genèse dans son roman Le Vaisseau (Das Schiff) publié en 2016. À travers les personnages d’Adam et Evelyn, l’auteur propose en effet un récit des origines évoquant le motif biblique de la sortie du paradis.Dans un monde voué à une logique évolutionniste entièrement orientée vers le perfectionnement technologique exponentiel dont l’humain semble exclu à terme, le personnage principal réintroduit un « pouvoir-mourir » dans le temps statique de l’immortalité. Il réveille alors une nostalgie non seulement de la finitude, mais aussi d’une totalité infinie en acte que l’homme ne peut approcher qu’en faisant l’expérience de ses propres limites de connaissance et d’expérience.L’entité qui se manifeste à la fin du roman par la sécrétion d’une pluie noire et visqueuse matérialise parfaitement ce passage de la transparence à l’opacité, cette volonté de retrouver l’énigmaticité de l’être qui caractérise tout un pan de la production science-fictionnelle actuelle (dans le film Under the skin ou la série P’tit Quinquinnotamment). This article examines the way in which the German science fiction author Andreas Brandhorst revisits the myth of Genesis in his novel Das Schiff published in 2016. Through the characters of Adam and Evelyn, the author indeed offers a tale of origins evoking the biblical motif of leaving paradise.In a world dedicated to an evolutionary logic entirely oriented towards exponential technological improvement from which humans seem ultimately excluded, the main character reintroduces a “power to die” into the static time of immortality. He then awakens not only a nostalgia for finitude, but also for an infinite totality in acti that man can only approach by experiencing his own limits of knowledge and experience.The entity which manifests itself at the end of by the secretion of a black and viscous rain perfectly materializes this passage from transparency to opacity, this desire to rediscover the enigmaticity of being, which characterizes a part of the current science-fiction production (in the film Under the skin or the series P’tit Quinquin in particular). </description>
      <pubDate>mer., 18 mai 2022 10:39:54 +0200</pubDate>
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      <title>Redécouvrir l’humain : croisements de mythes dans la science-fiction de Cordwainer Smith </title>
      <link>http://preo.ube.fr/textesetcontextes/index.php?id=3442</link>
      <description>L’écrivain américain Paul Linebarger (1913-1966) a commencé à publier ses textes sous le pseudonyme de Cordwainer Smith dans les années Soixante mais n’a rencontré qu’un succès éditorial limité. Son œuvre de SF, publiée après sa mort, comporte une sélection de trente-deux nouvelles et un roman. Le tout constitue dans la version française le cycle des Seigneurs de l’Instrumentalité : une saga de l’humanité couvrant la période de 1945 à 16500 après J.-C. L’ouvrage est à la fois une histoire du futur et un livre-univers qui tire son originalité d’éléments de de style qui confèrent aux récits une atmosphère légendaire propre aux mythes.Les thèmes majeurs du cycle (la « redécouverte de l’humanité », la réhabilitation des « sous-êtres », le périple initiatique de Rod McBan dans Norstralia) comportent des caractères narratologiques qui apparentent leur exposé à la mythologie (incipit de fables, intertextualité, animaux parlants, ambivalences et paradoxes, mouvements dialectiques, temporalité). S’y ajoutent un polylinguisme dans l’onomastique et des croisements de codes entre les aires asiatiques et occidentales qui ajoutent au sense of wonder entretenu par les récits.On s’intéresse ici plus particulièrement aux régimes symboliques et aux structures archétypales de l’imaginaire de l’auteur, ainsi qu’à la signifiance de quelques-unes des images. Dans le contexte des années 50 et 60, cette approche permet de mieux préciser l’idéologie et l’éthique de Cordwainer Smith, auteur chez qui la tension religieuse et une forte empathie sont manifestes. The American writer Paul Linebarger (1913-1966) began publishing under the pseudonym of Cordwainer Smith in the 1960s but met with limited editorial success. His SF work, published after his death, includes a selection of thirty-two short stories and one novel. The whole constitutes is known as the cycle of The Rediscovery of Man, a saga of humanity covering the period from 1945 to 16500 AD. The work is both a history of the future and a book-universe, drawing its originality from elements of form and style that give the stories a legendary atmosphere typical of myths.The major themes of the cycle (the ‘Rediscovery of Mankind’, the rehabilitation of the ‘under-people’, the initiatory journey of Rod McBan in Norstralia) include narratological characters that make their presentation similar to mythology (fable incipits, intertextuality, talking animals, ambivalences and paradoxes, dialectical movements, temporality). Added to this is a polylingualism in the onomastics and the crossing of codes between Asian and Western areas that add to the sense of wonder conferred by the stories.We will be interested in the symbolic regimes and archetypal structures of the author’s imagination, as well as in the significance of some of the images. In the context of the 1950s and 1960s, this approach helps to clarify the ideology and ethics of Cordwainer Smith, an author in whom religious tension and strong empathy are evident. </description>
      <pubDate>mer., 18 mai 2022 10:57:20 +0200</pubDate>
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      <title>L’hybride rêvé, l’humain de métal mythique et le robot originel : la nouvelle « Segregationist » d’Isaac Asimov à la lumière du mythe antique </title>
      <link>http://preo.ube.fr/textesetcontextes/index.php?id=3457</link>
      <description>Au sein des récits de science-fiction moderne, qu’ils soient littéraires, cinématographiques ou issus de médias tels que la bande dessinée ou le jeu vidéo, il n’est pas rare de voir l’humain se métamorphoser et devenir une créature métissée, mêlant à l’organique de son anatomie naturelle toutes sortes d’éléments extérieurs ou de technologies diverses. En analogie avec ce caractère hybride, la figure de l’être métallique, dont l’essence intrinsèque serait nativement constituée d’or, d’argent, de bronze ou de fer, fait, elle aussi, l’objet de nombreuses représentations au cœur de cette même culture populaire actuelle. Enfin, considérant ces deux entités – l’humain hybride et l’être métallique –, comment ne pas penser au robot, être fictionnel par excellence de l’époque contemporaine, dont l’aura mécanique se reflète aujourd’hui sur bon nombre d’univers mentaux contemporains, tous médias confondus ?Parmi les plus célèbres adeptes de cet onirisme alliant métallurgie et biologie, Isaac Asimov, souvent qualifié de patriarche de la robotique moderne par ses pairs, a indéniablement joué un rôle crucial dans l’instauration, le développement et l’enracinement de ces nombreux imaginaires au demeurant novateurs. Dans sa nouvelle « Segregationist », publiée pour la première fois en 1967 dans les pages de la revue Abbottempo, le romancier convoque consécutivement les trois rêveries précédemment évoquées, de l’être hybride bio-métallique à l’automate animé en passant par l’entité humanoïde métallisée. Cependant, sous couvert d’une narration aux thématiques résolument avant-gardistes – le sujet abordé étant celui de la transplantation cardiaque d’un nouveau cœur en titane –, d’importants et puissants onirismes ancestraux sont sollicités dans ce récit dont les concepts transversaux plongent leurs racines aux origines mêmes de notre culture et de notre littérature.Dans cet article, nous nous proposons d’examiner certaines des sources poétiques et mythologiques sur lesquelles Isaac Asimov s’est directement ou indirectement appuyé pour construire et consolider les imaginaires qu’il assemble dans sa nouvelle. Parmi celles-ci, il