Créations littéraires au féminin pluriel : l’espace sororal de la publication collective

  • Literary Creations Written in the Feminine Plural: The Sororal Space of Collective Publication

DOI : 10.58335/sel.768

Résumés

Dans la littérature contemporaine, nous pouvons découvrir des expérimentations de sororités littéraires sous la forme de création et de publication collectives, comme Sororité dirigé par Chloé Delaume, Feu ! coordonné par Elsa Dorlin ou Lettres aux jeunes poétesses mené par Aurélie Olivier. Après avoir situé des jalons historiques de publications collectives ou d’écritures partagées sororales, nous nous pencherons sur des ouvrages qui ont pour projet de créer des solidarités féminines pour contrer les préjudices ou les infériorisations subies liées au genre tout en proposant, peut-être, des modèles alternatifs d’auctorialisation : une auctorialité au féminin pluriel qui se conçoit moins comme une sortie de la fonction-auteur (sociologiquement très masculine) que comme sa démultiplication inclusive.

In contemporary literature, literary experiments of sorority take the form of collective creation and publication, such as Sororité led by Chloé Delaume, Feu ! coordinated by Elsa Dorlin, and Lettres aux jeunes poétesses led by Aurélie Olivier. After setting out the historical context of collective publications and sororal writings, we will examine works that aim to create female solidarity to challenge gender-based prejudice and alienation, while perhaps proposing alternative models of authorship: a plural feminine authorship that is conceived less as a step away from the author function (sociologically very masculine) than as its inclusive extension.

Plan

Texte

La sororité possède intrinsèquement une dimension collective par la liaison qu’elle tisse entre, au moins, deux sœurs qu’il s’agisse de sœurs au sein d’une famille ou bien de sœurs liées métaphoriquement par leur destin commun ou leur activité, comme l’écriture. De la même façon que la notion de fraternité, la sororité est un secours contre l’isolement : elle désigne la construction à plusieurs d’une solidarité, qui se décline parfois institutionnellement en véritables communautés, telles les associations d’étudiant·e·s des universités étasuniennes précisément nommées « sorority ». Or, lorsque la littérature a gagné son autonomie par rapport aux pouvoirs politiques, religieux et économiques en valorisant la figure d’un créateur, souvent incompris, qui se distinguait dans la société par sa différence et son génie propre, dans le sillage du romantisme, l’image de l’auteur s’est déclinée non seulement au singulier mais également massivement au masculin, comme l’histoire littéraire et la minorisation en son sein des créatrices le montrent. En retour, afin de prendre place et visibilité dans le champ littéraire, les autrices ont eu tendance au contraire à vouloir rompre leur isolement par l’appui sur une solidarité collective, un mouvement de groupe, en écho du reste aux mouvements sociaux féministes du xxe siècle.

Naissent ainsi des sororités littéraires sous la forme de création et de publication collectives, dont l’histoire littéraire serait encore à poursuivre pour étudier comment s’y travaille une quête de reconnaissance et de visibilité mais aussi, peut-on supposer, des modèles alternatifs d’auctorialisation : en effet, dans un champ littéraire fortement dominé par des acteurs de genre masculin, circulent des représentations de la création où l’agent (qui revendique la paternité des œuvres) est un homme et où les femmes sont présentes comme Muse, destinataire poétique ou allégorie, au fil d’une persistance du mythe de Pygmalion, « mythe de la virilité créatrice1 ». Au tournant du xxe siècle, le portrait de l’artiste est, littéralement, un jeune homme chez James Joyce, dans le sillage du développement du roman de formation principalement au masculin. Le « régime de singularité » en art qui s’est établi depuis le xixe siècle, minorant le paradigme du « régime de communauté » selon les études de Nathalie Heinich2, maintient une vision genrée de la création, alors même que les écrivaines et artistes femmes, de plus en plus nombreuses dans les sociétés occidentales au xixe siècle, se confrontent à des regards dévalorisants en raison de leur genre3. Dès lors, il apparaît qu’une « manière de transgresser l’ordre social genré est […] l’action collective, ou du moins menée à plusieurs, mise en œuvre par certaines femmes pour affirmer leur place, voire leur différence (sexuée) », comme l’analyse Marie Buscatto : « la construction de groupes, de festivals ou d’associations de femmes est […] un moyen d’accès non négligeable à l’activité artistique4 ».

