couleur http://preo.ube.fr/textesetcontextes/index.php?id=3645 Entrées d’index fr 0 Voir la musique, puisque l’oreille ne suffit pas : la couleur musicale en littérature http://preo.ube.fr/textesetcontextes/index.php?id=3714 Cet article s’intéresse à la question de la couleur dans les représentations littéraires de compositions musicales en littérature anglophone. La représentation littéraire de la musique semble intrinsèquement liée aux phénomènes de spatialisation et de visualisation de la musique, tels que l’audition colorée. Il s’agit de transformations imaginaires qui confèrent à la musique une certaine picturalité. Cet article démontre que l’analyse de l’inscription de la musique dans les textes est, de ce fait, surtout affaire d’analyse des effets de picturalité produits dans les textes littéraires. D’abord, il est question du phénomène de visualisation du sonore. Dans un deuxième temps, l’article se penche sur les figures de style associées à la picturalité de la musique en littérature (hypotypose/hypallage). Enfin, l’article examine les notions de paysage musical et de paysage musicalisé. This article deals with the concept of colour in literary representations of musical compositions in texts in English. Literary depictions of music are usually conveyed in a spatial and visual way, only to mention synesthesia. Literary texts present us with imaginary transformations of music which give us a sense of pictorial rather than auditory representation. This paper aims to demonstrate that any examination of literary portrayal of music might rely on an analysis of the pictorial effects used to describe music compositions. First, the paper tackles the problem of the visual representation of music in literature. Secondly, the article focuses on stylistic devices related to such visual depictions of music (hypotyposis/hypallage). Finally, the concepts of musical landscape and musicalized landscape are presented. ven., 01 juil. 2022 15:22:06 +0200 mer., 25 janv. 2023 12:55:16 +0100 http://preo.ube.fr/textesetcontextes/index.php?id=3714 Couleur multi-surface, débord et apothéose transgressive de la couleur chez David LaChapelle http://preo.ube.fr/textesetcontextes/index.php?id=3697 L’auteur approche la couleur dans une série d’œuvres de David LaChapelle en s’inspirant de la micro analyse de Carlo Ginzburg. Elle montre comment la couleur passe d’un usage inspiré par les canons esthétiques de la peinture italienne à une dimension métaphorique puis comment l’usage du débord et du recouvrement accompagnent le propos distopique du photographe. The author analyses colours in a series of David LaChappelle’s photographs, using historian Carlo Ginzburg’s micro analysis. She shows how colour, starting from a use inspired by the aesthetical references of Italian paintings, reaches a metaphorical dimension and then how the use of leaking and overlapping accompanies the distopic proposal of the photographer. ven., 01 juil. 2022 15:00:27 +0200 mer., 25 janv. 2023 12:52:20 +0100 http://preo.ube.fr/textesetcontextes/index.php?id=3697 Stuart Davis’s Theory and Practice of ‘Color-Space’: Resisting the Irresistible Attraction of Line http://preo.ube.fr/textesetcontextes/index.php?id=3687 Stuart Davis’s paintings include both lines and colour planes. Lines define these colour planes, enclose colours, and in them originates the experience produced by the work. But colour, especially in Davis’s serial works (Little Giant Still Life series, Letter and His Ecol series, Gloucester Harbour series), becomes autonomous in redefining the painting. It opposes stability and introduces movement and time in the work. Through colour, the work becomes process. Colour is difference, it is fragmentation, deviation from the original design, whereas line unifies a series, brings individual works together, creates continuity. The difference brought about by colour gives fluidity to meaning, the work escapes the fixedness of words, titles, and even the artist’s theory, while raising questions about difference, repetition, and continuity. Les peintures de Stuart Davis sont à la fois lignes et plans de couleur. Les lignes définissent ces plans, enferment les couleurs, sont à la source de l’expérience produite par l’œuvre. Mais la couleur, notamment dans les œuvres sérielles (séries Little Giant Still Life, Letter and His Ecol et Gloucester Harbour), devient autonome en redéfinissant l’œuvre. Elle s’oppose à la stabilité de l’œuvre, y introduit le mouvement et le temps. L’œuvre, à travers la couleur, devient processus. La couleur est différence, fragmentation, déviation du dessin/dessein initial, alors que la ligne unifie les séries, rapproche les œuvres individuelles, crée une continuité. La différence qu’introduit la couleur rend le sens de l’oeuvre fluide, la toile échappe à la fixité des mots, du titre, des explications théoriques du peintre lui-même, tout en posant des questions sur la différence, la répétition, et la continuité. ven., 01 juil. 2022 15:00:07 +0200 mer., 25 janv. 2023 12:51:00 +0100 http://preo.ube.fr/textesetcontextes/index.php?id=3687 Le vide destructeur de la couleur jaune comme interruption du silence http://preo.ube.fr/textesetcontextes/index.php?id=3644 Depuis le De coloribus (Sur les couleurs) de pseudo-Aristote, la conception de la couleur se maintient à la croisée de l’être ou du non-être traduit par son apparition immatérielle ou matérielle, c’est-à-dire son absence ou sa présence prégnante. Dans la continuité du résonnement aristotélicien, Diderot avance l’idée que la couleur ne se trouve pas à l’état figé ni à l’état pur dans la nature, mais en perpétuelle modification sous les facteurs extérieurs (chaleur, soleil). Envisagé dans le contexte historique large, la couleur devient, d’une part, une couleur atmosphérique condensée (Van Gogh, Camus, Le Clézio) aboutissant à une extériorisation absente et formant le vide en ayant une emprise destructrice ; elle forme, d’autre part, un pan – un mur de couleur (Balzac, Proust, Borges) rejoignant une identique apparence de vide tangible dénué de tout sens apparent et provoquant le délire ou le suicide. Cet arrêt que constitue la couleur ainsi métamorphosée se montre à travers la