nous serait ici possible de citer, entre autres exemples, le « Mythe des races » d’Hésiode, l’Iliade et de l’Odysséed’Homère, certains passages du Kalevala d’Elias Löonrot ou encore quelques extraits de l’Edda de Snorri Sturluson. Dans un même temps, cette relecture du poncif de l’Homme de métal, créature si chère à la science-fiction, nous permettra aussi de questionner la manière dont l’auteur en réexploite les différentes variations dans un contexte littéraire contemporain et nous laissera entrevoir l’audacieux procédé qu’il développe tout au long de la narration pour nous proposer un ultime retournement de situation, aussi formidable qu’inattendu, en toute fin de récit. Enfin, cette mise en lumière inédite des origines des différentes thématiques qu’aborde « Segregationist » nous aide à appréhender l’atmosphère si particulière, à mi-chemin entre le scientifique et le mythique, qui émane de cette nouvelle autrement représentative de l’œuvre globale et protéiforme d’Isaac Asimov. Within modern science fiction stories, be they from literature, cinema or other media such as comics or video games, it is not uncommon to see the human being morphing and becoming a mongrelized creature, mixing all sorts of external elements or diverse technologies with the organic nature of his natural anatomy. Analogously to this hybrid character, the figure of the metallic being, whose intrinsic essence would be natively constituted of gold, silver, bronze or iron, is also the subject of numerous representations within this same current popular culture. Finally, following these first two portraits, how can we not think of the robot, the mightiest fictional entity of our century, whose mechanical aura is today reflected in many contemporary mental realms, all media included?Among the most famous adepts of those dreams blending metallurgy and biology, the author and professor Isaac Asimov, often qualified by his peers as the patriarch of modern robotics, undeniably played a crucial role in the establishment, development and rooting of these various and innovative imaginaries. In his short story “Segregationist”, first published in 1967 within the Abbottempo review, the novelist consciously and consecutively summons the three fantasies previously mentioned: the bio-metallic hybrid, the animated automaton and the metalized humanoid entity. However, hidden inside a narrative with resolutely avant-gardist themes - the topic being that of a titanium heart transplant -, important and powerful ancestral dreamlike ideas are in fact solicited in this story whose transversal concepts are rooted in the very origins of our culture and literature.In this paper, we propose to examine some of the poetic and mythological sources on which Isaac Asimov relied directly or indirectly to create and consolidate the imaginaries he assembles in his novel. Among these, we could cite as examples Hesiod’s “Myth of the Races”, Homer’s Iliad and Odyssey, some passages from Elias Löonrot’s Kalevala or even some extracts from Snorri Sturluson’s Edda. In the meantime, this re-reading of the metal man concept, a creature so popular in science fiction, will also allow us to question the way in which the author reuses its different variations in a contemporary literary context and will give us a glimpse of the audacious process he develops throughout the narrative to provide us with a final plot twist, as formidable as it is unexpected, at the very end of the story. Finally, this unusual insight into the background of the different themes approached by “Segregationist” will help us to understand the very special atmosphere, halfway between science and mythology, which emanates from this short story, so representative of Isaac Asimov’s global and multifaceted work. </description>
      <pubDate>mer., 18 mai 2022 10:57:50 +0200</pubDate>
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      <title>Les dieux venus du Centaure : persistance des mythes dans la science-fiction </title>
      <link>http://preo.ube.fr/textesetcontextes/index.php?id=3467</link>
      <pubDate>mer., 18 mai 2022 10:58:17 +0200</pubDate>
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      <title>Mythes et science-fiction moderniste au théâtre : R.U.R de Čapek (1920) et Adam et Eve de Boulgakov (1930) </title>
      <link>http://preo.ube.fr/textesetcontextes/index.php?id=3612</link>
      <description>L’anticipation, comme discours sur l’avenir, est une tradition dans la fiction théâtrale européenne. D’Œdipe roi à la Vie est un songe en passant par Iphigénie et Macbeth, elle produit deux grandes tendances esthétiques et politiques qui, le plus souvent, dialoguent ou s’affrontent dans les œuvres dramatiques : le prophétisme tragique et la voyance épique, que ces pièces anciennes associent à la sphère sacrée, quand le pouvoir mantique est un privilège des dieux et des devins, mais aussi profane, à travers une psychologisation de l’anticipation, alors incarnée par des figures humaines compromises. Dans les pièces de science-fiction modernistes R.U.R. de Čapek (1920) et Adam et Ève de Boulgakov (1930), outre qu’elle n’est plus un discours divin ou humain discuté sur scène mais un principe général de composition fictionnelle, où l’œuvre entière est un discours sur l’avenir, l’anticipation privilégie les questions technologiques et scientifiques et s’oriente vers de nouvelles figures, a priori profanes, comme celle du génie visionnaire, notamment scientifique, ingénieur ou même entrepreneur. Faust apparaît, par conséquent, comme le mythe moderne privilégié par une science-fiction moderniste soucieuse de représenter et de penser l’avenir d’un monde marqué par les guerres et les révolutions et de mettre à l’épreuve les idées de progrès scientifique comme politique et d’utopie. On s’interrogera donc sur les modalités esthétiques et les significations politiques de l’articulation originale que chacune de ces deux pièces nous propose du mythe romantique faustien avec le mythe archaïque par excellence qu’est Adam et Ève. Nous montrerons ainsi comment, entre utopie et dystopie, fantasme et critique, philosophie et actualité, les pièces de Boulgakov et de Čapek se détournent des logiques tragico-prophétiques, que les deux mythes (du pacte et de la chute) présupposent, en les actualisant, en les critiquant et en les confrontant entre eux selon des modalités poétiques que nous qualifierons d’épiques : le dédoublement dans Adam et Ève et la confusion dans R.U.R.. As a representation of the future, anticipation is a tradition in European theatre: in works like Œdipus Rex, La Vida es sueño or Iphigénie and Macbeth two main esthetical and political tendencies can be identified, either contrasting or dialoguing with each other: “tragical prophetism” and “epical vision”. Both are linked to the sacred – when prediction is ordered by gods or priests – or to the profane world, when compromised human characters have the power of telling the future. With European Modernist science-fiction works like R.U.R. by Čapek (1920) or Adam et Eve by Boulgakov (1930), anticipation has become less a divine or human representation of the future discussed on stage through the speeches of different characters than a genuine poetical principle of composition, dealing with technological and scientific matters through new profane figures like the “visionary genius” – scientist, engineer or even business man. “Faust” appears as a prominent myth in Modernist science-fiction as people go through World Wars or Revolutions while questioning such ideas as scientific or political progress and utopia. The present paper aims to study the esthetic and political tendencies in both works and explore the way they associate the Faustian figure and the archaic myth Adam and Eva. Definite emphasis will be laid on how both works deal with the utopia/dystopia, fantasy/criticism, recent events/philosophy dichotomies, favouring the epic way while leaving aside the tragic and prophetic line in their new version of the Pact and the Fall in which both myths are questioned, modernised and confronted to each other. Accordingly, Boulgakov’s formal use of a “poetic of the double” vs. Čapek’s development of a “poetic of confusion” will be brought to light. </description>
