Se nourrir et prendre soin dans un monde post-effondrement

Analyse d’Aimee Eden et Richard Fox, deux personnages emblématiques du soin dans la série Sweet-tooth

  • Nourishing and caring in a post-collapse world. Analysis of Aimee Eden and Richard Fox, two emblematic characters of care in the series Sweet Tooth

DOI : 10.58335/revue3s.219

Résumés

À travers cette contribution, nous souhaitons montrer comment la série Sweet-tooth met en représentation les éthiques du Care et ce notamment à travers des gestes du quotidien. En suivant le parcours de deux personnages et les relations qu’ils tissent avec des jeunes enfants hybrides, nous verrons comment faire à manger, cultiver la Terre, éduquer peuvent s’inscrire dans des éthiques du Care et proposer une vision d’avenir basée sur l’amour et la confiance entre des êtres vivants de conditions différentes.

Through this contribution, we aim to show how the Sweet-tooth series represents the ethics of Care, particularly through everyday gestures. By following the journey of two characters and the relationships they forge with young hybrid children, we’ll see how making food, cultivating the earth and educating can be part of Care ethics, and propose a vision of the future based on love and trust between living beings from different conditions.

Plan

Texte

Introduction

À l’aune de la crise écologique dans laquelle nous nous trouvons, porter un regard critique sur notre relation au monde et ce que nous lui faisons revêt un caractère indispensable. Les récits, les fictions peuvent nous donner des pistes pour penser, pour agir, pour nous transformer. En effet, les imaginaires qui y sont véhiculés sont toute à la fois représentatifs de ce que nous souhaitons et performatifs, dans le sens où ils nous aident à comprendre le monde qui nous entoure et à terme à mieux l’habiter. Lors de précédentes recherches, nous avions travaillé sur la mise en récit de la technique avec comme dessein de mener une réflexion sur la façon dont elle pouvait permettre de faire ressortir le politique et l’éthique1 et à terme nous servir dans la formation en sciences humaines et sociales que nous dispensons aux futurs ingénieurs2. À travers cette présente contribution, nous souhaitons mettre l’accent sur ce que les fictions et plus précisément certaines séries télévisuelles disent de notre rapport à la nature et au vivant. En effet, notre objectif est de nous intéresser à ce que l’on pourrait nommer à l’instar de Baptiste Morizot une « culture du vivant »3 ou celui de Pierre Charbonnier une « culture écologique »4. En d’autres termes, nous souhaitons nous questionner sur le vivant et acquérir des éléments de connaissance pour mieux l’appréhender, se sentir inclus en lui et en prendre soin. Nous ancrons cette contribution dans l’hypothèse que les séries télévisuelles peuvent être d’excellents supports pour l’action. Elles font faire, rendent actifs, elles ont un « pouvoir transformateur ou émancipateur. »5

À travers cette analyse, nous nous intéresserons à la relation entre des êtres vivants humains et non-humains dans une perspective de Care6. Aussi après avoir présenté comment les éthiques du Care peuvent nous servir de cadre d’analyse, nous décrirons les caractéristiques de la série Sweet-tooth ainsi que les personnages sur lesquels nous nous sommes focalisés. Nous montrerons ensuite comment notre grille d’analyse nous a permis de repérer des moments ou des gestes spécifiques dans quelques extraits choisis et ce qu’ils disent sur notre manière de prendre soin d’autrui dans un contexte de post-effondrement. Nous nous intéresserons en effet précisément à la façon dont deux personnages – Aimee Eden et Richard Fox – cultivent la Terre, nourrissent les deux jeunes dont ils ont la charge et leur prodiguent une éducation. Enfin nous conclurons avec quelques perspectives complémentaires sur la possibilité d’élargir cette analyse à d’autres personnages de la série.

Voyons d’abord comment les éthiques du Care peuvent servir de cadre d’analyse dans la perspective de leur lien avec des gestes du quotidien (comme nourrir ou cultiver).

Les éthiques du care et le quotidien ?7

En 1982, la psychologue Carol Gilligan propose une nouvelle éthique grâce à la publication de son ouvrage Une voix différente8. À travers la description de son implication auprès de femmes, elle trace les contours de ces éthiques du Care basées sur la sollicitude, l’écoute et la prise en compte de l’altérité. Dès les premières pages de son ouvrage, elle souligne l’urgence de penser d’autres formes de moralités que celles inspirées par la performance et l’efficacité fortement représentées dans les années 1980. Aussi l’autrice définit-elle ces éthiques comme relationnelles et basées sur l’importance de prendre soin des autres, de prendre en compte la vulnérabilité non pas comme une tare mais comme une caractéristique partagée. Ces éthiques placent donc l’attention aux autres en leur cœur. Elles affirment que « la manière dont nous nous écoutons et dont nous écoutons autrui »9 est primordiale et doit irriguer les actions qui sont mises en place10.

La crise écologique rend visible une vulnérabilité partagée tant d’un point de vue individuel que collectif. Elle impose de repenser notre façon d’habiter et de réparer le monde en sortant des seules catégories de l’exploitation de la nature, des autres humains ou non-humains ou de la conception et l’usage d’une seule technique destructrice11. Nous sommes tous vulnérables et il convient plus que jamais « d’exercer cette pratique sensible, attentionnée, envers soi et envers les autres. »12

Les éthiques du Care proposent une « voix morale différente » dans le sens où même si elles instaurent des principes fondamentaux – comme l’écoute, le respect, la non-violence – elles partent d’expériences « rattachées au quotidien et des problèmes moraux de personnes réelles dans leur vie ordinaire »13. En cela, ce sont des éthiques de l’action et elles s’appuient entre autres sur notre capacité d’empathie en instaurant « un sentiment de responsabilité à l’égard d’autrui »14. « Le care est à la fois une pratique et une disposition. »15 Elles s’appliquent à mettre en évidence l’interdépendance entre les êtres vivants qu’ils soient humains ou non humains. Au fil des années, les chercheuses du Care ont montré que si ces éthiques se sont d’abord appliquées aux questions de santé humaine et notamment à celle des femmes, elles pouvaient également être élargies à d’autres domaines comme la nature, la technique, les animaux, etc.16. Le Care est donc une « activité générique », qui permet de prendre soin et de réparer notre « monde » et « Ce monde comprend nos corps, nous-mêmes et notre environnement, tous éléments que nous cherchons à relier en un réseau complexe, en soutien à la vie »17.

