mythe http://preo.ube.fr/textesetcontextes/index.php?id=3383 Entrées d’index fr 0 La mémoire de la clandestinité et l’émigration du Trentin http://preo.ube.fr/textesetcontextes/index.php?id=3928 Cet article se concentre sur deux exemples d’émigration en provenance du Trentin (Nord-est de l’Italie) qui ont eu lieu partiellement de manière clandestine. Il s’intéresse à la fois à l’époque de la migration et à la valorisation de la mémoire qui a eu lieu aujourd’hui. Il traite dans un premier temps de l’émigration vers le Brésil qui a eu lieu avant la Première Guerre mondiale et des multiples liens qui unissent aujourd’hui ces deux côtés de l’Atlantique. Il s’attarde ensuite sur l’émigration qui, des années 1920 aux années 1950, conduit un grand nombre de Trentins en France. Il s’agit ainsi de montrer les différences mais aussi les points communs entre ces deux émigrations hier comme aujourd’hui. This article deals with two examples of emigration from Trentino (North-East Italy) that were partially clandestine. It looks how these migrations took place as well as at how this memory creates interest nowadays. It first focuses on the migration that took place towards Brazil before World War 1 and on the several bonds that today unite these two sides of the Atlantic. After Brazil, France, the main destination for Trentini from the 1920s up to the 1950s, is the second case study. The goal is to show the differences but also the common aspects of these two migrations in the past as well as today. mar., 06 déc. 2022 21:44:04 +0100 mer., 21 déc. 2022 23:16:13 +0100 http://preo.ube.fr/textesetcontextes/index.php?id=3928 Mythes et science-fiction moderniste au théâtre : R.U.R de Čapek (1920) et Adam et Eve de Boulgakov (1930) http://preo.ube.fr/textesetcontextes/index.php?id=3612 L’anticipation, comme discours sur l’avenir, est une tradition dans la fiction théâtrale européenne. D’Œdipe roi à la Vie est un songe en passant par Iphigénie et Macbeth, elle produit deux grandes tendances esthétiques et politiques qui, le plus souvent, dialoguent ou s’affrontent dans les œuvres dramatiques : le prophétisme tragique et la voyance épique, que ces pièces anciennes associent à la sphère sacrée, quand le pouvoir mantique est un privilège des dieux et des devins, mais aussi profane, à travers une psychologisation de l’anticipation, alors incarnée par des figures humaines compromises. Dans les pièces de science-fiction modernistes R.U.R. de Čapek (1920) et Adam et Ève de Boulgakov (1930), outre qu’elle n’est plus un discours divin ou humain discuté sur scène mais un principe général de composition fictionnelle, où l’œuvre entière est un discours sur l’avenir, l’anticipation privilégie les questions technologiques et scientifiques et s’oriente vers de nouvelles figures, a priori profanes, comme celle du génie visionnaire, notamment scientifique, ingénieur ou même entrepreneur. Faust apparaît, par conséquent, comme le mythe moderne privilégié par une science-fiction moderniste soucieuse de représenter et de penser l’avenir d’un monde marqué par les guerres et les révolutions et de mettre à l’épreuve les idées de progrès scientifique comme politique et d’utopie. On s’interrogera donc sur les modalités esthétiques et les significations politiques de l’articulation originale que chacune de ces deux pièces nous propose du mythe romantique faustien avec le mythe archaïque par excellence qu’est Adam et Ève. Nous montrerons ainsi comment, entre utopie et dystopie, fantasme et critique, philosophie et actualité, les pièces de Boulgakov et de Čapek se détournent des logiques tragico-prophétiques, que les deux mythes (du pacte et de la chute) présupposent, en les actualisant, en les critiquant et en les confrontant entre eux selon des modalités poétiques que nous qualifierons d’épiques : le dédoublement dans Adam et Ève et la confusion dans R.U.R.. As a representation of the future, anticipation is a tradition in European theatre: in works like Œdipus Rex, La Vida es sueño or Iphigénie and Macbeth two main esthetical and political tendencies can be identified, either contrasting or dialoguing with each other: “tragical prophetism” and “epical vision”. Both are linked to the sacred – when prediction is ordered by gods or priests – or to the profane world, when compromised human characters have the power of telling the future. With European Modernist science-fiction works like R.U.R. by Čapek (1920) or Adam et Eve by Boulgakov (1930), anticipation has become less a divine or human representation of the future discussed on stage through the speeches of different characters than a genuine poetical principle of composition, dealing with technological and scientific matters through new profane figures like the “visionary genius” – scientist, engineer or even business man. “Faust” appears as a prominent myth in Modernist science-fiction