      <pubDate>ven., 01 juil. 2022 10:01:29 +0200</pubDate>
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      <title>Anachronismes </title>
      <link>http://preo.ube.fr/textesetcontextes/index.php?id=3469</link>
      <pubDate>jeu., 16 juin 2022 14:20:22 +0200</pubDate>
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      <title>Condition moderne et renversements du temps </title>
      <link>http://preo.ube.fr/textesetcontextes/index.php?id=3473</link>
      <description>Dès la fin du XVIIIe siècle, l’histoire de l’art et l’archéologie ont été des champs privilégiés au sein desquels deux rapports au temps se sont affrontés : celui, objectif et spatialisé, de la « période » ou de l’« époque », capsules appelées à ordonner dans leurs limites comptables le flot des choses matérielles qu’on y range et auxquelles on demande, ce faisant, de conférer une substance à cette temporalité abstraite ; et celui, subjectif et incernable, d’une présence sensible des œuvres outre-temps, trouée vécue à travers les classifications chronologiques, par laquelle s’est largement définie l’expérience esthétique. La tension entre une valorisation exacerbée de cette expérience et, à l’inverse, une historicisation totale du réel peut être considérée comme le foyer central de la condition moderne. Cette attirance simultanée pour deux temporalités irréconciliables ouvre sur un abîme : par sa puissance de déstabilisation, elle induit un rapport critique à soi et suscite, pour le manifester, l’invention de lieux, de pratiques, de discours spécifiques, articulés à l’expérience esthétique, auxquels la conscience collective a accordé une importance symbolique majeure. Au premier rang de ces structures de sens figurent le musée et le site archéologique. Ces matérialisations spatiales du temps se sont installées en position dominante dans les représentations collectives au XIXe siècle, moins en tant que vecteurs d’élucidation de la nuit du temps qu’en tant qu’espaces critiques d’affrontement entre temporalités contradictoires. Là, en effet, le temps spatialisé simultanément s’institutionnalise et se défait : au-delà des discours savants qui tendent à la circonscrire, une expérience fondamentale de déchirement se déploie, entre représentations mélancoliques du passé et intuitions de l’immémorial. Les jeux de l’anachronisme, explicitement mis en œuvre ou obscurément désirés, opèrent entre ces pôles et les font parvenir à la conscience de soi. Deux exemples serviront à le montrer : dans la sphère du musée, celui de la period room, ou pièce d’époque ; dans le cadre archéologique, celui de la préhistoire humaine avec, en son cœur, la grotte ornée. Plus que d’exemples parmi d’autres, à vrai dire, il s’agit de points d’incandescence – aussitôt perçus et débattus comme tels – où se trouvent exaltées les contradictions essentielles de notre rapport moderne au temps. Since the end of the 18th century, art history and archaeology have been privileged fields in which two relationships to time have been confronted: that, objective and spatialized, of the &quot;period&quot; or the &quot;epoch&quot;, an abstract temporal framework into which the flow of material things has to be ordered; and that, subjective and unaccountable, of a sensible presence of the works beyond any chronological classification, by which the aesthetic experience is ordinarily defined. The tension between an exacerbated valorisation of this experience and, on the contrary, a total historisation of reality can be considered as the central focus of our modern condition. This simultaneous attraction for two irreconcilable temporalities opens on an abyss: by its power of destabilization, it induces a critical relation to oneself and arouses the invention of places, practices, specific discourses devoted to this experience or temporal clashes. All these structures have been granted a major symbolic importance in the modern culture. Prominent among them are the museum and the archaeological site. These spatial materializations of time enjoyed a dominant position in the collective representations in the 19th century, less as vectors of a final elucidation of the dark abyss of time than as critical spaces of confrontation between contradictory temporalities. There, indeed, the spatialized time is simultaneously institutionalized and undone: beyond the scientific discourses which tend to control it, a fundamental experience of short-circuit and conflagration unfolds, between melancholic representations of the past and intuitions of the immemorial. The games of anachronism, explicitly implemented or obscurely desired, operate between these poles and make them reach a reflexive status.Two examples will serve to show it: in the sphere of the museum, that of the art museum and, as an allegory of its internal conflicts, the so-called “period room”; in the archaeological frame, that of the human prehistory with, in its heart, the Palaeolithic decorated cave. More than examples among others, in fact, they are points of incandescence - immediately perceived and debated as such - where the essential contradictions of our modern relationship to time are exalted. </description>
      <pubDate>jeu., 16 juin 2022 14:23:05 +0200</pubDate>
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      <title>« Soyez de votre temps » : archaïsme factice et modernité cachée de l'anticomanie au XIXe siècle </title>
      <link>http://preo.ube.fr/textesetcontextes/index.php?id=3488</link>
      <description>En plein milieu du XIXe siècle, les artistes néo-grecs et les vedettes du Classic Revival faisaient toujours revivre l’antiquité en peinture. Bien que charmée par ces reconstitutions savantes, la critique eut aussi tôt fait de les juger anachroniques à plusieurs niveaux : dans ce qu’elles donnaient à voir, tout d’abord, eu égard aux erreurs historiques qui s’y lovaient ; dans leur style, ensuite, qui finit par être jugé désuet à force de convoquer le passé ; dans la conception de la peinture qu’elles incarnaient, enfin, à l’heure où l’on réclamait des artistes de se confronter à leur époque. Le débat n’en fut pas clos pour autant, car on se rendit également compte que cette imagerie atypique portait une attention à l’aspect des choses et à la vérité des attitudes qui n’avait rien à envier au naturalisme naissant. Dès lors, en conférant un réalisme inédit à des scènes que la tradition académique idéalisait, cette peinture, loin d’être dépassée, revendiquait au contraire une forme d’anachronisme singulier (inversé, en quelque sorte) consistant à figurer l’Antiquité selon des codes nouveaux ― observation et authenticité des émotions― qui seront précisément ceux de la modernité. All along the 19th century, French and British painters were still fond of Near Eastern and Classical antiquity. Although critics did appreciate these amazing pictures of ancient civilisations, they also pointed out how anachronistic they could be: not only historical failures can be found, but such an academic style was said to be outmoded. This way of painting has also to compete with rising trendy pictures of contemporary dramas. However, many comments underlined that neo-Greek painters and Classic Revival artists focused on the same kind of authenticity than Naturalism. Despite the traditional guidelines of the Academy concerning Beauty and idealization, these “antiquarian painters” promoted an unexpected realism that finally supported a flip anachronism, where pictures of Antiquity stressed accuracy and emotional truth – that had to become part of modernity in painting. </description>