manifestation chromatique jaune. L’état stagnant de la couleur absente se transforme en un vide pesant du chromatisme jaune atmosphérique (Camus, Faulkner) dont le mutisme insupportable doit absolument être rompu par un acte destructeur. Cet arrêt que représente la couleur jaune sous l’impact solaire se transforme en événement en soi. La couleur condensée jusqu’à ce qu’elle forme un hiatus ou un point silencieux pictural ou narratif (Camus, Van Gogh, Turner), appelle un dénouement qui n’est autre que le retentissement, le bruit de la « Sonorité jaune » (Kandinsky) qui brise le silence et fonctionne comme une « parole dégelée » (Rabelais). Since the De coloribus of pseudo-Aristotle the conception of color remains at a crossroads of being and not-being expressed in its material or immaterial appearance, notably in its absence or its pregnant presence. Diderot and the author of De coloribus express the same idea of the real existence of color, which exists neither in its congealed state nor in it pure state, but in perpetual modification under external factors (sun, heat). The color becomes, on the one hand, a condensed atmospheric color (Van Gogh, Camus, Le Clézio) leading to an absent exteriorization and forming an emptiness enclosing a destructive sway; and on the other hand, a segment – a wall of color (Balzac, Proust, Borges) which adheres the identical appearance of tangible emptiness, provoking delirium or suicide.This stoppage, thus constituting metamorphosed color, is displayed upon the yellow chromatic manifestation. The stagnant state of the absent color is transformed into a weighty emptiness of the yellow atmospheric chromaticism (Camus, Faulkner), the silence of which should absolutely be broken by means of a destructive act. This stoppage that the yellow color represents under the solar impact, is transformed into the event itself. The condensed color forms a hiatus or pictorial / narrative silent point (Camus, Van Gogh, Turner) demanding a denouement that is nothing else but the resounding noise of the “Yellow sonority” (Kandinsky), which breaks the silence and acts as “unfrozen word” (Rabelais). ven., 01 juil. 2022 14:50:58 +0200 mar., 24 janv. 2023 15:09:13 +0100 http://preo.ube.fr/textesetcontextes/index.php?id=3644 La couleur comme « sexe féminin de l'art » : simple métaphore ou véritable paradigme ? http://preo.ube.fr/textesetcontextes/index.php?id=3733 Cet article part du constat que, dans la première moitié du XIXe siècle, le critique d’art Ch. Blanc associe curieusement la couleur en peinture au « sexe féminin de l’art » alors que, deux décennies plus tôt, le chimiste E. Chevreul élabore ses fameuses lois des contrastes chromatiques qui fonderont l’usage de la couleur dans nos sociétés. Or, à bien y regarder, cette concomitance n’est pas fortuite mais peut être lue comme le symptôme du bouleversement profond qui affecte à l’époque la compréhension de la perception visuelle : la science ne commence-t-elle pas, et toujours en ce même début de siècle, à dévoiler toute la complexité cellulaire et nerveuse de la rétine ? La perception de la couleur résultera ainsi d’innombrables processus micro-organiques, des processus de type physiques, charnels. A contrario, une série d’exemples tirée de la pensée ancienne sur la couleur montre que l’évocation de sa perception servait jadis de tout autres buts et notamment à réfléchir sur l’usage convenable des cinq sens. S’agissant de la vision, cette éthique traditionnelle du regard - idéalement régie par la « raison » - sera donc remplacée à l’époque de Blanc et Chevreul par à ce que l’on propose de nommer une éthique de l’œil, une éthique déterminée à présent par les « bonnes » réactions organiques de la rétine. Rien d’étonnant si « dominer » la couleur en peinture équivaudra maintenant, et comme le laissera entendre Blanc, à une sorte de conquête masculine du fait chromatique, incidemment féminisé et érotisé : une conquête non seulement parce que la perception de la couleur requerra un important effort physiologique de la part du regardeur, mais surtout parce qu’aux dires mêmes de renommés peintres (masculins) contemporains elle ne trouverait son achèvement que dans une forme de jouissance (visuelle), quasiment celle dont parleront alors … les sexologues. This article is based on the observation that, in the first half of the 19th century, the art critic Ch. Blanc curiously associated color in painting with the "feminine sex of art", whereas, two decades earlier, the chemist E. Chevreul elaborates his famous laws of chromatic contrasts which will establish the use of color in our societies. However, on closer examination, this coincidence is not fortuitous but can be read as the symptom of the profound upheaval that affected the understanding of visual perception at the time: did science not begin, and still in this same beginning of the century, to reveal all the cellular and nervous complexity of the retina? The perception of color will thus result from innumerable micro-organic processes, processes of a physical, carnal type. Conversely, a series of examples drawn from ancient thought on color shows that the evocation of its perception once served quite different purposes and in particular to think about the appropriate use of the five senses. With regard to vision, this traditional ethics of the gaze - ideally governed by "reason" - will therefore be replaced at the time of Blanc and Chevreul by what is proposed to be called an ethics of the eye, an ethics determined now by the "good" organic reactions of the retina. No wonder if "dominating" color in painting will now amount, and as Blanc will imply, to a kind of masculine conquest of the chromatic fact, incidentally feminized and eroticized: a conquest not only because the perception of color will require a significant physiological effort on the part of the viewer, but above all because, according to the very words of renowned contemporary (male) painters, it would only find its completion in a form of (visual) enjoyment, almost the one that … sexologists would then talk about. ven., 01 juil. 2022 15:44:29 +0200 mar., 24 janv. 2023 13:04:09 +0100 http://preo.ube.fr/textesetcontextes/index.php?id=3733