Ces éthiques de l’action s’incarnent dans des gestes simples voire de routine, issus de notre quotidien comme se laver, s’apprêter, faire des tâches ménagères, bricoler, se nourrir, jardiner, etc. C’est précisément sur ces actes ordinaires que nous nous attardons dans cette publication. En effet, prodiguer de quoi se nourrir, apporter des soins d’hygiène, prendre en compte les spécificités de chaque individu sont les éléments fondateurs des éthiques du care. En matière de nutrition notamment, les chercheuses Dominique Paturel et Magali Ramel soulignent comment l’importance de « bien manger » ou de penser l’acte de se nourrir entrent dans la perspective des éthiques du Care. Alors qu’elles s’intéressent à des populations françaises en précarité alimentaire, les deux chercheuses précisent que prendre en compte la vulnérabilité à l’aide d’« une nourriture saine et équilibrée »18 (p. 53) permet de redonner à l’alimentation un rôle social pour maintenir la dignité des personnes. Cuisiner et dans un même mouvement jardiner pour cultiver de quoi cuisiner, permet de prendre soin d’autrui en étant des « activités fonctionnelles » et des « pratiques relationnelles »19 des éthiques de Care et ce d’autant plus, nous le verrons, dans un monde effondré.

Une série passée au crible des éthiques du Care

Séries et méthodologie

Les séries façonnent nos imaginaires et elles disent nos peurs, nos appréhensions mais aussi nos espoirs. Elles sont un « regard sur le monde »20. Elles peuvent prendre soin de nous21, nous déloger de nos croyances ou au contraire les conforter.

Sweet-tooth est une série américaine dite chorale – elle met en scène une constellation de personnages [voir figure 1] – et est structurée en trois saisons22. Elle a été diffusée via la plateforme Netflix à partir de 2021 – en pleine pandémie de covid 1923.

Cette série à mi-chemin entre un récit spéculatif24 et de science-fiction25 se situe dans un futur proche, après que la Terre a été touchée par un virus, « le fléau », qui a éliminé 98 % des êtres humains. Un effondrement, tel qu’il peut être décrit par la collapsologie26, suit cette contamination et entraine une destruction massive des moyens de communication, des structures politiques, des modes de transport, en bref de tout ce qui constitue nos sociétés contemporaines. Après cet effondrement, l’intégralité des enfants naissent sous forme d’hybrides mi-humains mi-animaux non humains. La catastrophe fictive est souvent représentée au cinéma ou dans les séries car elle est « responsable de nombreuses ruptures »27 dans nos façons de vivre et de penser le futur. Elle redessine les contours de ce que l’on souhaite, en recomposant les frontières de l’acceptable. Les récits de catastrophe font légion et sont souvent pensés comme « un acte de résilience »28 pour penser l’après.

La méthodologie que nous avons utilisée est classique en sciences de l’information et de la communication. Bien que manuelle, elle est précise dans le sens où chaque épisode des deux saisons étudiées est visionné intégralement une première fois puis une deuxième fois, scène par scène. Nous avons précédemment travaillé sur cette série avec Céline Nguyen29. De ce fait, pour cette contribution, le premier visionnage de l’entièreté des épisodes des saisons un et deux a été plus rapide. Enfin, le troisième visionnage est dédié aux scènes qui portent sur les personnages que nous avons choisis et plus spécifiquement sur celles où sont présents des gestes du quotidien relatifs au Care. Les personnages sont porteurs de valeur, ils ancrent le récit – qu’il soit fictionnel ou non – dans un genre et orientent son propos30. L’existence d’un personnage dans un récit n’est jamais anodine, elle donne des indications aux lecteurs et ou aux spectateurs. En d’autres termes, ils sont les garants de ce que les auteurs de ces récits veulent défendre31. Les personnages d’une série créent de l’attachement et de la projection de la part des téléspectateurs. Combien d’entre eux ont fustigé les créateurs de Game of Thrones qui ont, dans les premiers épisodes, fait mourir les principaux personnages de la série ? S’identifier à un personnage permet aussi de se questionner sur soi, sur sa propre vie et la façon de la mener. Par ailleurs, comme le souligne François Jost, la majorité des séries américaines fonctionnent « en mode mimétique »32, c’est-à-dire qu’elles proposent des personnages qui nous ressemblent, vers lesquels nous pouvons nous tourner en cas de questionnement sur nos propres vies et surtout qui nous permettent de nous projeter. Les personnages dessinent donc, grâce leurs actes, une éthique, dans laquelle les téléspectateurs peuvent ou pas se reconnaître.

Figure 1 : Constellation des personnages dans Sweet-tooth

Figure 1 : Constellation des personnages dans Sweet-tooth

Crédits : M. Chouteau

Des personnages emblématiques des éthiques de Care, par leurs pensées et leurs actes

Dans le cadre de cette contribution, nous avons choisi de nous intéresser plus spécifiquement aux relations qu’Aimee Eden et Richard Fox établissent avec les enfants hybrides qu’ils ont adoptés (respectivement Wendy et les autres hybrides et Gus). Ce choix s’appuie sur plusieurs critères. Le premier est que Richard comme Aimee acceptent sans hésiter la lourde responsabilité de s’occuper des hybrides ; en cela ils se placent d’emblée dans les éthiques du Care. En effet dès qu’ils ont affaire aux deux enfants, ils acceptent de bouleverser leur vie – par exemple Richard quitte la ville où il habite et met Gus à l’abri dans le parc de Yellowstone –, de se sacrifier pour eux et de ne jamais revenir en arrière ou faire des compromis avec leurs ennemis, notamment les Derniers Hommes. Ils proposent une réponse rapide et circonstanciée aux situations particulières auxquelles ils sont confrontés33.

Tous deux acceptent de s’occuper de cet « autre », aussi vulnérable soit-il, sans jamais le juger ni tenter de le faire devenir ce qu’il n’est pas – en l’occurrence un enfant humain. Tous deux, à maintes reprises, proposent une autre voix pour éduquer ces deux jeunes hybrides qu’ils sortent « des hiérarchies sociales et [d]es structures de pouvoir intégrées dans la société »34. Ils mettent à l’œuvre ce que Carol Gilligan nomme « l’écoute radicale »35, c’est-à-dire cette attention totale à l’autre qui prend sa vulnérabilité en charge. Richard Fox écrit des livres pour apprendre à lire à Gus, lui fête son anniversaire, chaque année lui confectionne un gâteau et lui fabrique des jouets (une pomme, un chien/doudou, des livres, un lance-pierre), lui apprend des comptines dont une spécialement conçue pour le protéger en cas d’attaque, lui donne son bain, l’écoute. Aimee Eden fait de même avec Wendy. Elle la coiffe, lui confectionne des jouets ainsi que des vêtements, lui procure de l’affection et de l’attention, elle lui dit qui elle est, la rassure. Dans un même mouvement, ayant intégré que ces deux enfants sont des hybrides, Aimee Eden et Richard Fox agissent pour respecter leurs caractéristiques humaines et celles qui relèvent de leur animalité, et ce, sans jugement. Lorsqu’un avion passe au-dessus de Yellowstone, Richard Fox bouche les oreilles de Gus pour que ce dernier, ayant l’ouïe plus fine, ne ressente pas de douleur. Lorsqu’elle cherche à savoir si les Derniers Hommes sont proches du zoo, Aimee Eden met en valeur les capacités de Wendy à les sentir. Ces deux personnages par leurs actes et leurs mots, leur parlent d’eux, de qui ils sont, de leurs identités (« tu es parfaite comme tu es »)36, sans vouloir, ni les changer, ni les ramener à l’une ou l’autre des catégories de vivants. Ceci est d’autant plus important qu’au cours de leur voyage initiatique ces jeunes hybrides sont souvent réduits à leur part animale (« ne fais pas tes trucs louches de cerf »37), à ce qu’ils représentent pour l’humanité : tantôt l’espoir, tantôt au contraire, sa fin.