      <pubDate>jeu., 16 juin 2022 14:29:06 +0200</pubDate>
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      <title>L’anachronisme dans l’imaginaire préhistorique : enjeux épistémiques et idéologiques </title>
      <link>http://preo.ube.fr/textesetcontextes/index.php?id=3499</link>
      <description>Le creusement de la chronologie de l’histoire de l’homme, et plus généralement du vivant, dans la seconde moitié du XIXe siècle ne s’est pas fait sans susciter certains vertiges. Vacillements intellectuels d’abord, devant l’immensité du temps qu’invite à contempler la préhistoire et qui rejette l’humain dans une histoire qui l’excède. Inquiétudes ontologiques ensuite, puisque la mise en perspective de l’homme dans le temps profond devait nécessairement impliquer la relativisation de son hégémonie. L’appropriation par un large public de la préhistoire s’est opérée en dépit de ces résistances, et peut-être grâce à la fascination que de telles problématiques ont pu exercer. Mais à l’examen des moyens mis en œuvre pour ménager un accès des publics à la préhistoire (ethno-comparatisme, procédés d’identification, reconduction des habitus contemporains…), nous gageons que l’anachronisme tient une part importante. Mieux, les court-circuitages chronologiques peuvent se donner à penser comme les conditions même de sa mise en circulation. En effet, il apparait que, dans le texte comme dans l’image, le télescopage des périodes est une constante dans l’imaginaire préhistorique et il nous est apparu nécessaire d’en observer les paramètres et les conditions pour mieux en comprendre les raisons. Nous pourrons, à cette occasion, nous interroger sur l’ampleur de leur application, de l’inscription dans le passé préhistorique de problématiques contemporaines à la mise à proximité d’espèces que des millions d’années séparent (dont celle du dinosaure et de l’homme apparaît comme la manifestation la plus spectaculaire). Cette présentation sera l’occasion d’observer selon quelles modalités ce geste de compression permet la saisie du temps profond, l’inscription du présent dans le passé, de l’actuel dans le révolu et facilite ainsi l’identification et l’insertion du lecteur.ice-observateur.ice dans une diégèse radicalement exotique. Le constat de la reconduction des habitus contemporains en contexte préhistorique nous invitera surtout à penser ces effets de dépliages comme manifestations des problématiques idéologiques qui travaillent souterrainement cet imaginaire. En effet, derrière ces décors de cavernes, de villages lacustres ou de forêts hostiles affleurent bien souvent des préoccupations propres au Second Empire ou à la IIIe République : légitimation de l’entreprise coloniale ou de la domination masculine, promotion du travail comme valeur millénaire, inquiétudes quant à la redéfinition des contours de l’humain… Attentif aux effets de résonnance qu’ils impliquent, nous nous proposons d’observer ces phénomènes d’anachronies au regard de l’épistémè dans laquelle ils s’insèrent : plutôt qu’un regard rétrospectif sur les éventuelles aberrations chronologiques, c’est bien d’une préhistoire délibérément contrefactuelle que nous voulons faire l’examen. In the second half of the XIXth century, explorations of the chronology of the history of humanity, and more generally of the living world, gave historians a sense of vertigo. This first manifested as intellectual uncertainty in front of the immensity of the time that invites to contemplate prehistory and that confronts humans with a history that exceeds them. This then gave way to ontological preoccupations, since setting humanity in the perspective of deep time necessarily implied the relativization of its hegemony. The appropriation of prehistory by a large public took place in spite of these resistances, and perhaps thanks to the fascination that such problems could exert. But when we examine the means used to provide access to prehistory for the general public (ethno-comparatism, identification procedures, reconduction of contemporary habitus...), anachronism’s important role is confirmed. Better, chronological shortcuts can construed as the conditions of the very circulation of prehistorical imagery. Indeed, it appears that, in texts as well as in images, telescoping various periods is a recurring theme in the prehistoric imaginary. It thus seems necessary to observe the parameters and the conditions of such telescopings to better understand it. This paper questions the extent of their application, from inscribing contemporary problems into the prehistoric past to bringing together species actually separated by millions of years (the most spectacular demonstration of this being the juxtaposition of man and dinosaur). This paper will examine how this gesture of compression allows to capture the deep time, to inscribe the present into the past, and thus to facilitate the identification and the insertion of the reader-viewer in a radically exotic narrative. The analysis of the reconduction of the contemporary habitus in prehistoric context will question these effects of unfolding as manifestations of the ideological problems which are at work in this imaginative process. Indeed, behind cave paintings, lacustrine villages or hostile forests, preoccupations specific to the Second Empire or the Third Republic often emerge: the legitimization of the colonial enterprise or of the male domination, the promotion of work as millenary value, concerns about the biological redefinition of the human being... By paying attention to their various resonances, we will consider these anachonic phenomena in relation to the episteme to which they belong: rather than a retrospective look at possible chronological aberrations, it is indeed a deliberately counterfactual prehistory that we want to examine. </description>
      <pubDate>jeu., 16 juin 2022 14:30:07 +0200</pubDate>
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      <title>The Landscape of Prehistory: Mesa Verde and the Framing of the Past in American Archaeology </title>
      <link>http://preo.ube.fr/textesetcontextes/index.php?id=3510</link>
      <description>This paper is part of a larger project investigating how American archaeological work in the Southwest gradually elides ongoing acts of displacing native and Mexican peoples in the aftermath of the Mexican-American War. Some of the earliest American encounters with ruins and abandoned settlements belonging to Ancestral Puebloan civilizations occurred in the context of demarcating the new boundary between Mexico and the United States. For example, John Russell Bartlett’s Personal Narrative of the U.S.-Mexican Boundary Survey (1854) is noteworthy for the way such ruins are a major focus within it. However, Bartlett actively associates these ancient ruins with processes of forced removal that he can see happening right in front of him, which result in another, more recent kind of ruin. Over time, though, the recognition of a complex and often violent history of relocation that both shapes and continues into the present drops out of later archaeological work in the region. From the perspective of anachronism, this general change in how Southwest archaeology relates past and present involves superimposing a wished-for present, specifically one devoid of native inhabitants, onto the past ruin to the extent that that ruin is understood to be devoid of any relevance for contemporary indigenous peoples living in the region. Put another way, numerous critics of nineteenth-century European and American archaeological practice have pointed out how it “produces archaeological subjects by splitting contemporary non-European peoples off from their precolonial, and even their colonial past. To revive indigenous history and culture as archaeology is to revive them as dead” (Mary Louis Pratt, Imperial Eyes, 1992). This paper extends this critique further by exploring