Fantômette, un apprentissage de la sororité

  • Fantômette, a learning about sisterhood

DOI : 10.58335/sel.746

Résumés

Dans la série Fantômette, la sororité fictionnelle prend la forme d’une joyeuse sociabilité, d’une solidarité face à l’école et au danger, ainsi que d’une fantaisie émancipatrice partagée. La fiction offre aux lectrices des figures amicales dans lesquelles se projeter de façon plurielle. Le jeu avec l’identité de Fantômette ainsi que sa mise en abyme dans la fiction viennent enrichir et complexifier la lecture, en favorisant tout à la fois une immersion ludique dans l’espace sororal de la fiction et la construction d’une conscience critique des jeunes filles en tant que lectrices.

In the Fantômette series, fictional sisterhood takes the form of joyful sociability, solidarity at school and in dangerous situations, and a shared emancipatory fantasy. The fiction offers readers friendly figures into whom they can project themselves in a plural way. The game with Fantômette’s identity and her mise en abyme in the fiction enrich and complicate the reading, promoting both a playful immersion in the sisterly space of the fiction and the construction of a critical consciousness of young girls as readers.

Plan

Texte

La série Fantômette a marqué plusieurs générations de jeunes lecteurs. Georges Chaulet a publié 49 aventures de son héroïne entre 1961 et 1987, 53 en comptant 4 récits supplémentaires écrits plus tardivement de 2006 à 2011. Autre signe de succès et de longévité, les Fantômette cumulent 10 éditions successives chez Hachette – la dernière en avril 2025 – et de nombreuses traductions. De 1961 à 2000, c’est près de 17 millions d’ouvrages qui sont vendus dans le monde1. La popularité de la série dans le monde juvénile se mesure aussi à son adaptation en bande dessinée, en série télévisée, en dessin animé et à son influence sur d’autres héroïnes pour la jeunesse2.

Fantômette est souvent considérée comme une figure d’émancipation féminine. Dotée d’une étonnante liberté d’action, « affranchie de toute contrainte familiale ou matérielle3 », débarrassée de l’obligation de tomber amoureuse, cette jeune justicière contraste avec les « héroïnes conventionnelles ou romantiques, proposées en modèles aux lectrices de sept à douze ans4 ». Attachée au respect du droit, elle n’en transgresse pas moins plusieurs valeurs constitutives de la société patriarcale. Christine Leroy la montre ainsi « libérée du joug des interdits5 », à commencer par celui du corps, capable de saper toute autorité masculine, que celle-ci émane des malfrats ou de policiers incapables de rivaliser avec son intelligence et son audace.

Dans les témoignages rétrospectifs portant sur la série, on insiste sur cette héroïne intrépide et attachante ; on parle moins de ses amies, Ficelle et Boulotte, dont le portrait stéréotypé est l’un des ressorts comiques du récit, l’une accumulant les bévues, l’autre ne pensant qu’à manger. Servent-elles toutefois uniquement de faire-valoir à Françoise alias Fantômette ? Dans son analyse, Christine Leroy évoque si brièvement ces « deux amies fidèles » qu’elle ne les nomme même pas ; tout au plus apprend-on qu’elles sont « un peu bêtes6 ». Et si, pourtant, ce cercle amical exclusivement féminin avait concouru lui aussi au succès de la justicière masquée, notamment chez les jeunes lectrices ? Il nous paraît important de réfléchir à la place qu’occupe ce trio dans l’économie de l’œuvre et dans sa popularité. Fidèles camarades d’école de Françoise, Ficelle et Boulotte participent aussi très activement à la plupart des enquêtes de Fantômette, partageant avec celle-ci l’exercice d’une grande liberté. Ne peuvent-elles constituer, elles aussi, à leur manière, des figures d’émancipation ?

On s’interrogera sur les contours et les enjeux de l’amitié féminine à toute épreuve entre Fantômette et ses amies, en termes de tension narrative, mais aussi en termes de miroir pluriel tendu aux jeunes lecteurs, a fortiori aux jeunes lectrices de la deuxième moitié du xxsiècle. En mobilisant le concept de sororité, nous envisagerons la série des Fantômette comme espace de constitution possible d’une solidarité féminine émancipatrice entre les personnages des trois jeunes filles, mais aussi avec leur public. Notre analyse portera sur les treize premiers volumes de la série7 afin d’examiner la façon dont se construit l’univers de Fantômette et ses amies jusqu’à ce que Œil de Lynx devienne lui aussi un compagnon récurrent de la jeune justicière dans Fantômette et le brigand (1968)8.