Ces deux personnages sont présents dans la série de façon inégale. Richard meurt dès le premier épisode de la première saison. Toutefois, son influence sur Gus est tangible et tenace. Au cours des trois saisons et malgré tous les autres adultes qu’il rencontre et qui prennent soin de lui, Gus évoque les enseignements de son père adoptif. Ce dernier, revenant également en rêve, le guide lorsqu’il a de grandes décisions à prendre. Aimee Eden prend une place de plus en plus importante au fil des épisodes des saisons une et deux. Cette dernière meurt du fléau à la fin de la saison deux3839.

Voyons maintenant comment se concrétisent les éthiques du Care dans des actes ordinaires de nos personnages quand il s’agit de cuisiner et de jardiner.

Le soin par le jardinage et la cuisine grâce à Aimee Eden et Richard Fox

Les deux saisons de cette série mettent en représentation des scènes de repas mais aussi, à travers les actes d’Aimee Eden et Richard Fox, des manières douces et respectueuses de cultiver la Terre. Nous traiterons ces deux pratiques ensemble. La question de la nourriture dans un monde post-effondrement est centrale. Tout le système agro-alimentaire des mondes pré-effondrement est détruit et il faut pourtant nourrir les survivants. Sweet-tooth ne centre pas son intérêt spécifiquement sur cette question mais propose à plusieurs reprises des scènes où il est question de produire de quoi se nourrir (jardiner) ou de préparer la nourriture (cuisiner).

Plusieurs formes de représentation cohabitent au cœur de cette série. D’un point de vue général, Sweet-tooth propose un monde effondré où les personnes ne semblent pas affamées, elles ne sont pas non plus contraintes, comme dans La Route40, de dévorer leurs congénères. On voit qu’il y a des marchés, qu’il est possible de cuisiner et de se procurer de la « bonne » nourriture, même si parfois le manque est évoqué. Par exemple, le Dr Adi et sa femme (voir figure 1) se rappellent les fraises, les glaces et les pizzas. L’armée des Derniers Hommes semble jouer sur la « faim des populations » en jetant des cartons de nourriture sur la voie ferrée pour attirer des volontaires vers eux. Dans un même temps des scènes de fête – celle chez Doug41, le barbecue à Factory Town42 – ou des temps de repas réconfortants comme ceux que partagent Tommy Jepperd, Gus et la famille de la montagne – sont représentés sans que l’on sache comment les personnes se sont procuré de la nourriture et des boissons. Toutefois, deux éléments transversaux paraissent significatifs. Le premier est qu’à travers la nourriture, se dessine un système inégalitaire : les Derniers Hommes semblent bénéficier de toute forme d’aliments en grande quantité tandis que les autres non. Le deuxième est qu’à suivre l’ensemble des personnages, on peut distinguer deux sortes de nourriture : la bonne, cuisinée, celle qui marque l’attention, le fait de « manger en appréciant » et la mauvaise, ou « bas de gamme », représentée par les conserves et les restes d’une civilisation perdue – barres chocolatée, bonbons qui font mal au ventre, etc. – qui elle, représente la survie. La première des catégories souligne la dimension de plaisir associé à l’acte de manger, ce que ne fait pas la deuxième43.

Au cours de ces deux saisons, plusieurs extraits nous montrent que nos deux personnages emblématiques se placent directement dans la première catégorie. En effet, on les voit de façon répétée cultiver la Terre, et respectueusement pour préparer une nourriture circonstanciée pour les hybrides. Aime Eden comme Richard Fox utilisent des outils de type « low tech » : vieilles charrues, brouettes rafistolées, râteaux anciens, seaux récupérés en étain. Leurs actes guidés instinctivement par le Care s’attachent à, d’un côté, prendre soin de la Terre qu’ils cultivent et d’un autre, à cuisiner des aliments appropriés pour les jeunes qu’ils soignent. C’est une nourriture qui montre la sollicitude, l’écoute, l’amour qui unit ces adultes et ces jeunes hybrides.

À travers ce paragraphe nous allons maintenant nous attacher à mettre en évidence ces actes de sollicitude prodigués par Richard Fox et Aimee Eden, à travers l’analyse de quelques scènes de cuisine et de jardinage.

Gus et Richard : se nourrir en cuisinant et jardinant à Yellowstone

Figure 2 : Les relations de soin entre Richard Fox et Gus

Figure 2 : Les relations de soin entre Richard Fox et Gus

Crédits : M. Chouteau

Avant le grand effondrement, Richard Fox était un « homme à tout faire » dans une unité du laboratoire scientifique Fort Smith. Lors de l’épisode sept de la saison une, consacré entre autres à sa rencontre avec Birdie (mère biologique de l’hybride Gus), on découvre des éléments de sa vie et les traits caractéristiques de son tempérament. Il possède un caractère paisible, gentil et fait preuve d’un inexorable optimisme qui frôle parfois le fatalisme. Alors que Birdie lui demande s’il a confiance en la vie, il lui répond « parfois, il faut savoir s’accrocher et voir ce que demain nous réserve »44. Malgré sa bonhomie, Richard Fox a peu confiance en lui. Embarqué dans une routine quotidienne où il répare, nettoie, range, Richard a peu à peu délaissé sa passion pour le dessin.

Lorsqu’il décide de prendre soin de Gus, Richard Fox l’emmène se mettre à l’abri dans une cabane abandonnée au cœur du parc Yellowstone45. Ce choix est loin d’être anodin car c’est dans cet espace, symbole de la Wilderness46 à l’américaine, que Richard Fox, « un père qui a décidé de partir dans la nature pour fuir ce monde »47, construit, et ce notamment grâce à des techniques douces, une vie protégée pour Gus.