as people go through World Wars or Revolutions while questioning such ideas as scientific or political progress and utopia. The present paper aims to study the esthetic and political tendencies in both works and explore the way they associate the Faustian figure and the archaic myth Adam and Eva. Definite emphasis will be laid on how both works deal with the utopia/dystopia, fantasy/criticism, recent events/philosophy dichotomies, favouring the epic way while leaving aside the tragic and prophetic line in their new version of the Pact and the Fall in which both myths are questioned, modernised and confronted to each other. Accordingly, Boulgakov’s formal use of a “poetic of the double” vs. Čapek’s development of a “poetic of confusion” will be brought to light. ven., 01 juil. 2022 10:01:29 +0200 mer., 20 juil. 2022 19:30:27 +0200 http://preo.ube.fr/textesetcontextes/index.php?id=3612 Le rêve américain vu au prisme du divertissement soviétique : Miss Mend (Boris Barnet et Fedor Ozep, 1926) http://preo.ube.fr/textesetcontextes/index.php?id=3400 Le film muet soviétique Miss Mend (1926) de Boris Barnet et Fedor Ozep (restauré et édité en DVDs en 2017) met en scène une science-fiction : l’attaque bactériologique de l’état soviétique par un ambitieux savant américain. L’action se déroule dans une Amérique où la misère des uns côtoie le luxe des autres, au gré de scènes d’action empruntées au film d’aventures : course-poursuite, bagarres de « western », mélodrame entre héroïne populaire et riche homme d’affaire, ainsi que des figures burlesques de héros populaires (deux reporters américains, un clerc). Dans un deuxième temps, l’action se déroule à Petrograd, où le savant américain tente de s’emparer du pouvoir. Les clichés hollywoodiens se poursuivent dans ce nouveau décor mais le rêve du savant se heurte à la supériorité militaire soviétique, et deux mythes classiques, Prométhée et Jupiter, sont ainsi évoqués en conclusion. La perspective transculturelle de ce récit est nourrie par le point de vue soviétique sur le capitalisme. Cette étude cherche à proposer une réflexion sur les liens entre science-fiction et mythes dans ce film à la lumière des écrits de Roland Barthes (Mythologies 1957 et S/Z 1970), qui s’intéresse aux mythes de la « petite-bourgeoisie », d’une manière semblable à l’approche des deux réalisateurs soviétiques. Outre la caricature du « rêve américain » d’un point de vue soviétique, on note l’émergence du mythe de la femme moderne des années 1920-30 qui trouve sa place dans les deux mondes. The silent soviet film Miss Mend (1926) by Boris Barnet and Fedor Ozep (restored and edited by Lobster Films in 2017) screens a science-fiction film relating a bacteriological attack launched upon the Soviets by an ambitious American scientist. The point of view of the filmmakers shifts from scenes in the US to scenes in the USSR, with a satirical description of the myth of the American Dream as an emblem of the hated Capitalism. The action begins in the USA, with Hollywoodian clichés such as chases and fights borrowed from the westerns, a heroine of melodrama, as well as burlesque characters (two reporters and a clerk). The scientist then travels to Petrograd with his poisonous gas capsules, and new chase episodes coupled with romance take place. The Soviets win and the scientist is captured, Jupiter defeating Prometheus as in classical mythology. This study relies on the methodology of Roland Barthes (Mythologies 1957 et S/Z 1970), his interest in the myths of the ‘petite-bourgeoisie » being similar to the point of view of the film-makers. More interesting still is the myth of the modern emancipated woman which is created in the film. mer., 18 mai 2022 10:29:40 +0200 mer., 20 juil. 2022 19:03:21 +0200 http://preo.ube.fr/textesetcontextes/index.php?id=3400 « Aux frontières de l’inexistence », une lecture de la tétralogie de Yirminadingrad http://preo.ube.fr/textesetcontextes/index.php?id=3411 Yama Loka Terminus, Bara Yogoï, Tadjélé et Adar forment la tétralogie Yirminadingrad. De nombreux auteurs et artistes se sont emparés de cet univers conçu à l'origine par Léo Henry et Jacques Mucchielli pour y raconter des histoires, par les mots ou les images. Yirminadingrad se construit autour d'un centre fuyant, mystérieux, mythique qui est celui de la ville, mais travaille également, en termes d'écriture, comme un ensemble de cercles qui organisent des textes divers, résonnant tous entre eux sans dessiner de hiérarchies. La tétralogie s'attache à des propositions radicales au risque de dérouter. Multiplication des styles et déconstruction de la narration ouvrent les limites d'un récit pour en faire un monde. Quand bien même l'univers y est sale et violent, il s'en dégage une beauté étrange qui tient précisément à sa force poétique. Le monde de ces nouvelles semble pourtant bloqué, déterminé