Microsociété et sociabilité féminines

Un univers de filles

Ficelle et Boulotte sont présentes dès le début de la série. Dans un contexte où la mixité n’est pas encore la norme, Françoise/Fantômette est en effet essentiellement entourée de filles, que ce soit à Framboisy ou en vacances. Dans le premier roman, Ficelle, Boulotte et Françoise ont pour amie Isabelle Potasse, mais celle-ci ne revient pas dans les récits suivants. C’est le trio qui s’impose rapidement comme clé de voûte de l’univers fictionnel, d’autres filles entrant de façon plus épisodique dans leur cercle. Peu de garçons dans leur entourage direct : la rencontre avec Jean et Jacques, neveux du directeur des galeries Farfouillette, n’est guère concluante : Jacques est si peu aimable que Ficelle « regrette de ne pas être un garçon », car elle « l’aplatirai[t] jusqu’à ce qu’il ressemble à un tapis-brosse9 ! » ; Jean, bien plus sympathique, s’avère être le cambrioleur qui a usurpé l’identité de Fantômette. Seuls trois récits ne font pas apparaître Ficelle et Boulotte, tous écrits dans la première décennie de publication, comme si Georges Chaulet avait malgré tout hésité un temps sur la formule à adopter10. Mais dans Fantômette contre le brigand, lorsque Œil de Lynx propose à Fantômette d’enquêter avec lui sur le nouveau Mandrin, la jeune fille demande immédiatement si ses amies peuvent l’accompagner en Savoie.

Une joyeuse sociabilité féminine

Dans cet univers féminin, quelques désaccords ou de menues moqueries, mais pas de véritable querelle : les récits donnent à voir une sociabilité féminine sous le signe de la bonne humeur et des loisirs partagés. Ces demoiselles se retrouvent pour bavarder, peindre, regarder la télé, lire, coudre, dessiner, manger, cuisiner, écouter de la musique – le fameux Moi j’aime les pom-pom-pommes de terre frites11. Sans compter les sorties à l’extérieur : Françoise, Ficelle et Boulotte vont au cinéma, au carnaval, elles se baignent et font du bateau, elles pique-niquent, font du ski, bricolent pour aider les parents de Colette, etc.

Le narrateur évoque parfois la division sexuée de certaines activités enfantines : les jeux de rue d’autrefois12 ou bien les jouets dans les vitrines du Grand-Poucet13. Néanmoins, les héroïnes ne sont nullement cantonnées à des activités présentées comme typiquement féminines. Certes « l’instinct féminin » de Ficelle est évoqué quand il est question de sa passion pour « tout ce qui pouvait ressembler à un chiffon14 », et elle refuse de jouer au tir à l’arc avec Françoise, prétextant que « ce n’est pas un jeu pour les filles15 », mais elle enfile sa tenue de sport pour rejoindre Jacques et Jean au stade. Le narrateur parle de façon un peu condescendante du « plaisir immense que ressentent toutes les filles du monde lorsqu’elles tripotent un bout de tissu16 », mais les trois amies sont alors en train de confectionner une voile pour partir à l’aventure sur leur bateau pirate, la Terreur des Océans. À la foire, Ficelle tombe en admiration devant une série de poupées, « bien habillées, joliment coiffées, souriantes17 », mais au milieu des marquises et autres ballerines ou danseuses andalouses, on trouve aussi des « voyageuses de l’espace en scaphandre18 » et… une poupée à l’effigie de Fantômette ! Mlle Angélica en offre d’ailleurs une à son petit neveu Jacky. Bref, le genre est rappelé comme un élément constitutif de l’identité des personnages principaux mais il ne les enferme pas dans une assignation figée.

Une liberté partagée

Dans la « microsociété19 » de Framboisy, Fantômette n’est pas seule à jouir d’une totale indépendance. Françoise, Ficelle et Boulotte sont soumises à l’autorité de Mlle Bigoudi, mais c’est la seule contrainte qui pèse sur elles. Entre enfance et âge adulte, sans être non plus des adolescentes20, ces étonnantes demoiselles mènent leur existence comme elles l’entendent. Ficelle et Boulotte restent clandestinement dans les galeries Farfouillette après la fermeture (Fantômette contre Fantômette), ou bien se cachent dans le bois pour surprendre le géant qui menace le Clos (Fantômette contre le géant). La liberté féminine se vit comme un bien commun, mais dans cet espace du « fantômettisme21 » où tout est possible, chacune est également libre d’exprimer sa singularité selon la passion qui la guide. Le narrateur déclare : « Chacun a le droit de prendre son plaisir à sa guise : Boulotte dans les confiseries ; Ficelle dans les aventures imaginaires22. »

La solidarité féminine

Se soutenir à l’école

Si Françoise est une excellente élève, il en va autrement de ses amies. Le premier chapitre des Exploits de Fantômette est fondateur dans la constitution d’un des topoï comiques de la série. Ficelle et Boulotte s’y font punir par Mlle Bigoudi, la première pour son incapacité à restituer la leçon d’histoire, la seconde pour avoir apporté en classe des grains de genièvre destinés à sa choucroute. Ce schéma est récurrent quand l’intrigue se déroule à Framboisy, le comique de répétition se doublant d’une variation plaisante sur le stéréotype : variation des disciplines professées par Mlle Bigoudi, variation des formes de résistance de Ficelle et Boulotte au savoir que l’institutrice veut leur inculquer.