how such an operation is essentially a special form of anachronism and how it arises out of archaeological practices that, at least initially, are not.In particular, this paper tracks how this change in archaeological practice depends on a notion of prehistoric time which is developed by privileging certain kinds of archaeological evidence (especially pottery and architectural remains) and certain ways of presenting and interpreting that evidence, looking at the history of excavations at Mesa Verde at the turn of the century. Key texts include Gustaf Nordenskiöld’s Cliff Dwellers of the Mesa Verde (1893), and Jesse Walter Fewkes’s Antiquities of the Mesa Verde National Park (1909 &amp;amp; 1911). In reinforcing the perception of Mesa Verde as a historically-disconnected, prehistoric site, Fewkes’s report differs from its forerunner in several aspects, specifically its consolidation of distinct structures (namely, how many there are and which are noteworthy), its shift from an analytical to a descriptive mode of writing, and finally its cultivation of a photographic aesthetic that bolsters the sense of a timeless ruin. Cet article fait partie d'un projet plus vaste qui étudie la manière dont les travaux archéologiques américains dans le Sud-Ouest des Etats-Unis éludent progressivement les actes de déplacement des populations autochtones et mexicaines au lendemain de la guerre américano-mexicaine. Certaines des premières rencontres des Américains avec des ruines et des établissements abandonnés appartenant aux civilisations pueblo ancestrales ont eu lieu dans le contexte de la démarcation de la nouvelle frontière entre le Mexique et les États-Unis. Par exemple, le Personal Narrative of the U.S.-Mexican Boundary Survey (1854) de John Russell Bartlett est remarquable par l'importance qu'il accorde à ces ruines. Cependant, Bartlett associe activement ces ruines anciennes à des processus de déplacement forcé qu'il peut voir se dérouler sous ses yeux et qui aboutissent à un autre type de ruines, plus récentes. Au fil du temps, cependant, la reconnaissance d'une histoire complexe et souvent violente de relocalisation qui façonne et se poursuit jusqu'à aujourd'hui disparaît des travaux archéologiques ultérieurs dans la région. Du point de vue de l'anachronisme, ce changement général dans la manière dont l'archéologie du Sud-Ouest relie le passé et le présent implique la superposition d'un présent souhaité, en particulier un présent dépourvu d'habitants indigènes, sur la ruine passée, dans la mesure où cette ruine est considérée comme dépourvue de toute pertinence pour les peuples indigènes contemporains vivant dans la région. En d'autres termes, de nombreuses critiques de la pratique archéologique européenne et américaine du XIXe siècle ont souligné comment elle &quot;produit des sujets archéologiques en séparant les peuples contemporains non européens de leur passé précolonial, voire colonial. Faire revivre l'histoire et la culture indigènes en tant qu'archéologie revient à les faire revivre comme morts&quot; (Mary Louis Pratt, Imperial Eyes, 1992). Cet article pousse cette critique plus loin en explorant comment une telle opération est essentiellement une forme particulière d'anachronisme et comment elle découle de pratiques archéologiques qui, du moins initialement, ne le sont pas.En particulier, cet article examine comment ce changement dans la pratique archéologique dépend d'une notion du temps préhistorique qui est développée en privilégiant certains types de preuves archéologiques (en particulier la poterie et les ruines architecturales) et certaines façons de présenter et d'interpréter ces preuves, en examinant l'histoire des fouilles à Mesa Verde au début du siècle. Les textes clés comprennent Cliff Dwellers of the Mesa Verde (1893) de Gustaf Nordenskiöld et Antiquities of the Mesa Verde National Park (1909 et 1911) de Jesse Walter Fewkes. En renforçant la perception de Mesa Verde comme un site préhistorique historiquement déconnecté, le rapport de Fewkes diffère de son prédécesseur à plusieurs égards, notamment en ce qui concerne l’agrégation de structures distinctes (notamment leur dénombrement et la définition de leurs particularités), le passage d'un mode d'écriture analytique à un mode descriptif, et enfin la culture d'une esthétique photographique qui renforce le sentiment d'une ruine intemporelle. </description>
      <pubDate>ven., 17 juin 2022 13:35:44 +0200</pubDate>
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      <title>« Entre Trublions et scoops, un contemporain à contretemps : Anatole France » </title>
      <link>http://preo.ube.fr/textesetcontextes/index.php?id=3519</link>
      <description>Anatole France (1844-1924) est un écrivain-journaliste tourné vers les enjeux politiques et les débats intellectuels du présent, mais aussi un féru d’histoire dont la conscience et la culture se réfèrent constamment au passé. Cet article étudie quelques exemples de la pratique de l’anachronisme historique dans l’œuvre d’Anatole France, qu’elle serve un dessein satirique et militant (Histoire contemporaine) ou qu’elle promeuve une réflexion sur la civilisation médiatique et son rapport à l’événement (Les Sept Femmes de la Barbe-Bleue). In fine, l’anachronisme francien se lit comme un geste provocant destiné à stimuler l’imagination métahistorique, à une époque où l’histoire méthodique (parfois dite positiviste) domine les études historiques. Anatole France (1844-1924) is a writer and journalist who is very engaged in his time’s political and intellectual matters. At the same time, he is passionate about history; his fictions constantly refer to past times. This paper studies a few cases in which Anatole France uses historical anachronisms. Sometimes anachronism supports satirical views or strong statements about French late 19th-century society (Histoire contemporaine). Sometimes it promotes thinking about the media world and the media coverage of historical events (Les Sept Femmes de la Barbe-Bleue). In the end, France uses anachronisms as a provocative gesture to stimulate his reader’s critical thinking and metahistorical imagination, at a time when French historical research is dominated by the “méthodiques” historians (sometimes called positivists). </description>
      <pubDate>ven., 17 juin 2022 13:37:18 +0200</pubDate>
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      <title>Penser l’anachronisme comme moteur esthétique de la dystopie théâtrale : quelques considérations sur Bond, Barker, Gabily, et Delbo </title>
      <link>http://preo.ube.fr/textesetcontextes/index.php?id=3524</link>
      <description>Cet article met en évidence le recours à l’anachronisme dans les dystopies théâtrales contemporaines (Beckett, Delbo, Bond, Gabily, Barker), tout en questionnant les fonctions esthétiques de cet usage. Basculant entre une vision anticipatoire et l’esthétisation de l’Histoire, les dystopies théâtrales apparaissent comme résolument catastrophistes, s’opposant ainsi à toute fonction utopique. Néanmoins, le ton apocalyptique (Derrida) qui les caractérise cache des fonctions esthétiques qui questionnent la nature même du théâtre. Il est question de démontrer que ces formes dramatiques peuvent être vues aussi comme des dramaturgies censées provoquer l’éveil des consciences et ressusciter ainsi la pulsion utopique que l’Humanité semble avoir perdue. Du théâtre mémoriel de Charlotte Delbo à l’esthétisation de la Catastrophe chez Howard Barker, cet article montre que l’anachronisme est à la fois une composante fondamentale de la dramaturgie d’aujourd’hui, ainsi qu’un moteur esthétique produisant de nouvelles archéologies de sens. This article highlights the use of anachronism in contemporary theatrical dystopias (Beckett, Delbo, Bond, Gabily, Barker), while questioning the aesthetic functions of such aesthetical practice. Toggling between an anticipatory vision and the aestheticization of History, theatrical dystopias appear resolutely catastrophic, thus opposed to any utopian function. Nevertheless, the apocalyptic tone (Derrida) which characterizes them hides aesthetic functions which question the very nature of the theatre. Thus, we demonstrate that these dramatic forms can also be seen as dramaturgies capable to raise awareness on the human condition and thus resuscitate the utopian drive that Humanity seems to have lost. From Charlotte Delbo’s memorial theatre to Howard Barker’s aestheticization of the Catastrophe, this article shows that anachronism is both a fundamental component of today's dramaturgy and an aesthetic engine producing new archaeologies of meaning. </description>