Prenons garde cependant au fait que la constitution de groupes littéraires où la création se fait collective n’est pas un gage d’inclusivité : un collectif peut marginaliser tout autant autrices et créatrices, comme cela a été le cas dans les avant-gardes historiques5, tandis que le choix de privilégier la collaboration artistique et littéraire comporte le risque de rendre moins visible les individualités créatrices, et donc de les laisser en marge du champ6 : nombre d’artistes et d’autrices qui ont œuvré avec un homme dans leur parcours créatif ont connu spoliation (par l’effacement de leur signature), réduction de leur travail à une collaboration sans auctorialité propre reconnue, parfois jusqu’à l’oubli dans l’histoire littéraire.

Après avoir situé quelques jalons historiques de publications collectives ou d’écritures partagées sororales (au sens où le terme de « sororité » agit comme liaison entre des autrices et créatrices), nous explorerons des expérimentations littéraires dans des publications contemporaines qui ont pour projet de créer des solidarités féminines pour contrer les préjudices ou les infériorisations subies liées au genre : la sororité y est tout à la fois figurée dans le livre par une communauté d’autrices qui se rassemblent pour écrire, thématisée dans leurs discours mais également réalisée comme un geste de transmission par la diffusion du livre. C’est par conséquent un processus qui s’engage dans des œuvres revendiquant une auctorialité au féminin pluriel qui se conçoit moins comme une sortie de la fonction-auteur (sociologiquement très masculine) que comme sa démultiplication inclusive.

Écrire sur la sororité en sororité dans la deuxième vague du féminisme

Chloé Delaume, dans l’introduction intitulée « De la sororité en milieu hostile » de l’ouvrage collectif simplement baptisé Sororité, rappelle que le terme a été réemployé, après des siècles d’oubli, au cours du mouvement féministe des années 70 sans réussir cependant à s’imposer. L’ouvrage collectif que l’autrice coordonne, publié en 2021, est pensé lui-même comme « un geste sororal » en rassemblant quatorze textes inédits composés par des autrices qui abordent chacune à leur manière la notion de sororité. La démarche se pense ainsi comme un renouveau féministe, faisant résonner un mot « en sommeil7 ».

Cet effet de sourdine est néanmoins davantage une spécificité de l’espace francophone. En effet, dans les aires anglophones, le terme de « sisterhood » a connu une audience médiatique plus forte dans les années 1970, notamment grâce à des publications collectives. Il faut notamment mentionner l’anthologie dirigée et publiée en 1970 par l’écrivaine Robin Morgan, féministe radicale de la deuxième vague, où le mot est mis en avant en haut et en rouge sur la couverture : l’ouvrage (non traduit en français) Sisterhood is Powerful. An Anthology of Writings from the Women’s Liberation Movement se diffuse largement et devient dès lors une référence en rassemblant tout à la fois des écrits féministes importants et des documents historiques. La forme du recueil y est bien déjà un geste sororal en embrassant une diversité de contributrices ; plus précisément, l’anthologie – « collection de fleurs choisies8 » selon l’étymologie grecque du mot – va devenir une modalité de publication fréquemment utilisée dans les dynamiques collectives de publication féministe, comme elle le sera du reste dans le champ postcolonial dans un autre contexte de lutte contre une minorisation subie. Dans le cas de Sisterhood is Powerful, si le nom de la directrice de l’ouvrage s’affiche seul en signature en couverture, Robin Morgan souligne néanmoins dans les remerciements la dimension collective de l’ouvrage et plus encore la nature particulière de ce travail en commun lorsqu’il s’élabore en sororité : « The collectivity, cooperation, and lack of competition (even from sisters who were also putting together collections on women’s liberation) that marked the process of creating this book are proof of how radically different the women’s movement is from male-dominated movements9 ». Robin Morgan poursuit son activisme littéraire féministe en reprenant une décennie plus tard cette modalité de publication sororale lorsqu’elle fait paraître en 1984 le très épais volume Sisterhood Is Global. The International Women’s Movement Anthology, qui ouvre la démarche à l’interculturalité, puis en 2003 le troisième volume, Sisterhood Is Forever. The Women’s Anthology for a New Millennium, qui se recentre à l’inverse sur les États-Unis et les combats à mener.