L’école est en effet l’un des lieux où s’exerce la solidarité féminine. Pas de révolte frontale mais des formes inventives de désobéissance clandestine. Il peut s’agir d’entraide, par exemple quand Françoise fait le guet pendant que ses amies récupèrent des objets confisqués23, ou quand Boulotte souffle une fable à Ficelle24. Surtout, la classe devient le théâtre d’une communication de contrebande, où les « conspiratrices25 », échangent messages codés ou télégrammes, au nez et à la barbe de leur institutrice. On voit aussi les filles partager des lectures qui n’ont rien de scolaire, par exemple des articles de presse. Sur fond de critique de l’école, dont le narrateur n’est pas en reste26, s’élabore ainsi un rapport alternatif au savoir, l’actualité journalistique venant concurrencer les leçons. Il est à noter que Françoise, élève modèle, participe elle aussi très volontiers aux conciliabules, immédiatement aguerrie à déchiffrer les messages secrets. Dans Fantômette contre le hibou, lorsque Ficelle lui propose de créer un club de détectives, elle accepte sans hésiter.

Agir et réfléchir ensemble face au danger

La résolution des énigmes est à la fois l’un des moteurs de l’intrigue et ce qui soude le groupe de filles, unies face au danger mais également dans leur attrait commun pour l’aventure. Fantômette sauve à plusieurs reprises in extremis ses amies, par exemple de la noyade (Opération Fantômette, 1966). L’inverse ne se vérifie pas, mais il serait inexact d’en conclure que le club de détectives en herbe sert uniquement de faire valoir aux exploits du personnage éponyme. Françoise/Fantômette tire, elle aussi, grand plaisir des enquêtes collectives : dans Fantômette et l’île de la sorcière, elle met en garde Ficelle contre les dangers de la navigation vers l’île, mais se prend finalement au jeu de l’exploration, nouvelle Robinsonne à son tour. Le comique de la série repose en grande partie sur le contraste entre l’imperturbable assurance de Ficelle et son piètre talent d’herméneute, mais ses prédictions se révèlent parfois justes : l’île de la sorcière contient bien un trésor (des bijoux volés) !

Fantômette tire également parti des conversations avec ses amies pour donner forme à ses intuitions. Dans Fantômette contre Fantômette, les trois filles partagent leurs suppositions après leur étrange découverte d’un costume de Fantômette chez Jean et Jacques27. Dans ces discussions, où se manifeste le goût de la délibération collective, ce sont les divergences éventuelles sur le sens à donner à tel ou tel événement mystérieux, qui, paradoxalement, sont révélatrices d’une relation horizontale, indispensable à l’émergence d’une authentique sororité. Françoise est souvent goguenarde vis-à-vis des idées de Ficelle, mais elle n’écrase jamais son amie de son savoir ou de son jugement.

Fantaisie et dérision dans un univers masculin étriqué

Nous avons parlé plus haut de l’absence de conflit entre les amies, leurs éventuels désaccords venant essentiellement nourrir la démarche d’investigation. Cette microsociété féminine n’a toutefois rien de fadement consensuel ni de mièvre, tant les échanges entre filles sont aussi le laboratoire d’une salutaire fantaisie, qui vient subvertir un univers adulte – essentiellement masculin – souvent étriqué et pointé comme tel. Dès le premier volume, l’esprit de dérision de Fantômette se manifeste dans une carte de visite moqueuse laissée aux « deux Gros Vilains28 » qui ont voulu voler les plans de la fusée. Dans Fantômette au carnaval, elle multiplie les railleries directes à l’adresse du Furet et de ses acolytes : « Attention, ne serrez pas trop les ficelles, ça va me gêner pour rire ! […] Et d’abord je vais demander mon inscription à la Société protectrice des Fantômettes29. »

Dans une série qui cultive une « fantaisie joyeuse et débridée30 », cette « effronterie inoxydable31 », a pour pendant, comme le montre Luce Roudier, l’imagination débordante de Ficelle. À l’ennuyeuse routine de policiers ridicules32, aux pesants discours des figures d’autorité de Framboisy (Mlle Bigoudi ou bien le maire33) s’opposent le courage et la légèreté gouailleuse de Fantômette, mais peut-être plus encore les lubies enthousiastes de son amie. Ficelle porte sur le monde un regard à la fois absurde et poétique, un regard « iconoclastique » aurait-on envie de dire en lui empruntant un des néologismes dont elle a le secret, et qu’elle revendique comme tel : « S’il n’existe pas, il faut l’inventer34 ! » Boulotte est plus caricaturale par l’intérêt systématique et quasi exclusif qu’elle porte à la nourriture ; néanmoins, au fil des volumes et des recettes qu’elle lit, copie, teste ou invente, sa gourmandise dessine également un rapport tout sauf ennuyeux au monde. Adepte aussi bien de l’entremets Pompadour à la toulousaine que de l’improbable omelette aux œufs durs35, elle convoque Vatel selon lequel « l’art de la cuisine est le premier de tous36 ».

