science fiction http://preo.ube.fr/textesetcontextes/index.php?id=3418 Entrées d’index fr 0 La science-fiction au miroir du mythe dans les récits brefs de Günter Kunert http://preo.ube.fr/textesetcontextes/index.php?id=3423 Günter Kunert, un des auteurs de l’ex-RDA les plus connus et les plus critiques à l’égard du régime est-allemand, a eu recours au registre de la science-fiction afin de dénoncer le caractère totalitaire de cet État à travers des situations quasi archétypales de violence, de crise, d’oppression d’inspiration mythique et notamment biblique. Cette conjonction des thèmes propres au registre de l’anticipation et à l’univers du mythe a inspiré certains de ses meilleurs récits brefs. Elle lui a permis notamment d’établir une analogie entre l’optimisme scientifique du monde occidental au XXe siècle, en particulier celui de la RDA, et le caractère souvent prérationnel de la pensée mythique. Un des mythèmes récurrents de ses récits est la nostalgie du paradis perdu, celui que constituent notre planète et sa richesse naturelle peu à peu épuisée par la surpopulation et la surexploitation de ses ressources. On le retrouve aussi bien dans « Andromède hors saison », de 1976, où toute une population affaiblie par les pénuries attend d’émigrer vers de nouveaux horizons aux ressources prometteuses, que dans « Adam et Evam » (1984), où une guerre nucléaire éclair interdit à deux astronautes en vol géostationnaire dans l‘espace toute possibilité de retour sur Terre, ou dans « Bouteille à la mer » (1984) où l’épuisement des ressources de notre planète favorise l’émergence d’un régime totalitaire particulièrement inhumain. Dans ces trois récits, le mythème du paradis perdu s’associe à celui de l’exode et/ou de l’extermination, perspective monstrueuse à peine suggérée dans « Andromède hors saison » mais nettement affirmée dans le récit dystopique « Bouteille à la mer », où l’extermination des citoyens ensuite transformés en sources de matières premières ou d’énergie est soigneusement planifiée. Dans une perspective un peu différente, le récit « Adam et Evam » associe, sur un mode cocasse et presque farcesque, aux mythèmes bibliques de la chute et de l’exode ceux de l’apocalypse et de la création démiurgique de la femme à partir d’une côte d’Adam. L’échec de la mission impartie aux deux astronautes d’assurer la perpétuation et la survie de l’espèce humaine en transformant l’un d’eux en femme dans un but explicite de reproduction montre bien à quel point le mythe devient pour Kunert un instrument de subversion littéraire des plus sarcastiques. Günter Kunert was one of the best-known East-German authors and he ranked among the most critical ones of the ex-GDR ; he used the themes of science-fiction combined with the biblical myth to denounce the East-German totalitarianism and dictatorship. This convergence of science-fiction and biblical myths inspired some of his best short stories and enabled him to draw a comparison between the scientific optimism of the western civilisation of the 20th century and the prerational character of the mythic mind. His short stories deal with the recurrent mythic theme of the longing for the lost paradise, that is to say the paradise of the natural abundance provided by our planet Earth that is gradually depleted by overpopulation and overconsumption. This theme occurs in “Andromeda out of season”, published in 1976, in which a population weakened by shortages longs to emigrate to some other planet with a preserved and opulent nature, in “Adam et Evam” (1984) where two astronauts in geostationary space flight cannot return to Earth since it has been destroyed by a lightning nuclear war, or in “Message in a bottle” (1984) where the exhaustion of natural resources paves the way to the emergence of a radical inhuman totalitarianism. These three short stories combine the mythical motifs of the lost paradise and the exodus with the theme of extermination of mankind, which is discretely present in the background of « Andromeda out of season » but clearly stated in “Message in a bottle”. In that tale, the citizens are executed so as to be transformed and make up for raw material and energy shortages. In a rather different way, “Adam and Evam” resorts to some other mythical motifs from the Apocalypse of John and from Genesis like the demiurgic creation of the woman from a rib of Adam. The two astronauts cannot