      <pubDate>ven., 17 juin 2022 13:37:45 +0200</pubDate>
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      <title>Baldwin’s anachronisms: a problematic “rendezvous with history” </title>
      <link>http://preo.ube.fr/textesetcontextes/index.php?id=3589</link>
      <description>Throughout his essays, James Baldwin critiques a narrative of U.S. history vectorized by progress, and denounces the myths that such a narrative perpetuates. Baldwin taps into the provocative force of anachronisms to upend a fantasy of distance which a white majority relies on to disentangle itself from its past and from African Americans themselves. As he performs surprising and irreverent realignments of past and present, the author produces a vision of history as repetition that precisely makes clear all which remains at stake in the present moment. The temporal distortions which the author puts in place are essential to the prophetic authority which emanates from his essays, they call on his fellow citizens to reclaim their history. Their value, however, changes as of the second half of the 1960s, and this article will chart and question the ironic and melancholy charge which anachronisms gradually carry in Baldwin’s writing. James Baldwin n’a eu de cesse, dans ses essais, de critiquer une certaine écriture de l’histoire des États-Unis, une écriture vectorisée par la notion de progrès et que l’écrivain relègue au statut de mythe. Baldwin déploie le registre provocateur de l’anachronisme pour mettre à mal le fantasme d’une distance que la majorité blanche entretient vis-à-vis de son passé et des Africains Américains eux-mêmes : en réalignant passé et présent par le biais de rapprochements fulgurants, l’auteur produit une vision de l’histoire scandée par la répétition et fait apparaître tout ce qui, par conséquent, reste irrésolu au moment présent. Les distorsions temporelles que l’on trouve dans les essais de Baldwin font partie de sa posture prophétique, elles appellent ses concitoyens et concitoyennes à se ressaisir de leur histoire. Cependant, leur valeur change dès la seconde moitié des années 1960, et l’on s’attachera à suivre et à comprendre la charge ironique et mélancolique qui est progressivement attachée à la figure de l’anachronisme chez Baldwin. </description>
      <pubDate>jeu., 23 juin 2022 08:54:22 +0200</pubDate>
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    <item>
      <title>The School of the New Athens: Boullée, Raphael and Anachronism in the Bibliothèque du Roi </title>
      <link>http://preo.ube.fr/textesetcontextes/index.php?id=3536</link>
      <description>Étienne-Louis Boullée, describing his project for the Bibliothèque du Roi in Paris, claimed Raphael’s School of Athens as his chief source of inspiration. This statement is confirmed by the architect’s drawing of the suggested gallery, in which groups of ancient figures converse, disposed similarly to the philosophers in the Renaissance fresco. Placing ancient costumes in a modern project may at first appear to constitute a simple anachronism, stemming – in this case – from the direct imitation of a model. This article will however contend that far more complex and significant temporalities can be inferred from setting Boullée’s image both within the field of architectural representations (including stage sets and ruin painting) that were so highly appreciated in this age, and within conceptions of time characterising perceptions of the development of the French nation, of its philosophy, its architecture and its use of costume. The tension between linear and cyclical conceptions of time, in particular, leads to renewed interpretations of the library project, especially when one points out that France was then believed to have recreated ancient architecture, and that this “School of Athens” was to be erected in a city frequently named “The New Athens” due to the quality of its intellectual life. The picture will be set within these complex and conflicting visions of history, which suggest that multiple simultaneous readings of Boullée’s drawing and architectural project lay open to his eighteenth-century public. Étienne-Louis Boullée, décrivant son projet pour la Bibliothèque du Roi à Paris, revendiqua L’École d’Athènes de Raphaël comme modèle et source d’inspiration. Son assertion est confirmée par un dessin représentant une vue perspective de la galerie proposée, espace dans lequel il insère des figures à l’antique, disposées à la manière des philosophes de la fresque italienne. Si ceci peut sembler un simple anachronisme dû à l’imitation d’un modèle célèbre, le présent article soutient que des temporalités autrement plus complexes et signifiantes peuvent être inférées d’une analyse replaçant l’image de Boullée à la fois parmi les représentations architecturales alors si appréciées (y compris les décors de théâtre et la peinture de ruines) et au sein de conceptions du temps déterminant la perception de l’évolution de la nation française, de sa philosophie, de son architecture et de son usage du costume. La tension entre conceptions linéaires et cycliques du temps, en particulier, conduira à une interprétation inédite du projet de bibliothèque, en rappelant que l’architecture française de cette époque était comprise comme une recréation de celle de l’Antiquité, et que cette nouvelle « École d’Athènes » devait être construite au sein d’une ville dont la renommée intellectuelle lui avait valu le surnom de « Nouvelle Athènes ». L’image sera replacée parmi plusieurs visions historiques complexes et parfois contraires, suggérant que de multiples interprétations simultanées du dessin et du projet architectural de Boullée étaient ouvertes à son public du dix-huitième siècle. </description>
      <pubDate>ven., 17 juin 2022 13:40:50 +0200</pubDate>
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      <title>Quelle discordance des temps fabriquons-nous ? Le succès des styles « néo » architecturaux, décors et projet de société dans le Grand Paris </title>
      <link>http://preo.ube.fr/textesetcontextes/index.php?id=3807</link>