La façon dont Richard envisage « notre place dans la Nature »48 est parfaitement illustrée lors d’une scène où il prend soin de Gus en lui donnant un bain. Au cours de ce doux moment entre un père et son fils, ce dernier prend le temps de lui raconter l’histoire de l’Effondrement et plus exactement du monde d’avant. « De mauvaises personnes dirigeaient la Terre » […] « ils étaient avides, autodestructeurs, égoïstes » […] « la Nature les a rendus malades et s’est débarrassé du plus grand nombre » […] « Alors Dame Nature a mis le feu à la Terre »49. À travers ce récit, Richard fait transparaître cette éthique caractéristique de la nature où cette dernière possède une valeur intrinsèque. Yellowstone joue un autre rôle à la fin de la saison deux, lorsque Gus cette fois retourne mettre à l’abri ses frères et sœurs hybrides : « Yellowstone : cela deviendra notre maison et on sera en sécurité, tous ensemble »50. Ainsi Gus et ses frères et sœurs prennent le chemin préconisé par l’éco-féministe Vandana Shiva, à savoir de s’attacher à un bout de Terre et le défendre51.

Dans ce refuge52, Richard Fox bricole, invente, fait preuve de créativité. Alors qu’il ré-utilise de vieux pneus de tracteurs trouvés sur place pour amener l’eau de la source via un moulin de fortune, il confectionne un berceau avec des matériaux récupérés : des vieux tissus, des tricots, un socle de bois et encore un vieux pneu.

Au cours de ce premier épisode, défilent devant nous les neuf premières années où Richard Fox prend soin de Gus. Ainsi voit-on comment il cuisine et jardine. La succession des scènes qui montrent des ellipses temporelles importantes jusqu’aux neuf ans de Gus, met en évidence un Richard Fox affairé, sûr de ces gestes. Il prépare des mets raffinés qu’il propose à Gus et notamment des gâteaux mais aussi des légumes, des fruits, des céréales.

À peine arrivé, une des premières tâches à laquelle il s’attelle est de concevoir un potager. Les outils de Richard Fox sont ceux de la sobriété technique : râteau, pelle, bêche, brouette en bois rafistolée. Richard Fox n’utilise ni de tracteur, ni tout autre objet mécanisé fonctionnant à l’essence, l’usage de cette dernière étant limité aux Derniers Hommes. Il récupère, il répare, il transforme. Sa manière de produire de la nourriture est douce, dans le respect de la terre. Ainsi le personnage fait-il encore appel à son sens de la débrouille pour produire des légumes et des fruits spécifiquement adaptés à Gus. En parallèle, il domestique des oies, qu’il soigne avec respect, pour récupérer des œufs et faire des omelettes, des crêpes et des gâteaux d’anniversaire. Richard Fox, qui se décrit lui-même comme un homme ayant « ce don pour réparer les choses » et « la dent sucrée »53 s’efforce de cuisiner pour son fils et ainsi de marquer son affection. Deux scènes nous semblent particulièrement intéressantes pour illustrer ce propos. La première est celle où Richard et Gus vont récolter la sève d’un cèdre pour fabriquer sur place le sirop tant apprécié du jeune hybride54. Alors qu’ils sont tous les deux à côté du tronc d’arbre, Richard Fox pratique une entaille afin que la sève coule tout en expliquant à son fils chacun de ses gestes. Puis, munis d’un petit flacon en verre, tous deux procèdent à la récolte. Avec un plan en contre-plongée, on les voit s’atteler à transformer cette sève en sirop avec un poêle de fortune et une énorme marmite qui semble être en fonte. Cette scène donne le ton car, ici, Richard Fox confectionne une forme de nourriture particulièrement appréciée par Gus, nourriture qui tient compte de son appétit, de ses goûts et qui le calme dans les moments de stress. Là aussi les techniques utilisées sont « vintage », elles nécessitent un savoir-faire humain, elles ne sont ni mécanisées, ni destructrices. Richard Fox prend soin grâce à la technique.

La deuxième se situe dans ce même épisode55, où un gros plan est réalisé en plongée sur un gâteau d’anniversaire – qui semble être un crumble – et un plat contenant des fruits (pommes, abricots), des légumes (salades, choux) et des céréales -, visiblement cultivés dans le jardin potager attenant à la maison. Cette scène se poursuit d’ailleurs dans ce dit-jardin potager très luxuriant et vert56 où Richard Fox se bat contre des corneilles et crée un épouvantail pour protéger son bien. Cette forme de nature dite « ordinaire »57 s’insère dans celle plus grandiloquente représentée par les plaines et les forêts de Yellowstone.

Cette atmosphère de bien-être et d’opulence alimentaire va être contrebalancée à la fin de l’épisode un de la saison une, au moment Richard Fox va mourir. Lors de son agonie, ce dernier, demande à son fils de lui préparer son petit-déjeuner58, alors qu’au cours des neuf années passées ensemble, il s’en était inlassablement chargé. Mais Gus semble démuni. Toute forme de soin s’écroule ici et Gus livré à lui-même ne peut plus se mettre sous la responsabilité de son père. À la mort de son père, on voit Gus se battre sans succès contre les corneilles, laisser pourrir les petits pois sur place, ne pas réussir à récolter la sève pour confectionner son sirop et ne pas parvenir non plus à maintenir la maison en ordre.

Aimee et Wendy : se nourrir en cuisinant et jardinant dans un lieu confiné

Figure 3 : Les relations de soin entre Aimee Eden et Wendy

Figure 3 : Les relations de soin entre Aimee Eden et Wendy

Crédits : M. Chouteau

Aimee Eden est une ancienne psychologue. Dans l’épisode deux de la saison une, on peut visualiser en accéléré sa vie avant le grand effondrement et surtout sa difficulté frappante à entrer en relation avec ses congénères humains. Ceci n’est pas un détail puisque c’est ce qui va à la fois la sauver – elle reste confinée dans son ex-cabinet de psychologue le temps de l’effondrement – et lui permettre de voir dans les hybrides, l’avenir du monde. Elle partage des traits de caractère avec Richard Fox. Tout comme lui, elle est débrouillarde, sait réparer, sait faire à manger, sait jardiner pour obtenir de quoi se nourrir ainsi que Wendy. Elle se comporte avec bienveillance et amour envers l’altérité, sauf avec les Derniers Hommes. Elle pourrait revêtir les caractéristiques d’une héroïne « écoféministe »59 dans le sens où elle lutte contre toute forme de domination. Elle est capable toute à la fois de réparer son camion, de prendre soin de la Terre, des animaux et de sa fille Wendy, de se battre contre les Derniers Hommes et notamment contre le général Abbot, « un connard avec un tank »60, tel qu’elle le qualifie. Tout comme Richard Fox, elle voit la survie dans l’isolement. Ce personnage veut croire à d’autres conceptions du monde que celles fondées sur la domination, la Modernité et la destruction. Aimee déplace le « curseur » de la moralité. En effet, peu lui importe de savoir si ses actes sont moraux ou vont entraîner la fin de l’humanité telle qu’elle est, ce qui compte pour elle est d’assumer sa responsabilité envers ceux et celles qu’elle estime être vulnérables. Elle fait en sorte de tenir la promesse qu’elle a faite à Wendy, qui est de prendre soin d’elle et de ses frères et sœurs hybrides. Pour cela, elle n’examine pas ses actes à l’aune de ce qui pourrait être juste ou pas.