La sororité au-delà de la fiction

La construction d’une connivence partagée avec les lectrices

Qu’en est-il du rapport instauré entre Fantômette, ses amies et leurs lectrices37 ? Georges Chaulet n’a jamais caché qu’il avait surtout pensé aux filles en inventant une justicière susceptible de les faire rêver38. Pierre Bannier s’appuie sur une dizaine de témoignages d’anciennes lectrices qui confirment la projection de nombre d’entre elles dans le personnage de Fantômette39. Dans une interview fictive, Anne Larue revient sur ses propres souvenirs d’enfance, en faisant dire à Fantômette : « Tu étais si contente quand tu m’as découverte ! […] Je suis la meilleure ! L’élève parfaite ! Mais j’ai une double vie, histoire de montrer à toutes les élèves parfaites, ces filles sages et timides, qu’elles aussi ont droit à une vie secrète, personnelle et audacieuse40. »

Le lien établi avec les lectrices repose également sur le sentiment de familiarité propre à toute série. Dès la première décennie de publication, le romancier construit un univers sériel fondé sur la récurrence du genre policier, sur la reprise des personnages clés et sur la permanence du registre humoristique. Le désir de lire de nouveaux récits s’alimente tout autant aux déclinaisons variées de l’intrigue matricielle qu’au plaisir de retrouver des personnages bien connus. Ce plaisir de reconnaissance se double ici du jeu malicieux instauré autour de la mystérieuse identité de Fantômette dès le premier roman. La quatrième de couverture invite d’emblée les lecteurs à chercher qui est celle-ci :

Qui est Fantômette, cette mystérieuse justicière qui poursuit les malfaiteurs ? On ne sait d’elle qu’une chose : elle agit toujours seule et pendant la nuit. On dit qu’elle cache son visage sous un masque noir et s’enveloppe dans un manteau de soie. Mais nul ne l’a jamais vue.
L’identité de l’étrange aventurière intrigue fort quatre écolières : Boulotte, la grande Ficelle, Françoise et Isabelle. Elles en viennent à se demander si, par hasard, l’énigmatique Fantômette ne serait pas… l’une d’entre elles ! Qui, le jour, ferait ses devoirs et apprendrait ses leçons, et, la nuit, pourchasserait les voleurs. L’une des quatre, peut-être…. Mais laquelle ?

Dans le dernier chapitre, malicieusement intitulé « Qui est Fantômette ? », les filles notent la troublante ressemblance entre Françoise et le dessin de Fantômette réalisé par Isabelle. Il est d’autant plus piquant de voir cette dernière nier l’évidence : « Non, c’est impossible ! […] Tu ne peux pas être Fantômette pour la bonne raison que Fantômette est une fille dix fois plus intelligente que toi41 ! » Ce type de conclusion se répète dans les deux romans suivants, avant de devenir moins systématique. La séduction du procédé repose bien évidemment sur le savoureux décalage de savoir entre la sagacité du lecteur et l’aveuglement des personnages. Ainsi s’ouvre un espace de connivence où les destinataires se sentent accueilli(e)s en terrain connu, dans un cercle d’initié(e)s.

S’identifier à Fantômette ou à ses admiratrices ? La fonction critique de la mise en abyme

À la toute fin de Fantômette contre Fantômette, Ficelle entreprend d’écrire un « ouvrage monumental » : « VIE ET ŒUVRES DE FANTÔMETTE par un témoin de son temps42 ». Cet imposant et amusant projet d’écriture biographique témoigne de la fascination exercée par l’héroïne masquée sur Ficelle, et plus largement sur l’ensemble des personnages féminins : « Le nom de Fantômette produisait toujours un gros effet sur l’esprit des filles. C’est un véritable culte qu’elles vouaient à la jeune justicière dont elles admiraient les exploits sans cesse renouvelés43. » De l’admiration au désir d’identification, il n’y a qu’un pas, rapidement franchi par Ficelle : « je voudrais bien être à la place de Fantômette. ça doit être drôlement amusant de se battre contre des bandits44 ! ». Pour le concours de cotillons du carnaval, Ficelle, Boulotte, Françoise et Annie décident, sans se concerter, de se déguiser en Fantômette ! Au fil des volumes, la fascination pour la justicière est thématisée de façon appuyée : adulée, Fantômette est hissée au statut d’héroïne médiatique dans la presse, à la radio et même dans un film. Les poupées à son effigie renvoient, pour leur part, de façon narquoise, aux produits dérivés dans le monde de la culture juvénile. Le procédé offre un amusant miroir aux lectrices admiratives, mais cette spécularité tire surtout son intérêt de sa fonction critique, tant l’auteur s’amuse à mettre en scène les phénomènes de déformation, en tout cas d’exagération, qui sont à l’œuvre dans les récits médiatiques dont Fantômette est l’objet. Leur logique de sensationnalisme est rendue particulièrement sensible dans les scènes d’écriture d’Œil de Lynx45. Le procédé renvoie tout autant à la fabrique de la presse qu’à la fabrique de la fiction elle-même et aux effets que celle-ci peut exercer sur son public.