      <description>La discipline architecturale, même si elle emploie peu les termes d’anachronisme et d’anachronie, est traversée par cette question, le temps et l’espace étant au cœur de ses préoccupations. Nous parlons peu d’architecture dans notre société et encore moins de l’architecture de promoteur qui façonne une grande partie de nos villes. Une architecture séduit un nombre croissant d’élus dans le Grand Paris, aussi bien dans le cadre d’opérations de construction, de démolition-reconstruction ou de réhabilitation des bâtiments des années 1960. Elle ne relève pas d’un style unifié. Elle se caractérise par une addition d’emprunts à l’histoire de l’architecture - des “néo-styles”-, produisant des quartiers donnant l’impression d’une épaisseur historique, faite de registres hétéroclites, en contradiction avec leur construction récente. Cette architecture de promoteur constituée de mélanges, pastiches, éclectismes brouillent les frontières temporelles et créent des liens de reconnaissance entre passé et présent. Une simple promenade représente une véritable expérience temporelle comme le montre un rapide détour au Plessis-Robinson, une ville devenue un modèle visité, récompensé et largement diffusé. L’architecture pouvant être considérée comme un exercice de narration, de quelles valeurs, de quelles légitimités et de quelles significations ces architectures néo sont-elles porteuses ? Quelles sont les raisons de leur efficacité ? Enfin, une architecture peut-elle être qualifiée d’anachronique, architecture décalée, logée dans un temps qui ne paraîtrait pas le sien ? The discipline of architecture, even if it does not use the terms anachronism and anachrony very much, is crossed by this question, time and space being at the heart of its concerns. We don't talk much about architecture in our society and even less about the developer architecture that shapes a large part of our cities. An architecture that seduces a growing number of elected officials in Greater Paris, whether in the context of construction, demolition-reconstruction or rehabilitation of buildings from the 1960s. It does not have a unified style. It is characterized by an addition of borrowings from the history of architecture - &quot;neo-styles&quot; -, producing neighborhoods that give the impression of a historical thickness, made up of heterogeneous registers, in contradiction with their recent construction. This developer's architecture, made up of mixtures, pastiches and eclecticisms, blurs the temporal boundaries and creates links of recognition between past and present. A simple walk is a real temporal experience as shown by a quick diversions to Plessis-Robinson, a town that has become a visited, awarded and widely distributed model. Since architecture can be considered as a narrative exercise, what values, legitimacies and meanings do these neo architectures carry? What are the reasons for their effectiveness? Finally, can an architecture be qualified as anachronistic, an architecture out of place, housed in a time that does not seem to be its own? </description>
      <pubDate>lun., 04 juil. 2022 16:04:32 +0200</pubDate>
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      <title>Rip Van Winkle’s Coat: Inheriting the American Republic </title>
      <link>http://preo.ube.fr/textesetcontextes/index.php?id=3546</link>
      <description>Inheritance—of goods, reputation, and even physical traits—is a matter of paramount importance to Americans throughout the decades following Revolution. Paine and Jefferson, in propounding their vision of a new republic detached from Old World tyranny, continually assert every generation’s right to take only what it desires from prior generations, the better to reshape themselves and their nation as they see fit. In this world of generational self-fashioning, an older generation cannot be suffered to direct its successors from beyond the grave, or to refuse the task of provisioning those successors with material and intellectual wealth. Drawing on the works of Washington Irving, especially sketches like “The Art of Book-Making” and “Rip Van Winkle,” my paper will consider how the concept of anachronism is deployed in American literature to expose infractions against the logic of generational succession that is supposed to grant each new wave of Americans their freedom from those that came before. When the ancient British writers in “The Art of Book- Making” notice young scribblers tearing wisdom from their books and literally wearing it as old- fashioned clothes, they rise from the grave to take back what is rightfully theirs by any means necessary. In contrast, the peace-loving Rip, returning from his twenty-year nap, is so aghast at seeing some lookalike (his son) wearing his old clothes that for a moment he seems liable to rip them off the younger man’s back—but instead he finally settles into the role of storyteller and human curiosity, allowing the young to direct their own lives. Ultimately, this article uses anachronism to complicate how we regard nineteenth-century conceptions of historical change and generational influence. Hériter - de biens, d’une réputation et même de traits physiques - est une question de la plus haute importance pour les Américains tout au long des décennies qui suivent la Révolution. Thomas Paine et Thomas Jefferson, en proposant leur vision d'une nouvelle république détachée de la tyrannie de l'Ancien Monde, ne cessent d'affirmer le droit de chaque génération à ne prendre que ce qu'elle désire des générations précédentes, afin de se remodeler et de remodeler la nation comme elle l'entend. Dans ce monde d'auto-détermination générationnelle, on ne peut tolérer qu'une génération plus âgée dirige ses descendants d'outre-tombe, ni qu'elle refuse la tâche de fournir à ces descendants des richesses matérielles et intellectuelles. En m'appuyant sur les œuvres de Washington Irving, en particulier des nouvelles comme &quot;The Art of Book-Making&quot; et &quot;Rip Van Winkle&quot;, mon article examinera comment le concept d'anachronisme est déployé dans la littérature américaine pour exposer les infractions à la logique de la succession générationnelle qui est censée accorder à chaque nouvelle vague d'Américains leur liberté par rapport à ceux qui les ont précédés. Lorsque les anciens auteurs britanniques de &quot;The Art of Book- Making&quot; remarquent que de jeunes scribouillards arrachent la sagesse de leurs livres et la portent littéralement comme des vêtements démodés, ils sortent de leur tombe pour reprendre ce qui leur revient de droit par tous les moyens nécessaires. À l'inverse, le pacifique Rip, qui revient de sa sieste de vingt ans, est tellement horrifié de voir un sosie (son fils) porter ses vieux vêtements qu'il semble un moment prêt à les arracher du dos du jeune homme, mais il finit par se contenter du rôle de conteur et de curiosité humaine, permettant aux jeunes de diriger leur propre vie. En fin de compte, cet article utilise l'anachronisme pour compliquer la façon dont nous considérons les conceptions du dix-neuvième siècle sur le changement historique et l'influence générationnelle. </description>
      <pubDate>ven., 17 juin 2022 13:41:51 +0200</pubDate>
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      <title>Nichtlineare Kunsthistoriografie? Feministische Ausstellungen im römischen Kontext der 1970er Jahre </title>
      <link>http://preo.ube.fr/textesetcontextes/index.php?id=3556</link>
      <description>Zumeist wird die Kunstausstellung als ein raumzeitliches Gefüge definiert, in dem ausgewählte Kunstobjekte vorübergehend auf ein Publikum treffen. Eine kunsthistorisch informierte Ausstellungsgeschichte ist zudem zu der Erkenntnis gelangt, dass temporäre Veröffentlichungsformate über die Präsentation von Kunst hinaus weitere grundlegende Kompetenzen im Kunstfeld ausüben können. Demnach ermöglichen es Kunstausstellungen, an Verfahren der Kunstgeschichtsschreibung zu partizipieren beziehungsweise deren Voraussetzungen zu reflektieren. Dieser Beitrag vertritt die These eines metahistorischen Potenzials von Kunstausstellungen und veranschaulicht sie anhand der Tätigkeiten einer Frauenkooperative, der Cooperativa di Via Beato Angelico, die von 1976 bis 1978 in Rom agierte. Für Künstlerinnen und Kulturschaffende jener Jahre erforderte die historische Abwesenheit von Frauen in dem Kunstfeld und in der Kunstgeschichte eine radikale Infragestellung der Prämissen der Kunstgeschichtsschreibung. Anstatt Ausstellungen zu nutzen, um bereits bestehende Darstellungen zu konsolidieren oder zu erweitern war das Programm der Kooperative darauf ausgerichtet, Künstlerinnen aus der Vergangenheit und der Gegenwart neu ins Licht und zueinander in Bezug zu setzen. Dabei kamen anachronische und genealogische Verfahren zum Tragen, die, wie ich vorschlagen möchte, Konzepte von Zeit und Geschichte aus dem Bereich des separatistischen Feminismus in die Ausstellungspraxis übersetzten. For the most part, the art exhibition is defined as a