complete the mission they have been assigned in a case of emergency like this namely to turn a man into a woman through an operation in order to reproduce the biblical couple and ensure the survival of mankind. In that way, Günter Kunert uses science-fiction and myth as undeniably sarcastic instruments of literary subversion. mer., 18 mai 2022 10:39:31 +0200 mer., 20 juil. 2022 19:48:52 +0200 http://preo.ube.fr/textesetcontextes/index.php?id=3423 Mythes et science-fiction moderniste au théâtre : R.U.R de Čapek (1920) et Adam et Eve de Boulgakov (1930) http://preo.ube.fr/textesetcontextes/index.php?id=3612 L’anticipation, comme discours sur l’avenir, est une tradition dans la fiction théâtrale européenne. D’Œdipe roi à la Vie est un songe en passant par Iphigénie et Macbeth, elle produit deux grandes tendances esthétiques et politiques qui, le plus souvent, dialoguent ou s’affrontent dans les œuvres dramatiques : le prophétisme tragique et la voyance épique, que ces pièces anciennes associent à la sphère sacrée, quand le pouvoir mantique est un privilège des dieux et des devins, mais aussi profane, à travers une psychologisation de l’anticipation, alors incarnée par des figures humaines compromises. Dans les pièces de science-fiction modernistes R.U.R. de Čapek (1920) et Adam et Ève de Boulgakov (1930), outre qu’elle n’est plus un discours divin ou humain discuté sur scène mais un principe général de composition fictionnelle, où l’œuvre entière est un discours sur l’avenir, l’anticipation privilégie les questions technologiques et scientifiques et s’oriente vers de nouvelles figures, a priori profanes, comme celle du génie visionnaire, notamment scientifique, ingénieur ou même entrepreneur. Faust apparaît, par conséquent, comme le mythe moderne privilégié par une science-fiction moderniste soucieuse de représenter et de penser l’avenir d’un monde marqué par les guerres et les révolutions et de mettre à l’épreuve les idées de progrès scientifique comme politique et d’utopie. On s’interrogera donc sur les modalités esthétiques et les significations politiques de l’articulation originale que chacune de ces deux pièces nous propose du mythe romantique faustien avec le mythe archaïque par excellence qu’est Adam et Ève. Nous montrerons ainsi comment, entre utopie et dystopie, fantasme et critique, philosophie et actualité, les pièces de Boulgakov et de Čapek se détournent des logiques tragico-prophétiques, que les deux mythes (du pacte et de la chute) présupposent, en les actualisant, en les critiquant et en les confrontant entre eux selon des modalités poétiques que nous qualifierons d’épiques : le dédoublement dans Adam et Ève et la confusion dans R.U.R.. As a representation of the future, anticipation is a tradition in European theatre: in works like Œdipus Rex, La Vida es sueño or Iphigénie and Macbeth two main esthetical and political tendencies can be identified, either contrasting or dialoguing with each other: “tragical prophetism” and “epical vision”. Both are linked to the sacred – when prediction is ordered by gods or priests – or to the profane world, when compromised human characters have the power of telling the future. With European Modernist science-fiction works like R.U.R. by Čapek (1920) or Adam et Eve by Boulgakov (1930), anticipation has become less a divine or human representation of the future discussed on stage through the speeches of different characters than a genuine poetical principle of composition, dealing with technological and scientific matters through new profane figures like the “visionary genius” – scientist, engineer or even business man. “Faust” appears as a prominent myth in Modernist science-fiction as people go through World Wars or Revolutions while questioning such ideas as scientific or political progress and utopia. The present paper aims to study the esthetic and political tendencies in both works and explore the way they associate the Faustian figure and the archaic myth Adam and Eva. Definite emphasis will be laid on how both works deal with the utopia/dystopia, fantasy/criticism, recent events/philosophy dichotomies, favouring the epic way while leaving aside the tragic and prophetic line in their new version of the Pact and the Fall in which both myths are questioned, modernised and confronted to each other. Accordingly, Boulgakov’s formal use of a “poetic of the double” vs. Čapek’s development