Le détournement opéré par Aimee Eden lorsqu’elle investit le zoo de la ville et le transforme en refuge pour enfants hybrides est un élément important de cette série. Le zoo est porteur de nombreux imaginaires, c’est « un lieu hautement symbolique dans la confrontation de l’homme et de l’animal »61. Alors que le parc Yellowstone symbolise l’immensité d’une nature sauvage, le zoo au contraire renvoie à celui du lieu clos, de l’enfermement, de la domination de l’humain sur la faune et la flore : « le zoo est un moyen réel, mais surtout symbolique, de s’approprier la nature, voire de la domestiquer, c’est-à-dire de l’introduire dans la domus, dans l’espace humain »62. Si d’un côté, l’importance des zoos dans la conservation et la préservation des espèces non-humaines en voie de disparition a été soulignée, ces derniers ont aussi « incarné et facilité l’entreprise occidentale de maîtrise du monde, commencée avec les grandes découvertes »63. Ce sont des animaux enfermés, dominés qui nous sont donnés à voir et c’est précisément ce que Aimee Eden va déconstruire. Le premier acte qu’elle pose en prenant possession du zoo est de libérer le dernier animal enfermé : un aigle royal qui s’envole sous nos yeux64. Cet acte accompli, elle s’attelle à remettre en ordre le lieu en balayant, nettoyant, rangeant et en commençant petit à petit à cultiver fruits et légumes pour se nourrir. C’est au moment où Wendy est déposée devant les grilles et que Aimee Eden décide de l’adopter que cette dernière va définitivement changer la fonction du zoo et le transformer en refuge. D’un lieu d’enfermement et symbole de domination, le zoo se transforme, grâce aux actions d’Aimee Eden, en un lieu de sérénité, de protection, de Care, y évacuant toute idée de domination. Pourtant peut-on vraiment affirmer que grâce à Aimee Eden nous sortons d’une pure vision naturaliste issue de la Modernité avec les autres êtres vivants ? Les rapports de force sont-ils vraiment inversés ou bousculés et envisageons-nous réellement de fonder un futur où humains et non-humains se partagent équitablement le monde ? Rien n’est moins sûr, car ce refuge pensé par Aimee Eden reste un lieu isolé où, même si elle et les enfants hybrides qu’elles recueillent vivent en paix, ils restent également cloisonnés, l’extérieur étant trop dangereux pour tous. Les autres humains, et notamment les Derniers Hommes, n’y voient pas là la possibilité de considérer l’altérité comme constitutive de notre humanité mais au contraire, ils s’attachent même à la détruire65. Ce lieu d’amour, de paix où se redessinent « notre place dans la Nature » et notre rapport aux non-humains66 ne peut être habité par des humains issus de la Modernité67. À travers les différents épisodes de ces deux saisons, le Général Abbot ré-affirme avec force sa vision anthropocentrique du vivant ; les hybrides sont des « choses », des « monstres » voire des objets. Son objectif est de les détruire ainsi que le zoo-refuge conçu par Aimee Eden : « Votre joli zoo est tombé entre mes mains », ce à quoi Aimee Eden répond « (…) à votre place ce n’est pas le genre d’exploit dont j’aimerai qu’on se rappelle »68.

Dans le zoo, Aimee Eden se charge de la vulnérabilité de Wendy, puis de Bobby et des autres hybrides tout à la fois en cultivant de façon raisonnée des fruits et légumes de toute sorte (épinard, oignons, carottes, tomates, salades, herbes aromatiques, orange) et les cuisinant avec amour et précision.

À plusieurs reprises, on peut voir Aimee Eden prendre soin des plantes ou des légumes qu’elle cultive dans des pots en terre. L’opulence semble être là : herbes aromatiques, carottes, salades, choux, etc. Tout semble présent pour prodiguer de quoi se nourrir. Comme Richard Fox, Aimee Eden cultive plantes et fruits en autonomie pour elle et sa fille. Nul besoin de tracteur, de machines et/ou de mécanisation : le jardinage se fait à hauteur de femme avec des outils simples tels que des petits râteaux et pelles, les plantes étant dans des pots de terre ou dans des bacs. Le jardinage est sobre, à petite échelle, pour une nature ordinaire et une production circonstanciée.

En matière de cuisine la relation entre Wendy et Aimee se différencie de celle de Richard et Gus, dans le sens où elles préparent les repas ensemble. À ce propos, une scène est particulièrement significative. Alors que Wendy et Aimee Eden se disputent légèrement à propos de « carottes qui disparaissent »69, cette dernière propose une séance de cuisine à deux (« on va préparer le dîner »)70, pour apaiser le moment. Ainsi que l’écrivent Léo Coutellec et Jean-Philippe Pierron (2017) « (…) dans le geste de cuisine s’engage un prendre soin des relations, parce que la cuisine est un soin, une forme d’attention à l’autre qui engage une forme de réalisation de soi et du monde commun (…) »71.

La scène débute par un plan large sur la cuisine aménagée où sont rangés les ustensiles habituels, voire ordinaires72 (cuillères en bois, fouet manuel, casseroles en fonte, etc.) et où trônent des légumes cultivés (bocaux, pots de terre avec des épinards, des carottes, des herbes aromatiques, etc.). Là aussi les ustensiles de cuisine sont « vintage », rien n’est mécanisé ou électrique. Dans cette ambiance d’opulence et de joie, où le lien se fait à travers l’acte de cuisiner, mère et fille vantent l’une et l’autre leurs caractéristique et talents respectifs. « Regarde mon nez, je pense que je peux mieux sentir que toi »73. Elles mélangent des sauces, goûtent chacune à leur tour, donnent leur avis. Elles salent, poivrent, rajoutent des aromates et ne semblent en aucun cas être dans la pénurie. Cette esthétique renvoie à un monde serein où règne la justice alimentaire.

Puis, elles dégustent ce qu’elles ont préparé auquel se rajoute du pain, du café ou du thé. Ni l’une ni l’autre ne semble souffrir de malnutrition ou de manque. Wendy va même jusqu’à partager (en cachette) son propre repas avec le jeune hybride Bobby qu’elle cache au fond du jardin.