Ficelle, un miroir cocasse et émancipateur

Le personnage de Ficelle joue un rôle essentiel dans ce processus de mise en abyme généralisée, où la lectrice est invitée assez explicitement à réfléchir à son propre positionnement vis-à-vis de Fantômette et des autres personnages féminins de la fiction. Construite comme un double cocasse de Françoise/Fantômette, la grande fille est à la fois amie, admiratrice et rivale. À la fin de Fantômette et la Dent du Diable, où elle a laissé, comme son modèle, une carte de visite moqueuse signée Fantômette, elle est persuadée que la justicière n’est pas du tout intervenue pour sauver la colonie prise en otage, et elle se voit déjà en train d’écrire un récit intitulé Ficelle et la Dent du Diable46. Cette admiratrice, à la fois attachante et insupportable, fonctionne finalement tout autant comme relais possible de la lectrice dans la fiction que comme figure repoussoir. Nulle admiration béate : Georges Chaulet insuffle à ses personnages féminins, comme à ses lectrices, le pouvoir d’éprouver leur libre arbitre et d’exercer leur esprit critique.

Forger sa propre identité de lectrice et d’autrice

Le dernier procédé qui problématise la réception de l’œuvre tient à la fréquence des scènes de lecture et de cinéma dans le roman. Si Boulotte se passionne essentiellement pour les livres de cuisine, Françoise/Fantômette et Ficelle partagent un goût prononcé pour la fiction. La première est plusieurs fois montrée en train de lire des classiques, et son impressionnante bibliothèque symbolise son érudition47. La seconde est essentiellement fascinée par les genres populaires. Contes, récits d’aventure, et romans policiers sont autant de références qui alimentent sa vision du monde :

Dans toutes les îles désertes, il y a un trésor de pirates caché dans le sable. Et s’il y a une sorcière, c’est qu’elle est chargée de veiller sur le trésor. C’est évident ! Si tu lisais des illustrés un peu plus souvent au lieu de perdre ton temps avec Molière ou Victor Hugo, tu saurais que les trésors sont toujours gardés par des dragons, des géants ou des enchanteurs. C’est bien connu48 !

Cet amusant mélange générique témoigne aussi d’une culture vivante capable de faire bouger les lignes et les repères, notamment sexués. À part l’aventurière Pouponnette dans le premier volume, les héros – fictifs ou pas – qui inspirent la grande fille sont masculins : Robinson Crusoé, Colomb, Magellan, Cook, Robin des Bois, Ivanohé, Tarzan… Parmi eux, Zorro « héros courageux, infatigable redresseur de torts, éternel vainqueur49 », rappelle Fantômette à Ficelle. Car, en réalité, les frontières sont poreuses : Georges Chaulet, en multipliant les références héroïques, dessine pour Fantômette une constellation de doubles possibles, fondée, comme le montre Marlène Fraterno, non pas sur une « filiation contraignante », mais sur une « liberté reçue en héritage50 » Or, dans ce jeu intertextuel, les relations hommes-femmes se voient revisitées. Étourdie, Ficelle confond de manière cocasse le film La Princesse et le berger, avec – c’est le vrai titre – Le Prince et la bergère51. Fantômette, quant à elle, se démarque délibérément de cette figure féminine traditionnelle (« Si demain soir au plus tard, je n’ai pas les mille écus d’or, je démissionne et je me fais bergère52 !), et elle encourage vigoureusement Œil de Lynx à faire confiance à son héroïne, Lady Namitte, pour se sauver d’une situation désespérée : « Laissez-la se débrouiller53 ! ». Associée au jeu sur l’identité de Fantômette, cette intertextualité facétieuse contribue aussi à forger chez les réceptrices de l’œuvre une conscience d’elles-mêmes en tant que lectrices.

Dans les témoignages de jeunes lecteurs recueillis par Pierre Bannier, on trouve également trace d’un processus d’identification avec l’auteur. Laure-Marie, 11 ans et demi, écrit à Georges Chaulet : « Moi je voudrais être un auteur de livres, j’inventerais une fille qui s’appellerait Super-Laure-Marie. Elle aurait perdu ses parents lors d’un tremblement de terre. Super-Laure-Marie sait voler54. » Ficelle, de ce point de vue, peut également servir de relais entre la lectrice et l’auteur. Non contente de lire et de vivre des aventures, elle entreprend de les (ré)écrire ou d’en créer. La grande fille projette de créer Fantômette-Magazine pour relater les exploits de la justicière ou, si besoin, « en inventer d’autres55 ». Cette désinvolture journalistique prête à sourire, mais, en réalité, Georges Chaulet incite ses jeunes lectrices à s’approprier leurs lectures pour en faire l’usage qui leur conviendra le mieux. Dans le chapitre 11 de Fantômette contre le géant, Ficelle écrit Le Dragon bariolé après avoir fait le constat qu’aucun conte ne lui convient réellement. Très intéressées, Boulotte et Colette lui font des remarques montrant qu’elles ne sont pas dénuées d’esprit critique. L’apprentissage de la sororité, pour les personnages comme pour les lectrices, repose ici sur une initiation collective non seulement au plaisir de la fiction, mais aussi au plaisir de prendre le pouvoir sur elle.