of a “poetic of confusion” will be brought to light. ven., 01 juil. 2022 10:01:29 +0200 mer., 20 juil. 2022 19:30:27 +0200 http://preo.ube.fr/textesetcontextes/index.php?id=3612 L’hybride rêvé, l’humain de métal mythique et le robot originel : la nouvelle « Segregationist » d’Isaac Asimov à la lumière du mythe antique http://preo.ube.fr/textesetcontextes/index.php?id=3457 Au sein des récits de science-fiction moderne, qu’ils soient littéraires, cinématographiques ou issus de médias tels que la bande dessinée ou le jeu vidéo, il n’est pas rare de voir l’humain se métamorphoser et devenir une créature métissée, mêlant à l’organique de son anatomie naturelle toutes sortes d’éléments extérieurs ou de technologies diverses. En analogie avec ce caractère hybride, la figure de l’être métallique, dont l’essence intrinsèque serait nativement constituée d’or, d’argent, de bronze ou de fer, fait, elle aussi, l’objet de nombreuses représentations au cœur de cette même culture populaire actuelle. Enfin, considérant ces deux entités – l’humain hybride et l’être métallique –, comment ne pas penser au robot, être fictionnel par excellence de l’époque contemporaine, dont l’aura mécanique se reflète aujourd’hui sur bon nombre d’univers mentaux contemporains, tous médias confondus ?Parmi les plus célèbres adeptes de cet onirisme alliant métallurgie et biologie, Isaac Asimov, souvent qualifié de patriarche de la robotique moderne par ses pairs, a indéniablement joué un rôle crucial dans l’instauration, le développement et l’enracinement de ces nombreux imaginaires au demeurant novateurs. Dans sa nouvelle « Segregationist », publiée pour la première fois en 1967 dans les pages de la revue Abbottempo, le romancier convoque consécutivement les trois rêveries précédemment évoquées, de l’être hybride bio-métallique à l’automate animé en passant par l’entité humanoïde métallisée. Cependant, sous couvert d’une narration aux thématiques résolument avant-gardistes – le sujet abordé étant celui de la transplantation cardiaque d’un nouveau cœur en titane –, d’importants et puissants onirismes ancestraux sont sollicités dans ce récit dont les concepts transversaux plongent leurs racines aux origines mêmes de notre culture et de notre littérature.Dans cet article, nous nous proposons d’examiner certaines des sources poétiques et mythologiques sur lesquelles Isaac Asimov s’est directement ou indirectement appuyé pour construire et consolider les imaginaires qu’il assemble dans sa nouvelle. Parmi celles-ci, il nous serait ici possible de citer, entre autres exemples, le « Mythe des races » d’Hésiode, l’Iliade et de l’Odysséed’Homère, certains passages du Kalevala d’Elias Löonrot ou encore quelques extraits de l’Edda de Snorri Sturluson. Dans un même temps, cette relecture du poncif de l’Homme de métal, créature si chère à la science-fiction, nous permettra aussi de questionner la manière dont l’auteur en réexploite les différentes variations dans un contexte littéraire contemporain et nous laissera entrevoir l’audacieux procédé qu’il développe tout au long de la narration pour nous proposer un ultime retournement de situation, aussi formidable qu’inattendu, en toute fin de récit. Enfin, cette mise en lumière inédite des origines des différentes thématiques qu’aborde « Segregationist » nous aide à appréhender l’atmosphère si particulière, à mi-chemin entre le scientifique et le mythique, qui émane de cette nouvelle autrement représentative de l’œuvre globale et protéiforme d’Isaac Asimov. Within modern science fiction stories, be they from literature, cinema or other media such as comics or video games, it is not uncommon to see the human being morphing and becoming a mongrelized creature, mixing all sorts of external elements or diverse technologies with the organic nature of his natural anatomy. Analogously to this hybrid character, the figure of the metallic being, whose intrinsic essence would be natively constituted of gold, silver, bronze or iron, is also the subject of numerous representations within this same current popular culture. Finally, following these first two portraits, how can we not think of the robot, the mightiest fictional entity of our century, whose mechanical aura is today reflected in many contemporary mental realms, all media included?Among the most famous adepts of those dreams blending metallurgy and biology, the author and professor