par les souvenirs tragiques du passé et sans grande perspective d'avenir. Un monde qui fonctionne en apparence, mais qui se révèle en ruines, sapé par des dynamiques souterraines dénoncées seulement par certains. Un espace de misère économique, de conflits ethniques, de solitude. Dès Yama Loka Terminus, les destins se délitent. Les personnages errent dans une ville où la violence est omniprésente. On parle de textes en textes de dictature, de génocide, de "normalisation". Réflexion politique, non pas systématisée ou didactique, mais brute dans ses images et sophistiquée dans son ambiguïté, la tétralogie passe par le biais de l’exploration d’un univers dystopique qui vient cogner contre notre propre monde et qui se construit comme un mythe aux mille et une versions. C’est ce que nous explorerons dans cet article. Yama Loka Terminus, Bara Yogoï, Tadjélé and Adar form the Yirminadingrad tetralogy. Numerous authors and artists have seized upon this universe, originally conceived by Léo Henry and Jacques Mucchielli, to tell stories through words and images. Yirminadingrad is built around an elusive, mysterious, mythical centre which is that of the city, but also works, in terms of writing, as a set of circles which organise diverse texts, all resonating with each other without drawing any hierarchies. The tetralogy focuses on radical proposals at the risk of confusing. Multiplication of styles and deconstruction of the narrative open the limits of a narrative to make a world of it. Even though the universe is dirty and violent, it emanates a strange beauty that is precisely due to its poetic force. The world of these short stories seems to be blocked, determined by the tragic memories of the past and without much prospect of a future. A world that apparently works, but which turns out to be in ruins, undermined by subterranean dynamics denounced only by some. A space of economic misery, ethnic conflicts, loneliness. From Yama Loka Terminus onwards, destinies are unravelling. The characters wander in a city where violence is omnipresent. The texts speak of dictatorship, genocide and ‘normalisation’. A political reflection, not systematized or didactic, but raw in its images and sophisticated in its ambiguity, the tetralogy explores a dystopian universe that clashes with our own world and is constructed as a myth with a thousand and one versions. mer., 18 mai 2022 10:38:59 +0200 mer., 20 juil. 2022 18:57:31 +0200 http://preo.ube.fr/textesetcontextes/index.php?id=3411 Redécouvrir l’humain : croisements de mythes dans la science-fiction de Cordwainer Smith http://preo.ube.fr/textesetcontextes/index.php?id=3442 L’écrivain américain Paul Linebarger (1913-1966) a commencé à publier ses textes sous le pseudonyme de Cordwainer Smith dans les années Soixante mais n’a rencontré qu’un succès éditorial limité. Son œuvre de SF, publiée après sa mort, comporte une sélection de trente-deux nouvelles et un roman. Le tout constitue dans la version française le cycle des Seigneurs de l’Instrumentalité : une saga de l’humanité couvrant la période de 1945 à 16500 après J.-C. L’ouvrage est à la fois une histoire du futur et un livre-univers qui tire son originalité d’éléments de de style qui confèrent aux récits une atmosphère légendaire propre aux mythes.Les thèmes majeurs du cycle (la « redécouverte de l’humanité », la réhabilitation des « sous-êtres », le périple initiatique de Rod McBan dans Norstralia) comportent des caractères narratologiques qui apparentent leur exposé à la mythologie (incipit de fables, intertextualité, animaux parlants, ambivalences et paradoxes, mouvements dialectiques, temporalité). S’y ajoutent un polylinguisme dans l’onomastique et des croisements de codes entre les aires asiatiques et occidentales qui ajoutent au sense of wonder entretenu par les récits.On s’intéresse ici plus particulièrement aux régimes symboliques et aux structures archétypales de l’imaginaire de l’auteur, ainsi qu’à la signifiance de quelques-unes des images. Dans le contexte des années 50 et 60, cette approche permet de mieux préciser l’idéologie et l’éthique de Cordwainer Smith, auteur chez qui la tension religieuse et une forte empathie sont manifestes. The American writer Paul Linebarger (1913-1966) began publishing under the pseudonym of Cordwainer Smith in the 1960s but met with limited editorial success. His SF work, published after his death, includes a selection of thirty-two short stories and one novel. The whole constitutes is known as the cycle of The Rediscovery of Man, a saga of humanity covering the period from 1945 to 16500 AD. The work is both a history of the future and a book-universe, drawing its originality from elements of form and style that give the stories a legendary atmosphere typical of myths.The major themes of the cycle (the ‘Rediscovery of Mankind’, the rehabilitation of the ‘under-people’, the initiatory journey of Rod McBan in Norstralia) include narratological characters that make their presentation similar to mythology (fable incipits, intertextuality, talking animals, ambivalences and paradoxes, dialectical movements, temporality). Added to this is a polylingualism in the onomastics and the crossing of codes between Asian and Western areas that add to the sense of wonder conferred by the stories.We will be interested in the symbolic regimes and archetypal structures of the author’s imagination, as well as in the significance of some of the images. In the context of the 1950s and 1960s, this approach helps to clarify the ideology and ethics of Cordwainer Smith, an author in whom religious tension and strong empathy are evident. mer., 18 mai 2022 10:57:20 +0200 ven., 01 juil. 2022 14:31:22 +0200 http://preo.ube.fr/textesetcontextes/index.php?id=3442 Les enfers de Thierry Di Rollo http://preo.ube.fr/textesetcontextes/index.php?id=3381 Dans ses récits, romans ou nouvelles, qui se situent à égale distance de la science-fiction, de la Fantasy et du roman noir, Thierry Di Rollo se réfère, d’une façon certes indirecte mais incontestable, à des schémas de pensée mythiques ainsi qu’à des mythes célèbres, notamment au mythe biblique de l’apocalypse. Il rejoint ainsi un catastrophisme apocalyptique très répandu dans la science-fiction contemporaine, mais tandis que beaucoup d’auteurs explorent cette thématique pour tenter de la dépasser et de développer une pensée politique de la catastrophe, Di Rollo semble plutôt se complaire avec cynisme dans l’évocation d’une régression humaine autodestructrice. Il s’efforce ainsi, en particulier dans les recueils intitulés Cendres (2007) et Crépuscules (2010), de prendre à contrepied le thème devenu mythique, depuis le XVIIIe siècle, de l’auto-libération et de l’auto-accomplissement de l’être humain grâce à la raison et notamment au progrès matériel. Offrant du capitalisme et de ses variantes futures une image dévastatrice, ces récits illustrent le motif de l’instrumentalisation économique ou politique de l’individu considéré comme un matériau sans valeur : un « consommable ». Di Rollo en vient ainsi à montrer comment le concept classique d’humanité, sous-tendu par le rationalisme hérité des Lumières, s’effondre et bascule vers une animalité bestiale innommable qui rejoint sur un mode anarchique et débridé la violence tragique de la mythologie antique. Mais c’est en définitive surtout en installant la réalité terrestre tout entière dans un enfer discret qui ne dit pas son nom (corruption de la temporalité qui devient statique et destructrice, inversion du cycle de la vie et de la mort, enfermement spatial et temporel, indétermination), donc en réactualisant sur un mode inédit le mythe antique des Enfers que Di Rollo parvient à affirmer son originalité dans le contexte de la science-fiction d’aujourd’hui. In his stories, novels or short stories, which are situated at an equal distance from science fiction, fantasy, and noir novels, Thierry Di Rollo refers, in an indirect but undeniable way, to mythical thought patterns as well as to famous myths, in particular the biblical myth of the apocalypse. He thus joins an apocalyptic catastrophism that is very widespread in contemporary science fiction, but while many authors explore this theme in an attempt to go beyond it and develop a political thought of catastrophe, Di Rollo seems rather to indulge cynically in the evocation of a self-destructive human regression. In the collections Cendres (2007) and Crépuscules (2010), in particular, he endeavours to counter the theme that has become mythical since the Eighteenth Century of the rational self-liberation and self-fulfilment of human beings through reason and, in particular, through material progress. Offering a devastating image of capitalism and its future variants, these narratives illustrate the motif of the economic or political instrumentalisation of the individual as a worthless material, a “consumable”. Di Rollo thus comes to show how the classical concept of humanity, underpinned by the rationalism inherited from the Enlightenment, collapses and topples over into an unspeakable bestial animality that joins the tragic violence of ancient mythology in an anarchic and unbridled mode. But in the end, it is above all by installing the whole of terrestrial reality in a discreet hell that does not say its name (corruption of temporality that becomes static and destructive, inversion of the cycle of life and death, spatial and temporal confinement, indeterminacy), thus by updating the ancient myth of the Underworld in a new way that Di Rollo succeeds in asserting his originality in the context of today’s science fiction. mer., 18 mai 2022 10:20:36 +0200 ven., 01 juil. 2022 13:23:33 +0200 http://preo.ube.fr/textesetcontextes/index.php?id=3381