Une autre forme de geste sororal de publication important dans les années 70 est la revue : le féminisme français y trouve notamment un lieu adéquat pour constituer des solidarités d’écrivaines, telle la revue Sorcières (sous-titrée Les femmes vivent), fondée par Xavière Gauthier et publiée de 1975 à 1982, qui a créé un espace de création littéraire non mixte dans une structure souple pour accueillir des contributrices différentes au fil des numéros thématiques. En effet, comme la fondatrice l’explique dans le premier numéro, le comité de rédaction n’est pas « fixe, définitif, restreint, rigide » mais au contraire « vivant et mouvant », il peut être renouvelé pour chaque livraison comme « un groupe de travail10 » à chaque fois reconstitué au sein duquel débattre. Si les mots de « sœur » ou de « sororité » ne sont pas au premier plan des discours tenus dans la revue, au profit du terme de « sorcière », la sororité résonne cependant dans les démarches engagées mais aussi dans la marque du pluriel qui insiste sur la collégialité. De façon plus précise, la dimension sororale de la revue tient à la nature collective de la publication : chaque numéro est centré sur une thématique qui se décline à la fois dans des textes individuels (qui peuvent être anonymes ou signés par l’autrice, de son nom complet, d’un pseudonyme mais aussi seulement d’un prénom) et dans des textes composés à plusieurs mains. En outre, la sororité tient au processus d’élaboration de la revue. En effet, Sorcières a été « un lieu de sociabilisation littéraire inhabituel, où tester ses textes et débattre en s’affranchissant des jugements des hommes11 », souligne Delphine Naudier : « Ces lieux non mixtes sont des fabriques de création littéraire », grâce aux réunions préparatoires qui permettaient de partager textes et conseils d’écriture, « lieux d’apprentissage12 » qui ont permis à certaines contributrices de faire leurs débuts littéraires avant de poursuivre une œuvre individuelle.

Ce faisant, la création collective au féminin pluriel entraîne dans son sillage un changement de regard sur l’écriture même. En effet, « en faisant d’une activité privée une activité collective, l’acte littéraire démystifie l’aura qui l’entoure », indique Delphine Naudier en s’appuyant sur les propos de Jacqueline Lapidus qui mettent à distance l’imaginaire romantique de la création : « contrairement aux mensonges patriarcaux, l’isolement comme la douleur ne sont nullement “nécessaires” à la création artistique et peuvent lui nuire13 ». Ainsi, en deçà de la revue, qui est le produit public, visible, du travail collectif en sororité, la réunion des comités de rédaction successifs pour chaque numéro crée de nouveaux espaces entre sœurs d’écriture qui accompagnent leur accès à la littérature : se retrouve ici la dimension communautaire que possède historiquement le terme de sororité (en référence aux communautés de religieuses), à la différence que les groupes qui se constituent ici sont labiles et n’engagent pas d’obligations.

Citons un dernier exemple, pris dans la même décennie, de sororité d’écrivaines, bien qu’il n’ait pas donné lieu à une publication collective : il s’agit du groupe d’autrices noires étatsuniennes qui s’est solidarisé précisément sous le nom de « The Sisterhood » de 1977 à 1979. June Jordan et Alice Walker donnent l’impulsion de la première réunion qui devient ensuite mensuelle à New York. Autour d’un objet commun qui était la littérature, les réunions ont rassemblé des femmes, pour certaines en début de leur carrière, voire encore à l’université, pour d’autres déjà bien installées dans leur activité : Toni Morisson, Ntozake Shange ou encore Audre Lorde, pour les plus connues, ont été membres de « The Sisterhood », dans un esprit d’horizontalité et de soutien mutuel, soigneusement organisé, qui fut important pour le féminisme noir14.