Ces scènes viennent contrebalancer celles où la sollicitude alimentaire a disparu. Par exemple, plus tard, lorsque les hybrides, emprisonnés dans le « chenil » des Derniers Hommes, sont nourris avec des croquettes pour animaux74. Ceci les place directement dans l’animalité : « non, non on ne mange pas de croquettes pour animaux ». On leur retire ainsi la dignité et la considération que Richard et Aimee leur avaient accordées75. « À table les monstres » 76, hurlé par leur gardien, vient ponctuer cette déchéance.

À travers ces scènes se dessine la possibilité d’un autre monde où la nourriture serait plus saine et plus locale et où les techniques seraient low-tech et respectueuses. Ces représentations renvoient irrémédiablement à d’autres modèles, d’autres façons d’habiter la Terre pour passer du global mondialisé et industrialisé au local77.

Conclusion & perspectives

La série Sweet Tooth offre un bon matériau d’analyse pour mieux comprendre nos espoirs, nos peurs ou tout simplement notre positionnement par rapport au vivant. Elle propose d’autres visions du monde qui valorisent une esthétique d’une nature ordinaire et des relations apaisées avec les autres êtres vivants, à savoir ici les hybrides. En cela, elles participent à construire des éléments d’une « culture du vivant » notamment dans les relations de Care qu’elles dessinent entre les personnages sus-cités. Cette série propose-t-elle pour autant un véritablement changement de perspective où l’anthropocentrisme issu de la Modernité ne serait plus visible ou tout au moins questionné ? En réalité, pas véritablement. En effet, les « méchants » restent méchants, ne se questionnent pas (à part peut-être Johnny le frère du général Abbot) et ne veulent pas perdre leur place dans la hiérarchie des espèces qu’ils ont eux-mêmes établie. En cela les représentations restent stéréotypées.

Si des gestes de cuisine et ou de production de la nourriture nous sont montrés par nos deux personnages principaux, il reste quelques angles morts sur la façon de produire cette nourriture de façon plus globale pour une population entière. Par exemple, nul champ cultivé n’est montré, ni d’agriculteurs ou éleveurs. Nulle proposition pour élargir une production raisonnée à quelques milliards d’êtres vivants n’est avancée. Les hybrides sont herbivores dans la plupart des cas et ne doivent donc pas manger leurs congénères. La question de l’élevage intensif ou raisonné est évacuée. Dans les rares cas où les hybrides ne sont pas herbivores, comme les deux reptiles Peter ou Roy, ils sont disséqués sans autre ménagement par le Docteur Adi. Acte qui ne provoque aucune réflexion sur la maltraitance animale ou la vivisection.

Toutefois, un espoir demeure dans l’évolution du personnage de Tommy Jepperd, qui réalise au fil des saisons un véritable changement axiologique et entre peu à peu dans le soin. Alors qu’au début, il est hostile et pourrait être l’allégorie de l’homme moderne, il prend progressivement Gus sous son aile, le comprend, et finit par l’aimer pour ce qu’il est sans lui demander de changer. On pourrait voir dans cette évolution ce que Carol Gilligan appelle de ses vœux. C’est-à-dire le glissement d’une « voix différente » à une « voix humaine » où les éthiques du Care seraient généralisées à toute l’humanité car possédant tous des « neurones miroir »78, nous sommes tous capables d’empathie, quel que soit notre genre.

On souhaiterait que la série aille plus loin dans la réflexion, qu’elle soit moins manichéenne dans la façon de traiter « les méchants » et les « gentils », et qu’elle dessine des alternatives de futurs plus réjouissantes ou plus abouties. Mais nous sommes face à un objet médiatique de divertissement : si cette série peut porter un embryon de réflexion philosophique, elle doit aussi répondre aux contraintes de son marché. Toutefois, elle semble mettre à disposition un « bon » matériau pour amorcer une réflexion éthique relative à notre rapport à l’altérité, « pour élargir ou compléter des réflexions déjà plus ou moins engagées voire pour en amorcer de nouvelles »79, elle semble remplir sa fonction « préparatoire à l’éthique »80 et plus spécifiquement aux éthiques du Care en amenant peu à peu les esprits à envisager d’autres voies pour habiter le monde et le prendre en considération81.

Bibliographie

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Notes

1 Voir par exemple : Marianne Chouteau, Céline Nguyen, « Comment la fiction permet d’accéder à l’éthique et au politique ? Le cas des séries télé en école d’ingénieurs », Technologie et innovation. Fictions audiovisuelles et imaginaire technologique 8 (2023), 10.21494/ISTE.OP.2023.0951 ; Marianne Chouteau, Céline Nguyen, « Mobiliser la fiction pour penser la technique : le cas des séries », Cahiers internationaux de symbolisme 152-153-154 (2019) : 51-66. https://web.umons.ac.be/app/uploads/sites/39/2020/11/2019-152-153-154.pdf. Retour au texte

2 Enseignantes-chercheuses en sciences humaines et sociales dans une école d’ingénieur·e·s, nous pensons qu’il est primordial de dispenser une formation critique sur la technique à ces futurs professionnel·le·s. Retour au texte

3 Baptiste Morizot, « Nouer culture des luttes et culture du vivant », Renouer avec le vivant. Socialter HS 9 (décembre 2020-février 2021) : 82-91. Baptiste Morizot milite pour une « culture du vivant » qu’il n’a pas précisément définie, si ce n’est dans l’article cité et en lui accordant une fonction de « réconciliation de l’homme avec son milieu pour lutter contre la crise de la sensibilité ». Sur ce point, il est rejoint par Marc-André Sélosse qui quant à lui appelle de ses vœux à la création d’une « culture des sciences du vivant » (Marc-André Sélosse, « Quelle culture en sciences du vivant pour les citoyens de demain ? », AOC, 3 septembre 2024, https://aoc.media/opinion/2024/09/02/quelle-culture-en-sciences-du-vivant-pour-les-citoyens-de-demain/.). Retour au texte

4 Pierre Charbonnier, Culture écologique. (Presses de Sciences-Po., 2022). Retour au texte

5 Sandra Laugier, Pascale Molinier, « Qu’est-ce qu’une série féministe ? », Cahiers du Genre 2, n° 75 (2023) : 5-30, https://doi.org/10.3917/cdge.075.0005. Retour au texte

6 Par commodité d’écriture, nous utiliserons le terme anglais Care qui désigner ces éthiques. Terme qui contient à la fois le fait de soigner (to cure) et celui de prendre soin (to care). L’expression en français équivalent serait « éthique du soin » mais son sens risquerait d’être cantonné à celui de « guérir physiquement » ou comme le soulignent Sandra Laugier et Patricia Paperman à une espèce de « sentimentalisme affairé » (p. XII) (Sandra Laugier, Patricia Paperman, « Présentation. La voix différente et les éthiques du Care », in Une voix différente. La morale a-t-elle un sexe ?, éd. par C. Gilligan (dir.) (Flammarion, 2019 [1re édition 1982]), IX-LII. Retour au texte