spatiotemporal structure in which selected art objects temporarily encounter an audience. Moreover, an exhibition history informed by art history has revealed that temporary publication formats can channel other fundamental competencies in the art field beyond the presentation of art. Accordingly, art exhibitions bear the possibility of participating in procedures of art historiography or reflecting on their preconditions. This article argues for such ‘metahistorical’ potential of art exhibitions and illustrates it with the activities of an all-women-cooperative, the Cooperativa di Via Beato Angelico, which operated in Rome from 1976 to 1978. For women artists and cultural practitioners at that time, the historical absence of women in the art field and art history required a radical questioning of the premises of art historiography. Rather than using exhibitions to consolidate or enlarge existing narratives, the cooperative’s program was geared towards (re)discovering women artists from the past and present as well as establishing new relations among them. In so doing, anachronic and genealogical procedures came into play, which, as I will suggest, translated concepts of time and history from the realm of separatist feminism into exhibition practice. L’exposition d’art est généralement définie comme une structure spatio-temporelle dans laquelle des objets d’art sélectionnés rencontrent temporairement un public. De plus, une histoire des expositions informée par l’histoire de l’art a révélé que les formats de publication temporaire peuvent canaliser d’autres compétences fondamentales dans le domaine de l’art au-delà de la présentation d’objets. En conséquence, les expositions d’art donneraient la possibilité de participer à des procédures d’historiographie de l’art ou de réfléchir à leurs conditions préalables. Cet article défend ce potentiel ‘métahistorique’ des expositions d’art en l’illustrant par les activités d’une coopérative d’artistes femmes, la Cooperativa di Via Beato Angelico, qui a été active à Rome de 1976 à 1978. Pour les femmes artistes et praticiennes culturelles de l’époque, l’absence historique des femmes dans le domaine de l’art et de l’histoire de l’art exigeait une remise en question radicale des prémisses de l’historiographie. Plutôt que d’utiliser les expositions pour consolider ou élargir les récits existants, le programme de la coopérative visait à (re)découvrir des femmes artistes du passé et du présent et à établir de nouvelles relations entre elles. Ce faisant, des procédures anachroniques et généalogiques sont entrées en jeu, ce qui, comme je le suggérerai, a traduit des concepts de temps et d’histoire du domaine du féminisme séparatiste dans la pratique des expositions. </description>
      <pubDate>ven., 17 juin 2022 13:42:38 +0200</pubDate>
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      <title>Die Ausstellungskopie als anachronistisches Geschichtsmodell </title>
      <link>http://preo.ube.fr/textesetcontextes/index.php?id=3573</link>
      <description>Anhand unterschiedlicher Rekonstruktionen des Kabinetts der Abstrakten, das erstmals 1927 von dem russischen Gestalter und Künstler El Lissitzky gemeinsam mit Alexander Dorner, Direktor der Gemäldegalerie, in Hannover verwirklicht wurde, wird die Frage nach dem Zeitbegriff gestellt, der Ausstellungskopien inhärent ist. Die Rekonstruktionen tangieren das Konzept der Volksbildung in der Weimarer Republik, die zeitbezogenen Methoden zur Aktivierung der Betrachter*innen und die Präsentationsmodi einer Kunst, die sich unter den in den 1920er Jahren allgegenwärtigen Wahrnehmungsgewohnheiten, die vom Kino und von Zeitschriften und Werkeplakaten geprägt waren, als ‚aktuell‘ zu behaupten versucht. Vorgeschlagen wird eine Interpretation der Ausstellungskopie als Anachronismus, der die Gegenwart von Vergangenem, die Gegenwart von Gegenwärtigem und die Gegenwart von Künftigem künstlich zusammenführt. Indem Ausstellungskopien Geschichten erzählen, die aus Zeitmontagen bestehen, erinnern sie an einstige Zukunftsphantasien, zeugen von Verlust und Zerstörung, erzählen vom Erkenntnisinteresse ihrer Entstehungszeit und rufen – im Sinne einer „l’histoire à venir“ – die Vorstellung von kommenden historischen Entwicklungen wach. On the basis of different reconstructions of the Cabinet of the Abstract, which was first realised in Hanover in 1927 by the Russian designer and artist El Lissitzky together with Alexander Dorner, director of the Painting Gallery, the question of the concept of time inherent in exhibition copies is posed. The reconstructions touch on the concept of popular education in the Weimar Republic, the time-related methods of activating the viewer, and the modes of presentation of an art that attempts to assert itself as 'current' among the ubiquitous habits of perception in the 1920s, which were shaped by cinema, magazines and posters. What is proposed is an interpretation of the exhibition copy as an anachronism that artificially conflates the present of the past, the present of the present and the present of the future. By telling stories that consist of montages of time, exhibition copies recall former fantasies of the future, bear witness to loss and destruction, tell of the cognitive interest of their time of origin and – in the sense of a &quot;l'histoire à venir&quot; – evoke future historical developments. Sur la base de différentes reconstructions du Cabinet de l'Abstrait, réalisé pour la première fois à Hanovre en 1927 par le designer et artiste russe El Lissitzky en collaboration avec Alexander Dorner, directeur de la Galerie de peinture, la question du concept de temps inhérent aux copies d'exposition est posée. Les reconstitutions sont tangentes au concept d'éducation populaire de la République de Weimar, aux méthodes d'activation du spectateur liées au temps et aux modes de présentation d'un art qui tente de s'affirmer comme &quot;actuel&quot; parmi les habitudes de perception omniprésentes dans les années 1920, façonnées par le cinéma, les magazines et les affiches d'oeuvres. Ce qui est proposé est une interprétation de la copie d'exposition comme un anachronisme qui confond artificiellement le présent du passé, le présent du présent et le présent du futur. En racontant des histoires qui consistent en des montages temporels, les copies d'exposition rappellent d'anciens fantasmes d'avenir, témoignent de pertes et de destructions, racontent l'intérêt cognitif de leur époque d'origine et – au sens d'une &quot;histoire à venir&quot; – évoquent des développements historiques futurs. </description>
      <pubDate>ven., 17 juin 2022 13:43:32 +0200</pubDate>
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      <title>Xavier Bonnier et Sylvie Laigneau-Fontaine (dir.), L’Imperfection littéraire et artistique en Europe. Antiquité - XXIe siècle </title>
      <link>http://preo.ube.fr/textesetcontextes/index.php?id=3603</link>
      <pubDate>jeu., 23 juin 2022 15:10:11 +0200</pubDate>
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      <title>Agnès Arp et Elisa Goudin-Steinmann, La RDA après la RDA. Des Allemands de l’Est racontent </title>
      <link>http://preo.ube.fr/textesetcontextes/index.php?id=3604</link>
      <pubDate>jeu., 23 juin 2022 15:11:59 +0200</pubDate>
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      <title>Laurent Mellet, Des édouardiens aux modernistes, les alternatives libérales du roman anglais </title>
      <link>http://preo.ube.fr/textesetcontextes/index.php?id=3605</link>
      <pubDate>jeu., 23 juin 2022 15:12:43 +0200</pubDate>
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      <title>Daniel Foliard, Combattre, punir, photographier : Empires coloniaux, 1890-1914 </title>
      <link>http://preo.ube.fr/textesetcontextes/index.php?id=3607</link>
      <pubDate>jeu., 23 juin 2022 15:13:30 +0200</pubDate>
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