Ces situations de sororité littéraire des années 70 présentent des configurations très diverses mais un chemin s’y dessine néanmoins : une auctorialité collective s’élabore progressivement, même si parfois timidement en n’affichant que la signature d’une seule ou en privilégiant le nom de la revue ou du groupe. Toutes ont eu réellement une force d’agir à la fois dans la société et sur les représentations littéraires ; pourtant ces modalités de publication et d’écriture sororales semblent moins présentes ensuite avant de revenir en force dans la dernière décennie comme nous allons le voir. Dans son analyse de la revendication d’une « écriture-femme », historiquement très située, Delphine Naudier nous éclaire sur une des raisons possibles de ce recul du collectif (et corrélativement du reflux de la notion de sororité), dans le cadre d’une « évolution générale du champ littéraire où aucune école, aucun groupe n’émerge visiblement depuis les années soixante-dix » : « L’explosion du marché éditorial ; la professionnalisation de l’activité littéraire […] concourent en effet à l’atomisation des positions des auteurs, qui désormais, pour être visibles à un moment donné de leurs trajectoires, misent davantage sur l’individualisation de leurs carrières que sur la nécessité de faire groupe15 », ce qui a eu le bénéfice cependant de laisser le champ libre à l’affirmation d’une signature féminine individuelle reconnue au tournant du xxie siècle.

Signer ensemble et « écrire pour les sœurs » : recueils et anthologies contemporaines

Dans un mouvement de retour, depuis les années 2010, nous relevons une multiplication d’ouvrages composés collectivement par des femmes, avec une visée littéraire et esthétique affirmée, ouvrages qui renouent avec les publications sororales de la deuxième moitié du xxe siècle en resserrant plus précisément l’articulation entre le singulier et le pluriel, qui caractérise la sororité selon Bérangère Kolly :

Notion fondamentalement collective, la sororité emprunte ainsi et pourtant le chemin de la solidarité et du pluriel par le truchement du parcours individuel et singulier. La sororité nomme le collectif, de l’individue et par l’individue : elle construit un ensemble à la teneur inédite, prenant source dans le vécu individuel de toutes les femmes et de chaque femme16.

En France sont publiés la même année 2021 trois recueils féministes de textes, entre littérature et essai, où se démultiplient les voix d’autrices : il s’agit du collectif, déjà cité, coordonné par Chloé Delaume Sororité, de Lettres aux jeunes poétesses lancé et préfacé par Aurélie Olivier et de Feu ! Abécédaire des féminismes présents coordonné par Elsa Dorlin. Ici la pluralité des signatures s’affiche dès la première de couverture (pour les deux premiers ouvrages) ou la quatrième de couverture (pour Feu !) qui rassemblent les noms de l’intégralité des contributrices, tout à la fois pour insister sur la multiplicité des discours et des voix et pour maintenir ce faisant l’identification individuelle des autrices17 – ce que permettent aussi les présentations biographiques à la fin des textes (pour Feu !) ou en fin d’ouvrage (pour les deux autres), donnant ainsi présence à la communauté qui a porté l’ouvrage. L’exposition visible des signatures sur les livres permet d’ailleurs de repérer des circulations entre les ouvrages puisque des autrices publiées dans Sororité se retrouvent dans Feu ! (Ovidie et Fatima Ouassak) et d’autres dans Lettres aux jeunes poétesses (Chloé Delaume et Rébecca Chaillon). Cela conduit à unir en sororité ces projets tout en marquant aussi les spécificités de chacun : si Sororité nous semble vouloir viser un lectorat large, pour contribuer à asseoir la notion dans l’espace public, Lettres aux jeunes poétesses s’attache à la place des femmes en littérature tandis que Feu ! est davantage porté par la théorie et la politique. Une autre anthologie est également publiée en 2023, accentuant alors un mouvement d’ouverture, déjà esquissé dans l’ouvrage dirigé par Elsa Dorlin, où la sororité se fait plus inclusive : les éditions Les Grillages font paraître, en collaboration avec AltFem, une Anthologie transfem #1. Écrire pour les sœurs18, signée en page intérieure par huit autrices. Le livre est ici le fruit d’un projet, né encore une fois en 2021, d’une anthologie communautaire de littérature transféminine pour donner tout à la fois visibilité, représentation et parole aux autrices transgenres encore très peu présentes dans le champ éditorial. Par la quasi simultanéité de ces publications francophones comme par la déclinaison d’un projet en plusieurs volumes, nous constatons que le geste du recueil ou de l’anthologie s’articule aussi en définitive à la temporalité sérielle de la revue19.