Conclusion

Dans Fantômette contre le géant, lorsque Colette arrive à Framboisy, son isolement est vite rompu par les autres écolières, qui, chacune à leur manière, l’accueillent chaleureusement, Ficelle en lui parlant de son club de détectives, Boulotte en lui proposant des caramels, et Françoise en lui prêtant ses cahiers. Et si la lecture de Fantômette ressemblait finalement à cela pour les jeunes lectrices ? Le plaisir de (re)trouver une communauté féminine sous le signe de la sociabilité, de la solidarité et des références partagées ; la chance aussi de ne pas y être enfermée dans des poncifs limitants, mais bien plutôt d’y faire l’apprentissage délicieusement clandestin de la fantaisie et de la dérision.

La sororité de la série Fantômette trouve ainsi sa source dans une réjouissante sociabilité fictionnelle, fondatrice d’un sentiment d’appartenance à un univers commun où chaque jeune fille peut s’épanouir selon sa personnalité. Elle s’incarne également dans la solidarité dont font régulièrement preuve les trois amies, en butte à des figures d’autorité qu’elles viennent joyeusement défier. La fiction offre aux lectrices des figures amicales dans lesquelles se projeter de façon plurielle et mobile. Le jeu avec l’identité de Fantômette ainsi que sa mise en abyme dans la fiction viennent enrichir et complexifier la lecture, en favorisant tout à la fois une immersion ludique dans l’espace sororal de la fiction et la construction d’une conscience critique des jeunes filles en tant que lectrices. Christine Leroy, dans une belle formule, montre que la force émancipatrice de Fantômette repose sur le fait que la série « ne propose pas dogmatiquement un type de féminité […] mais plutôt une manière de creuser soi-même sa propre liberté56 ». De même chaque lectrice peut-elle explorer sa propre identité lectorale dans une fiction qui ne se prend jamais totalement au sérieux. Il arrive que Fantômette devienne elle-même sa propre lectrice : « Quand je rédigerai mes mémoires, je me garderai bien de parler de cette aventure ! Sinon, j’y perdrais tout mon prestige57. » Sa légèreté à l’égard d’aventures, qu’elle envisage ici de réécrire à son avantage, donne une précieuse leçon d’autodérision à ses jeunes lectrices, non pas sommées de l’imiter, mais invitées à partager son regard irrévérencieux sur la société et la littérature.

Bibliographie

Corpus littéraire – Liste des éditions utilisées dans l’ordre chronologique de la parution originale

Georges Chaulet, Les Exploits de Fantômette [1961], Paris, Hachette, 1980.

Georges Chaulet, Fantômette contre le hibou [1962], Paris, Hachette, 1976.

Georges Chaulet, Fantômette contre le géant, Paris, Hachette, 1963.

Georges Chaulet, Fantômette au carnaval, Paris, Hachette, 1963.

Georges Chaulet, Fantômette et l’île de la sorcière [1964], Paris, Hachette, 1982.

Georges Chaulet, Fantômette contre Fantômette [1964], Paris, Hachette, 1980.

Georges Chaulet, Pas de vacances pour Fantômette [1963], Paris, Hachette, 1980.

Georges Chaulet, Fantômette et la télévision [1966], Paris, Hachette, 1981.

Georges Chaulet, Opération Fantômette, Paris, Hachette, 1966.

Georges Chaulet, Les sept Fantômettes [1967], Paris, Hachette, 1976.

Georges Chaulet, Fantômette et la Dent du Diable [1964], Paris, Hachette, 1977.

Georges Chaulet, Fantômette et son prince [1968], Paris, Hachette, 1981.

Georges Chaulet, Fantômette et le brigand [1968], Paris, Hachette, 1982.

Corpus critique

Pierre Bannier, Les Microsociétés de la littérature pour la jeunesse. L’exemple de Fantômette, Paris, L’Harmattan, 2000.

Georges Chaulet, Les Secrets de Fantômette, Paris, Hachette jeunesse, 2011.

Marlène Fraterno, « “À l’école Françoise-Dupont, depuis 1961” : six décennies en compagnie de la romanesque Fantômette et de sa présence tutélaire sur les jeunes héroïnes de fiction », dans Christiane Connan-Pintado, Stéphanie Lemarchand et Anne Schneider (dir.), Adolescences romanesques. La génération des six compagnons (1960-1980), Fabula / Les colloques, mis en ligne le 6 décembre 2025, consulté le 29 janvier 2026. URL : http://www.fabula.org/colloques/document15575.php.