Isaac Asimov, often qualified by his peers as the patriarch of modern robotics, undeniably played a crucial role in the establishment, development and rooting of these various and innovative imaginaries. In his short story “Segregationist”, first published in 1967 within the Abbottempo review, the novelist consciously and consecutively summons the three fantasies previously mentioned: the bio-metallic hybrid, the animated automaton and the metalized humanoid entity. However, hidden inside a narrative with resolutely avant-gardist themes - the topic being that of a titanium heart transplant -, important and powerful ancestral dreamlike ideas are in fact solicited in this story whose transversal concepts are rooted in the very origins of our culture and literature.In this paper, we propose to examine some of the poetic and mythological sources on which Isaac Asimov relied directly or indirectly to create and consolidate the imaginaries he assembles in his novel. Among these, we could cite as examples Hesiod’s “Myth of the Races”, Homer’s Iliad and Odyssey, some passages from Elias Löonrot’s Kalevala or even some extracts from Snorri Sturluson’s Edda. In the meantime, this re-reading of the metal man concept, a creature so popular in science fiction, will also allow us to question the way in which the author reuses its different variations in a contemporary literary context and will give us a glimpse of the audacious process he develops throughout the narrative to provide us with a final plot twist, as formidable as it is unexpected, at the very end of the story. Finally, this unusual insight into the background of the different themes approached by “Segregationist” will help us to understand the very special atmosphere, halfway between science and mythology, which emanates from this short story, so representative of Isaac Asimov’s global and multifaceted work. mer., 18 mai 2022 10:57:50 +0200 mer., 20 juil. 2022 19:04:51 +0200 http://preo.ube.fr/textesetcontextes/index.php?id=3457 « Aux frontières de l’inexistence », une lecture de la tétralogie de Yirminadingrad http://preo.ube.fr/textesetcontextes/index.php?id=3411 Yama Loka Terminus, Bara Yogoï, Tadjélé et Adar forment la tétralogie Yirminadingrad. De nombreux auteurs et artistes se sont emparés de cet univers conçu à l'origine par Léo Henry et Jacques Mucchielli pour y raconter des histoires, par les mots ou les images. Yirminadingrad se construit autour d'un centre fuyant, mystérieux, mythique qui est celui de la ville, mais travaille également, en termes d'écriture, comme un ensemble de cercles qui organisent des textes divers, résonnant tous entre eux sans dessiner de hiérarchies. La tétralogie s'attache à des propositions radicales au risque de dérouter. Multiplication des styles et déconstruction de la narration ouvrent les limites d'un récit pour en faire un monde. Quand bien même l'univers y est sale et violent, il s'en dégage une beauté étrange qui tient précisément à sa force poétique. Le monde de ces nouvelles semble pourtant bloqué, déterminé par les souvenirs tragiques du passé et sans grande perspective d'avenir. Un monde qui fonctionne en apparence, mais qui se révèle en ruines, sapé par des dynamiques souterraines dénoncées seulement par certains. Un espace de misère économique, de conflits ethniques, de solitude. Dès Yama Loka Terminus, les destins se délitent. Les personnages errent dans une ville où la violence est omniprésente. On parle de textes en textes de dictature, de génocide, de "normalisation". Réflexion politique, non pas systématisée ou didactique, mais brute dans ses images et sophistiquée dans son ambiguïté, la tétralogie passe par le biais de l’exploration d’un univers dystopique qui vient cogner contre notre propre monde et qui se construit comme un mythe aux mille et une versions. C’est ce que nous explorerons dans cet article. Yama Loka Terminus, Bara Yogoï, Tadjélé and Adar form the Yirminadingrad tetralogy. Numerous authors and artists have seized upon this universe, originally conceived by Léo Henry and Jacques Mucchielli, to tell stories through words and images. Yirminadingrad is built around an elusive, mysterious, mythical centre which is that of the city, but also works, in terms of writing, as a set of circles which organise diverse texts, all resonating with each other without drawing any hierarchies. The tetralogy focuses on radical