Cette démultiplication au carré – un recueil polyphonique déployé en plusieurs livres – se retrouve également en Amérique du Sud, où sont publiées de 2011 à 2017 huit anthologies de courts récits, recueils tous intitulés ¡Basta! Cien mujeres contra la violencia de género, formant « un projet collectif interaméricain d’écritures collectives20 ». Le projet est né au Chili, sous l’impulsion de l’autrice Pía Barros, pour rendre visible les violences subies par les femmes chiliennes (dans un contexte d’augmentation des féminicides) en publiant une sélection de textes tous écrits par des femmes dans un but non lucratif. Afin d’engager une dynamique de publication dans le continent, est conçu également un protocole (« protocolo ¡Basta! ») « à l’intention des futures équipes de compilateurs (hors Chili) et d’éditeurs désireux d’obtenir l’autorisation d’utiliser ce qui est devenu une sorte de label – […] décliné en entités de différentes nationalités21 », ce qui donnera lieu à la publication d’un ¡Basta! au Pérou en 2012, en Argentine en 2013, au Mexique et en Bolivie en 2014, en Colombie et au Venezuela en 2015 et au Panama en 2017.

Le Chili est aussi le pays d’origine du collectif LASTESIS formé d’activistes féministes et artistes, fondé en 2018 par Daffne Valdés Vargas, Paula Cometa Stange, Sibila Sotomayor Van Rysseghem et Lea Cáceres. Leur nom collectif d’autrice insiste sur leur volonté de transmettre et diffuser largement textes et théories féministes (leur nom est une contraction de « las tesis », c’est-à-dire « les thèses »), à travers leurs performances, leurs créations vidéo mais aussi leurs publications d’ouvrages. Le collectif renoue ainsi avec l’anthologie féministe en faisant paraître en 2021 Antología feminista22 comprenant en « collage » des extraits de textes traduits en espagnol de différents pays et époques, en particulier des références importantes du féminisme contemporain. Le collectif LASTESIS publie également presque simultanément deux autres ouvrages qui tressent enjeux didactiques et créations artistiques avec des textes écrits ici par les membres du groupe : Quemar el miedo: Un manifiesto en 2021 et Polifonías Feministas en 2022. Le premier livre expose dès le premier texte, justement intitulé « Nosostras », le choix d’écrire à la première personne féminine du pluriel en reliant cet engagement énonciatif de chacune des autrices à la sororité :

La experiencia de una es la experiencia de todas.
El aislamiento de los sentires y de las experiencias le ha permitido al patriarcado tomarnos por sorpresa, solas y angustiadas. A través de la internalización real de la empatía y sororidad, en vinculación con el colectivo, es que podemos defendernos de las jaulas patriarcales. […] vemos en el « nosotras » una postura política feminista, es decir, un ejercicio necesario de ponerse en el lugar de la otra, tomando su experiencia como vivencia colectiva
23.

Dans le label ¡Basta! et le collectif LASTESIS, nous retrouvons un désir de faire groupe en amont comme en aval de livres qui eux-mêmes se pensent comme espace collectif : non seulement ¡Basta! se donne pour projet d’être réapproprié dans différents pays et cultures mais la dynamique se prolonge aussi dans chaque pays en ateliers d’écriture qui poursuivent l’initiative des appels à texte d’où sont nés les volumes. Le collectif LASTESIS utilise pour sa part la viralité des réseaux pour la diffusion de ses performances, telle la chanson militante « Un Violador en tu Camino » en 2019 qui a été reprise dans des manifestations féministes du monde entier. Se dégage de ces publications un effet d’entraînement où la sororité se déploie comme un mouvement indéfini, commencé dans la création collective et poursuivi au-delà.