Anne Larue, « Interview de Fantômette par Anne Larue », Revue critique de fixxion française contemporaine, 2018/2, n° 17, DOI : https://doi.org/10.4000/fixxion.6234 (consulté le 01 mai 2025).

Christine Leroy, « Justicière masquée : un modèle d’émancipation féminine ? L’exemple de Fantômette », Belphégor, 2013/1, n° 11, DOI : https://doi.org/10.4000/belphegor.96 (consulté le 25 avril 2025).

Luce Roudier, « “Moi, j’aime ça, le danger. Comme un chat aime les sardines”. Fantômette : un réalisme fantaisiste pour une justicière… pas si masquée ? », Cahiers Robinson, 2021, n° 51, p. 11-22.

Sylvie Sauvage, « Chaulet, Georges », dans Isabelle Nières-Chevrel et Jean Perrot (dir.), Dictionnaire du livre de jeunesse, Paris, Éditions du Cercle de la librairie, 2013, p. 183.

Notes

1 Pierre Bannier, Les Microsociétés de la littérature pour la jeunesse. L’exemple de Fantômette, Paris, L’Harmattan, 2000, p. 81. Voir aussi son chapitre sur « L’immortalité de Fantômette ». Retour au texte

2 Voir Marlène Fraterno, « “À l’école Françoise-Dupont, depuis 1961” : six décennies en compagnie de la romanesque Fantômette et de sa présence tutélaire sur les jeunes héroïnes de fiction », dans Christiane Connan-Pintado, Stéphanie Lemarchand et Anne Schneider (dir.), Adolescences romanesques. La génération des six compagnons (1960-1980). Fabula / Les colloques, mis en ligne le 6 décembre 2025, consulté le 29 janvier 2026. URL : http://www.fabula.org/colloques/document15575.php. Colloque du 20 et 21 novembre 2024 à l’INSPE de Caen. Le texte de cette communication m’a été aimablement communiqué avant parution par son autrice, que je remercie chaleureusement. Retour au texte

3 Sylvie Sauvage, « Chaulet, Georges », dans Isabelle Nières-Chevrel et Jean Perrot (dir.), Dictionnaire du livre de jeunesse, Paris, Éditions du Cercle de la librairie, 2013, p. 183. Retour au texte

4 Sauvage, 2013, p. 183. Retour au texte

5 Christine Leroy, « Justicière masquée : un modèle d’émancipation féminine ? L’exemple de Fantômette », Belphégor, 2013/1, n° 11, § 15, mis en ligne le 01 mai 2013, DOI : https://doi.org/10.4000/belphegor.96 (consulté le 25 avril 2025). Retour au texte

6 Leroy, 2013, § 3. Retour au texte

7 Voir la bibliographie finale. Selon les cas, la pagination des exemples renverra à la première ou à la deuxième édition. Le texte est le même, mis à part de menues distinctions, essentiellement la suppression du jeudi sans école pour le remplacer par le mercredi. Retour au texte

8 Ce journaliste est évoqué pour la première fois dans le septième volume, Pas de vacances pour Fantômette, 1965. Retour au texte

9 Georges Chaulet, Fantômette contre Fantômette [1964], Paris, Hachette, 1980, p. 47. Retour au texte

10 Fantômette et la télévision, Fantômette et son prince et Fantômette et la lampe merveilleuse, quatorzième récit, en dehors de notre corpus. Retour au texte

11 Georges Chaulet, Fantômette contre le géant, Paris, Hachette, 1963, p. 78. Retour au texte

12 Georges Chaulet, Fantômette au carnaval, Paris, Hachette, 1963, p. 65-66. Retour au texte

13 Georges Chaulet, Les sept Fantômettes [1967], Paris, Hachette, 1976, p. 89-90. Retour au texte

14 Fantômette contre Fantômette [1964], 1980, p. 107. Retour au texte

15 Fantômette au carnaval, 1963, p. 156. Retour au texte

16 Georges Chaulet, Fantômette et l’île de la sorcière [1964], Paris, Hachette, 1982, p. 83. Retour au texte

17 Les sept Fantômettes [1967], 1976, p. 141. Retour au texte

18 Les sept Fantômettes [1967], 1976, p. 141. Retour au texte

19 Ce concept est emprunté à Pierre Bannier, 2000. Retour au texte

20 « On me demande toujours quel âge a Fantômette. C’est bien simple, elle a l’âge de la lectrice. La lectrice est généralement très contente. » Entretien avec l’auteur tiré de Georges Chaulet, Les Secrets de Fantômette, Paris, Hachette jeunesse, 2011, p. 55. Retour au texte