proposals at the risk of confusing. Multiplication of styles and deconstruction of the narrative open the limits of a narrative to make a world of it. Even though the universe is dirty and violent, it emanates a strange beauty that is precisely due to its poetic force. The world of these short stories seems to be blocked, determined by the tragic memories of the past and without much prospect of a future. A world that apparently works, but which turns out to be in ruins, undermined by subterranean dynamics denounced only by some. A space of economic misery, ethnic conflicts, loneliness. From Yama Loka Terminus onwards, destinies are unravelling. The characters wander in a city where violence is omnipresent. The texts speak of dictatorship, genocide and ‘normalisation’. A political reflection, not systematized or didactic, but raw in its images and sophisticated in its ambiguity, the tetralogy explores a dystopian universe that clashes with our own world and is constructed as a myth with a thousand and one versions. mer., 18 mai 2022 10:38:59 +0200 mer., 20 juil. 2022 18:57:31 +0200 http://preo.ube.fr/textesetcontextes/index.php?id=3411 Redécouvrir l’humain : croisements de mythes dans la science-fiction de Cordwainer Smith http://preo.ube.fr/textesetcontextes/index.php?id=3442 L’écrivain américain Paul Linebarger (1913-1966) a commencé à publier ses textes sous le pseudonyme de Cordwainer Smith dans les années Soixante mais n’a rencontré qu’un succès éditorial limité. Son œuvre de SF, publiée après sa mort, comporte une sélection de trente-deux nouvelles et un roman. Le tout constitue dans la version française le cycle des Seigneurs de l’Instrumentalité : une saga de l’humanité couvrant la période de 1945 à 16500 après J.-C. L’ouvrage est à la fois une histoire du futur et un livre-univers qui tire son originalité d’éléments de de style qui confèrent aux récits une atmosphère légendaire propre aux mythes.Les thèmes majeurs du cycle (la « redécouverte de l’humanité », la réhabilitation des « sous-êtres », le périple initiatique de Rod McBan dans Norstralia) comportent des caractères narratologiques qui apparentent leur exposé à la mythologie (incipit de fables, intertextualité, animaux parlants, ambivalences et paradoxes, mouvements dialectiques, temporalité). S’y ajoutent un polylinguisme dans l’onomastique et des croisements de codes entre les aires asiatiques et occidentales qui ajoutent au sense of wonder entretenu par les récits.On s’intéresse ici plus particulièrement aux régimes symboliques et aux structures archétypales de l’imaginaire de l’auteur, ainsi qu’à la signifiance de quelques-unes des images. Dans le contexte des années 50 et 60, cette approche permet de mieux préciser l’idéologie et l’éthique de Cordwainer Smith, auteur chez qui la tension religieuse et une forte empathie sont manifestes. The American writer Paul Linebarger (1913-1966) began publishing under the pseudonym of Cordwainer Smith in the 1960s but met with limited editorial success. His SF work, published after his death, includes a selection of thirty-two short stories and one novel. The whole constitutes is known as the cycle of The Rediscovery of Man, a saga of humanity covering the period from 1945 to 16500 AD. The work is both a history of the future and a book-universe, drawing its originality from elements of form and style that give the stories a legendary atmosphere typical of myths.The major themes of the cycle (the ‘Rediscovery of Mankind’, the rehabilitation of the ‘under-people’, the initiatory journey of Rod McBan in Norstralia) include narratological characters that make their presentation similar to mythology (fable incipits, intertextuality, talking animals, ambivalences and paradoxes, dialectical movements, temporality). Added to this is a polylingualism in the onomastics and the crossing of codes between Asian and Western areas that add to the sense of wonder conferred by the stories.We will be interested in the symbolic regimes and archetypal structures of the author’s imagination, as well as in the significance of some of the images. In the context of the 1950s and 1960s, this approach helps to clarify the ideology and ethics of Cordwainer Smith, an author in whom religious tension and strong empathy are evident. mer., 18 mai 2022 10:57:20 +0200 ven., 01 juil. 2022 14:31:22 +0200 http://preo.ube.fr/textesetcontextes/index.php?id=3442