La dynamique est sans doute plus timide dans les publications francophones que nous avons mentionnées mais nous la retrouvons dans leur pensée d’un agir qui ne se ferme pas dans le livre : les recueils sont animés par une volonté de sororiser, c’est-à-dire rendre sœurs, selon le beau néologisme créé par Chloé Delaume dans Mes bien chères sœurs24. Si dans Sororité, Lettre aux jeunes poétesses et Feu !, la sororité de l’invitation, à l’origine des contributions publiées, peut donner l’impression de fonctionner quelque peu en circuit fermé, cependant aucun des livres ne se présente clos sur lui-même ; au contraire, ils suggèrent davantage leur horizon indéfini. Ces ouvrages se pensent comme des « outil[s], dont chacune peut maintenant s’emparer25 », « comme un abécédaire, un manuel, une boîte à outils, un dictionnaire amoureux, dans lequel échanger des idées, affûter des armes, écouter des voix, partager des expériences et des pratiques, vibrer pour des luttes présentes26 », « comme des cadeaux qui brûlent tout en même temps qu’ils réchauffent27 », dont l’action ne s’arrête pas à la publication ; le mouvement doit se propager, comme le disent encore les coordinatrices des ouvrages, Elsa Dorlin et Aurélie Olivier :

Je suis partie d’une dizaine d’entrées pour finalement parvenir à plus d’une soixantaine, mais j’aurais pu continuer encore : ce livre n’a pas de fin, de limite ou de conclusion… Il est ouvert, indéfini et à poursuivre28.

Ici, si le cœur t’en dit, de ta subjectivité aux leurs, tisser des liens qui libèrent, car ce recueil ne se remettrait pas d’être un cercueil. Il appelle déjà sa suite et pourrait réunir 100 poétes·ses, que ce ne serait toujours pas suffisant car iels sont des milliers. Toi-même peut-être, toi-même sûrement.29

Toutes ces œuvres sont tendues vers leurs destinataires-sœurs : elles engagent un geste vers autrui pour construire des sororités créatives plus horizontales et diversifiées, dans un mouvement de ramification et de diffusion qui doit ouvrir la possibilité de paroles singulières. Celles-ci peuvent être divergentes, les recueils ne cherchent pas l’unification et le consensus, tout comme les ouvrages de LASTESIS jouent du montage et du collage sans transition : il s’agit d’introduire dans la lecture heurts, voire dissonances, qui invitent surtout au rebond. La dynamique se diffuse d’individue à individue mais aussi de collectif à collectif : incitation est donnée à se rassembler, par l’exemple, en se donnant pour tâche comme dans Feu ! à « partir d’“en bas”, de la vie des collectifs, du communautaire, de l’affinitaire, des “Nous” situés, souvent anonymes, festifs, créatifs, diversement subversifs30… ». L’ouvrage accueille à cet égard des textes pluriauctoriaux, celui des « Habitantes de la ZAD » ou celui du « Collectif des colleuses de Marseille » tandis que Lettres aux jeunes poétesses publie un texte du collectif poétique RER Q31.

Dans le contexte de la quatrième vague du féminisme depuis 2010, caractérisée notamment par les usages des réseaux sociaux, la réactivation de la notion de sororité conduit à réinvestir des formes d’écritures et de publications collectives où se retravaillent de façon nouvelle l’articulation du singulier et du pluriel, de l’individu et d’une communauté à construire et à maintenir. En cela, ce mouvement s’articule de façon plus large à des formes de désolitarisation de l’auctorialité littéraire, par le partage, la collaboration ou une dynamique vers l’autre32. De ce fait, la sororité n’apparaît pas comme donnée, elle n’est même pas une élaboration stable : Kiyémis dans Sororité nous appelle à la vigilance en voyant davantage la « sororité comme horizon ». Elle souligne notamment le fait que « [l]a sororité politique est exigeante et ne doit pas se limiter à de simples gestes performatifs33 », risque que côtoient nécessairement ces œuvres littéraires, actes de parole. Celles-ci cependant sont tendues par une impulsion de sororisation qui réussit à poursuivre sa course : l’auctorialité plurielle qui s’établit au sein de la profusion des discours ne reste pas lettre morte mais se présente davantage comme discours adressé, lettre ou manuel. C’est ainsi qu’ateliers, écritures, créations se poursuivent, ou bien encore traductions, souvent collégiales, comme c’est le cas pour la suite des volumes ¡Basta!, qui a fait l’objet d’un projet de traduction collective au long cours engagée par la chercheuse Caroline Lepage, grâce à des collègues et des étudiant·es.34. L’auctorialité des autrices-sœurs cherche ainsi à se construire de façon plus inclusive et horizontale35, en embrassant éditeur·rices, coordinateur·rices, traducteur·rices et finalement lecteur·rices – avant que tout ne se rejoue dans un autre ordre, dans un autre livre ou une autre création à venir.