21 Fraterno, 2025. Retour au texte

22 Fantômette et l’île de la sorcière [1964], 1982, p. 41. Retour au texte

23 Chapitre 6 des Exploits de Fantômette, 1961. Retour au texte

24 Chapitre 8 de Fantômette contre le géant, 1963. Retour au texte

25 Georges Chaulet, Les Exploits de Fantômette [1961], Paris, Hachette, 1980, p. 112. Retour au texte

26 Georges Chaulet n’hésitait pas à confier son propre désamour de l’école (Bannier, 2000, p. 11). Dans les récits, l’absurdité de certains exercices est soulignée : « Il est étrange de constater que les personnages dont il est question dans les livres d’arithmétique se compliquent l’existence d’une manière insensée. » Fantômette contre le géant, 1963, p. 112. Retour au texte

27 Fantômette contre Fantômette [1964], 1980, p. 51-53, p. 93-95 et p. 118-120. Retour au texte

28 Les Exploits de Fantômette [1961], 1980, p. 53. Retour au texte

29 Fantômette au carnaval, 1963, p. 126-127. Retour au texte

30 Luce Roudier, « “Moi, j’aime ça, le danger. Comme un chat aime les sardines”. Fantômette : un réalisme fantaisiste pour une justicière… pas si masquée ? », Cahiers Robinson, 2021, n° 51, p. 22. Retour au texte

31 Roudier, 2021, p. 19. Retour au texte

32 Sur la satire des forces de l’ordre, voir Bannier, 2000, p. 94-95. Retour au texte

33 Fantômette au carnaval, 1963, p. 112-113. Retour au texte

34 Georges Chaulet, Fantômette et le brigand [1968], Paris, Hachette, 1982, p. 125. Retour au texte

35 Les Exploits de Fantômette [1961], 1980, p. 70 et Georges Chaulet, Pas de vacances pour Fantômette, 1963, Paris, Hachette, 1980, p. 183-184. Retour au texte

36 Pas de vacances pour Fantômette [1963], 1980, p. 18. Retour au texte

37 Selon Hachette, le lectorat de Fantômette est composé aux trois quarts par des filles. Voir Bannier, 2000, p. 43 et Chaulet, 2011, p. 55. Retour au texte

38 Bannier, 2000, p. 13-14. Retour au texte

39 Bannier, 2000, p. 115-117. Retour au texte

40 Anne Larue, « Interview de Fantômette par Anne Larue », Revue critique de fixxion française contemporaine, 2018/2, n° 17, mis en ligne le 15 décembre 2018, DOI : https://doi.org/10.4000/fixxion.6234 (consulté le 01 mai 2025). Retour au texte

41 Les Exploits de Fantômette [1961], 1980, p. 189-190. Dans la suite de la série, ce genre de remarques émanera de Ficelle. Retour au texte

42 Fantômette contre Fantômette [1964], 1980, p. 190. Retour au texte

43 Fantômette au carnaval, 1963, p. 17-18. Retour au texte

44 Les Exploits de Fantômette [1961], 1980, p. 15. Retour au texte

45 Pas de vacances pour Fantômette [1963], 1980, p. 117-119. Retour au texte

46 Georges Chaulet, Fantômette et la Dent du Diable [1964], Paris, Hachette, 1977, p. 184. Retour au texte

47 « Des livres, il y en avait de toutes sortes, du plancher au plafond. Des grands, des petits ; des collections plates, brochées ; des volumes reliés de cuir, des albums illustrés de photos… » Fantômette et le brigand [1968], 1982, p. 18. Retour au texte

48 Fantômette et l’île de la sorcière [1964], 1982, p. 40. Retour au texte

49 Fantômette et le brigand [1968], 1982, p. 71. Retour au texte

50 Fraterno, 2025. Marlène Fraterno étudie la relation qui existe entre Fantômette et ses prédécesseurs les plus évidents (Fantômas, Arsène Lupin, Zorro…). Il nous semble que cette analyse vaut aussi pour les héros de Ficelle que Georges Chaulet se plaît à convoquer dans notre corpus. Retour au texte

51 Les Exploits de Fantômette [1961], 1980, p. 86. Retour au texte

52 Fantômette contre le géant, 1963, p. 121. Retour au texte

53 Pas de vacances pour Fantômette [1963], 1980, p. 75. Retour au texte

54 Bannier, 2000, p. 115. Retour au texte

55 Les sept Fantômettes [1967], 1976, p. 181. Retour au texte

56 Leroy, 2013, § 16. Retour au texte

57 Fantômette et le brigand [1968], 1982, p. 115. Retour au texte

Citer cet article

Référence électronique

Caroline Raulet-Marcel, « Fantômette, un apprentissage de la sororité », Savoirs en lien [En ligne], 4 | 2025, publié le 30 janvier 2026 et consulté le 30 avril 2026. Droits d'auteur : Le texte seul, hors citations, est utilisable sous Licence CC BY 4.0. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont susceptibles d’être soumis à des autorisations d’usage spécifiques.. DOI : 10.58335/sel.746. URL : http://preo.ube.fr/sel/index.php?id=746

Auteur

Caroline Raulet-Marcel

CPTC, Université Bourgogne Europe, France

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