7 Nous parlons des éthiques du Care au pluriel car ces dernières s’incarnent de différentes manières. Retour au texte

8 Carol Gilligan, Une voix différente. La morale a-t-elle un sexe ? (Flammarion, 2019 [1re édition 1982]). Retour au texte

9 Carol Gilligan, Une voix différente, 9. Retour au texte

10 Fabienne Brugère, « Le thème du care / la voix des femmes », in L’éthique du care, éd. par F. Brugère (dir), (Presses Universitaires de France, 2011), 7-46. Retour au texte

11 Xavier Guchet, Du soin dans la technique. Questions philosophiques (ISTE Éditions, 2022). Retour au texte

12 Maria Grace Salamanca Gonzalez, Esthétique sur Care pour l’Anthropocène (École urbaine de Lyon-Éditions 205, 2023), 99. L’autrice de cet ouvrage signale qu’elle préfère le terme Cuidado à celui de Care car ce dernier reste signe de la domination coloniale notamment des pays anglo-saxons sur les pays du Sud. Retour au texte

13 Sandra Laugier, Patricia Paperman, « Présentation. La voix différente et les éthiques du Care », XI. Retour au texte

14 Fabienne Brugère, « Cinq questions à Fabienne Brugère », in Une voix différente. La morale a-t-elle un sexe ?, éd. par C. Gilligan (dir.) (Flammarion, 2019 [1re édition 1982]), IV. Retour au texte

15 Joan C. Tronto, Un monde vulnérable. Pour une politique du care (La Découverte, 2009), 245. Retour au texte

16 Emmanuel Petit, « Éthique du care et comportement pro-environnemental », Revue d’économie politique 2, n° 124 (2014) : 243-267, https://doi.org/10.3917/redp.242.0243. Retour au texte

17 Joan C. Tronto, Un monde vulnérable. Retour au texte

18 Dominique Paturel, Magali Ramel, « Éthique du care et démocratie alimentaire : les enjeux du droit à une alimentation durable », Revue française d’éthique appliquée 2, n° 4 (2017) : 53, https://doi.org/10.3917/rfeap.004.0049. Retour au texte

19 Léo Coutellec, Jean-Philippe Pierron, « Penser une éthique alimentaire. Dossier thématique. Se nourrir : Un enjeu éthique », Revue française d’éthique appliquée 2, n° 4 (2017) : 19-24, https://doi.org/10.3917/rfeap.004.0019. Retour au texte

20 Hervé Glevarec, Thibaut De Saint Maurice, « Élargir la vie : les séries contemporaines », Le Débat 2, n° 194 (2017) : 181-191, https://doi.org/10.3917/deba.194.0181. Retour au texte

21 Sandra Laugier, En confinement : du care en séries (AOC, 2021). Retour au texte

22 Comme nous l’avons précédemment précisé, nous n’analyserons ici que les deux premières saisons. Retour au texte

23 La série est issue d’une série éponyme de comics créée par Jeff Lemire et diffusée via la revue canadienne Vertigo entre 2009 et 2013. Retour au texte

24 Il est assez complexe de classer totalement cette série dans le genre « fiction spéculative » car elle ne fait pas qu’accentuer des traits significatifs du présent en les exagérant, elle en invente d’autres qui peuvent paraître improbables, comme la naissance d’enfants hybrides. Retour au texte

25 De même, il est assez complexe de classer cette série dans le genre « science-fiction (SF) », dans le sens où peu voire pas d’objets techniques complexes sont mis en scène. Retour au texte

26 La « collapsologie » est un mouvement qui a vu le jour en France sous la plume de Pablo Servigne et Raphaël Stevens en 2015 et qui se veut être l’étude des catastrophes à venir. Retour au texte

27 Anaïs Boulard, « Récits et images de l’après : représenter la catastrophe naturelle dans l’anthropocène », in Imaginaires post apocalyptiques – Comment penser l’après, éd. par Chr. Nikou (dir.) (UGA Éditions, 2021), 29. 10.4000/books.ugaeditions.25193. Retour au texte

28 Boulard, « Récits et images de l’après », 39. Retour au texte

29 Marianne Chouteau, Céline Nguyen « Comment la fiction… ». Retour au texte

30 Sarah Sépulchre, « Le personnage de série », in Décoder les séries télévisées, éd. par S. Sépulchre (De Boeck, 2011 [2017 2e édition]), 107-150. Retour au texte

31 À cet égard, et pour ne donner qu’un exemple, Sandra Laugier et Pascale Molinier expliquent comment certaines séries à travers les personnages qu’elles mettent en scène deviennent des séries féministes, porteuses d’un message de nature « éducative et transformatrice ». Sandra Laugier, Pascale Molinier, « Qu’est-ce qu’une série féministe ? », 6. Retour au texte

32 François Jost, De quoi les séries américaines sont-elles le symptôme ? (CNRS Éditions, 2011), 20, https://doi.org/10.3917/cnrs.jost.2011.01. Retour au texte

33 Sandra Laugier, Patricia Paperman « Présentation. La voix différente et les éthiques du Care ». Retour au texte

34 Carol Gilligan, Une voix humaine. L’éthique du care revisitée (Climats, 2023), 68. Retour au texte

35 Carol Gilligan, Une voix humaine. Retour au texte

36 Épisode cinq de la saison une (18 m 45). Retour au texte

37 Épisode deux de la saison une (Tommy Jepperd/Big Man à Gus) (24 m). Retour au texte

38 Le choix scénaristique de faire mourir Aimee Eden à la fin de la saison deux est assez surprenant et ce d’autant plus que dans la saison trois, les scénaristes introduisent un autre personnage féminin aux caractéristiques quasi similaires à ceux d’Aimee Eden et qui entretient avec sa fille hybride-louve des relations tout à fait comparables à celles qu’elle entretenait avec Wendy. On peut supposer que cette mort permet à Wendy de s’autonomiser et de devenir l’égale de Gus. Retour au texte

39 Nos deux personnages principaux étant décédés à la fin de la saison deux et n’apparaissant plus ni en rêve ni dans la réalité, nous n’avons pas analysé la saison trois, même si nous l’avons totalement visionnée. Retour au texte

40 Cormac McCarthy, La route. Éditions de l’Olivier, 2008. Retour au texte

41 Épisode trois de la saison une. Retour au texte

42 Épisode quatre de la saison deux. Retour au texte

43 Corine Pelluchon, Robin Michalon, « Manger : un acte éthique et politique » (entretien avec Corine Pelluchon par Robin Michalon), Revue française d’éthique appliquée 2, n° 4 (2017) : 76-90, https://doi.org/10.3917/rfeap.004.0076. Retour au texte

44 Épisode sept de la saison une (5 m 23). Retour au texte

45 La série Sweet Tooth offre des images renouvelées des espaces naturels, qui sont dans certains épisodes mis à l’honneur. Travellings en contre plongée sur Yellowstone, immersion dans la forêt ou dans une plaine fleurie, quelques images sur des animaux sauvages de nouveau libres – ceux échappés du zoo ou les bisons dans les vallées luxuriantes de Yellowstone, intérieurs envahis de plantes vertes – sont autant d’éléments qui nous indiquent comment la série tente de ré-enchanter les imaginaires liés à la nature. Ces mises en scène appuient la vision romantique d’une nature protectrice, grandiloquente qui échappe à la main humaine et qui retrouve son caractère endémique. À cette nature grandiloquente s’oppose une nature plus ordinaire, à notre portée mais qui envahit nos espaces, comme les parois des immeubles, l’intérieur des appartements, etc. Retour au texte

46 Le parc Yellowstone est le symbole de l’environnementalisme de la préservation, particulièrement développé aux Etats-Unis au 19e siècle, qui confère une valeur intrinsèque à la nature en général et en particulier aux paysages, aux animaux, aux fleuves. Donner une valeur intrinsèque à la nature, c’est vouloir la protéger mais c’est aussi entériner le fait que les humains ne puissent y vivre sans la détruire. « Ainsi ces éthiques de la Wilderness furent construites comme des éthiques non anthropocentriques de la nature séparée des hommes », Rémi Beau, Éthique de la nature ordinaire. Recherches philosophiques dans les champs, les friches et les jardins (Publications de la Sorbonne, 2017), 10.4000/books.psorbonne.105177. Retour au texte

47 Épisode un de la saison une (2 m). Retour au texte

48 Starhawk, Quel monde voulons-nous ?, Cambourakis, 2019. Retour au texte

49 Épisode un de la saison une (12 m 25). Retour au texte

50 Épisode trois de la saison deux (2 m 17). Retour au texte

51 Shiva Vandana, Mémoires terrestres. Une vie de lutte pour l’écologie et le féminisme. Wildproject, 2023. Retour au texte

52 Épisode un de la saison une (début de l’épisode, on peut voir la cabane qu’il va transformer). Retour au texte

53 Épisode sept de la saison une (16 m 38). Retour au texte

54 Épisode un, saison une (8 m 50). Retour au texte

55 Épisode un, saison une (9 m 40). Retour au texte

56 Épisode un, saison une (15 m 47). Retour au texte

57 Beau, Éthique de la nature ordinaire. Retour au texte

58 Épisode un, saison une (30 m). Retour au texte

59 L’écoféminisme est un courant de philosophie éthique qui considère qu’il y a un lien entre les systèmes de domination des femmes et ceux de la nature. Ce mouvement est porté par de nombreuses penseuses telles que Vandana Shiva, Françoise d’Eaubonne, Starhawk, Catherine Larrère ou Myriam Bahaffou. Les éthiques du care et écoféministes sont souvent rapprochées l’une de l’autre dans le sens où elles placent la considération de l’altérité au cœur de leurs réflexions. Être une héroïne « écoféministe » pourrait signifier que le personnage estime que la domination masculine est responsable de la destruction de la planète et de l’asservissement du genre féminin. Aimee Eden possède ce genre de caractéristiques. Retour au texte

60 Épisode huit de la saison une (8 m 40). Retour au texte

61 Eric Baratay, « Un instrument symbolique de la domestication : le jardin zoologique aux xixe-xxe siècles (l’exemple du parc de la Tête d’Or à Lyon) », Cahiers d’histoire 42 (1997) : 677-706, https://doi.org/10.4000/ch.314. Retour au texte

62 Baratay, « Un instrument symbolique de la domestication », 682. Retour au texte

63 Baratay, « Un instrument symbolique de la domestication », 682. Retour au texte

64 Épisode trois, saison une. Retour au texte

65 Épisode huit, saison une. Retour au texte

66 À noter tout de même que les hybrides sont à moitié humains mais représentent pour le général Abbot la déchéance de l’espèce. Retour au texte

67 Lorsqu’ils l’investissent, ils lui confèrent une autre mission puisqu’ils en font le QG de leur armée. Retour au texte

68 Épisode six de la saison deux (5 m 40). Retour au texte

69 Wendy partage son repas en cachette avec un autre hybride, Bobby, qu’elle n’a pas encore présenté à sa mère. Retour au texte

70 Épisode cinq de la saison une (26 m 31). Retour au texte

71 Léo Coutellec, Jean-Philippe Pierron, « Penser une éthique alimentaire ». Retour au texte

72 Sandra Laugier, « Séries télévisées et esthétique de l’ordinaire », Revue internationale de philosophie 3, n° 301 (2022) : 9-26, https://doi.org/10.3917/rip.301.0009. Retour au texte

73 Épisode quatre, saison une (26 m 54). Retour au texte

74 Épisode un, saison deux. Retour au texte

75 Corinne Pelluchon, Éthique de la considération (Le Seuil, 2018). Retour au texte

76 Épisode un saison deux (8 m 08). Retour au texte

77 Murray Bookchin, Pouvoir de détruire. Pouvoir de créer. Vers une écologie sociale et libertaire (L’échappée, 2019). Retour au texte

78 Carol Gilligan, Une voix humaine. Retour au texte

79 Yannick Rumpala, « Sur les ressources de la science-fiction pour apprendre à habiter l’Anthropocène et construire une éthique du futur », in Penser l’Anthropocène, éd. par C. Larrère et R. Beau (Presses de Sciences Po, 2018), 157-172, https://doi.org/10.3917/scpo.beaur.2018.01.0157. Retour au texte

80 Marianne Chouteau, Céline Nguyen, « Mobiliser la fiction ». Retour au texte

81 Corine Pelluchon, Éthique. Retour au texte

Illustrations

Citer cet article

Référence électronique

Marianne Chouteau, « Se nourrir et prendre soin dans un monde post-effondrement », Soin, Sens et Santé [En ligne], 2 | 2025, publié le 15 octobre 2025 et consulté le 14 janvier 2026. Droits d'auteur : Le texte seul, hors citations, est utilisable sous Licence CC BY 4.0. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont susceptibles d’être soumis à des autorisations d’usage spécifiques.. DOI : 10.58335/revue3s.219. URL : https://preo.ube.fr/revue3s/index.php?id=219

Auteur

Marianne Chouteau

Maîtresse de conférences, S2HEP, Université Claude Bernard Lyon 1, INSA Lyon (France)

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