Bibliographie

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Collectif, Lettres aux jeunes poétesses, ouvrage collectif initié par Aurélie Olivier, Montreuil, L’Arche, 2021.

Collectif, Anthologie transfem #1, Grenoble, Éditions Les Grillages, 2023.

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Kiyémis, « La sororité comme horizon », dans Chloé Delaume, (dir.), Sororité, Paris, Points, 2021.

Bérangère Kolly, Et de nos sœurs séparées... lectures de la sororité, Fontenay le Comte, Éditions Lussaud, 2012.

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Colectivo LASTESIS, Quemar el miedo. Un manifiesto, con la colaboración de Alejandra Carmona, Mexico, Planeta, 2021.

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Caroline Lepage, Elsa Fernández, Diana Gil Herrero, « Féminisme et tentation classiste : le cas ¡Basta! Cien mujeres contra la violencia de género -Panamá (2017) », Littératures ultra-contemporaines d’Amérique Centrale et des Caraïbes, dans Crisol. Série numérique, 2021/3, n° 18, https://crisol.parisnanterre.fr/index.php/crisol/fr/article/view/339/386.

Caroline Lepage (coord.), « Basta! Femmes contre la violence de genre », Crisol. Série numérique, 2024, n° hors-série, https://crisol.parisnanterre.fr/index.php/crisol/issue/view/98.

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Notes

1 Anne Geisler-Szmulewicz, « La Femme et l’œuvre, une impossible conciliation », dans Christine Planté (dir.), Masculin / Féminin dans la poésie et les poétiques du XIXe siècle, Lyon, Presses universitaires de Lyon, 2002. Retour au texte

2 Nathalie Heinich, « L’art en régime de singularité », dans Alain Quemin et Glaucia Villas Bôas (dir.), Art et société, Marseille, OpenEdition Press, 2016, https://doi.org/10.4000/books.oep.530. Retour au texte

3 « Les travaux historiques de Griselda Pollock sur le canon (2003) [...] [ont] montré comment un canon, présupposé historique et culturel qui fonde l’histoire de l’art moderne occidental, porté par la croyance en l’universalité de l’art, est en fait androcentré (et ethnocentré). Ce canon exclut de fait les œuvres et les pratiques “féminines” (ou “ethniques”) qui n’y répondraient pas d’emblée, soit en les rejetant aux marges de l’art (arts mineurs ou artisanat), soit en leur déniant la possibilité même d’être considérées comme des œuvres d’art ou des pratiques artistiques dignes d’une reconnaissance artistique universelle. », Marie Buscatto, « L’art sous l’angle du genre », dans Alain Quemin et Glaucia Villas Bôas (dir.), Art et société, OpenEdition Press, 2016. Elle cite Griselda Pollock, Vision and difference. Femininity, feminism and the histories of art, Londres, Routledge, 2003. Retour au texte

4 Buscatto, 2016. Retour au texte

5 Anne Tomiche analyse le fonctionnement en « clubs d’hommes » de ces avant-gardes, « dominés par les figures dominatrices de « chefs », où « les femmes y sont minoritaires, ne serait-ce que numériquement », et « inscrits dans leur temps, c’est-à-dire dans des sociétés patriarcales dans lesquelles la misogynie est ordinaire », Anne Tomiche, « Études de genre et sociologie des avant-gardes artistiques du premier xxe siècle », COnTEXTES, 2023/1, n° 33, https://doi.org/10.4000/contextes.11293 (consulté le 13 août 2025). Retour au texte

6 Anne Tomiche souligne à cet égard que l’une des raisons de « l’invisibilisation des femmes dans l’histoire des avant-gardes » est le fait qu’« elles ont, pour bon nombre d’entre elles, travaillé plus en collaboration qu’individuellement, ce qui, tout en mettant en actes les pratiques collaboratives valorisées par les avant-gardes pour mettre en question la singularité du créateur artistique, a contribué à minorer voire invisibiliser leur rôle. », Tomiche, 2023. Retour au texte

7 Chloé Delaume, « De la sororité en milieu hostile. Introduction », Sororité, collectif coordonné par Chloé Delaume, Paris, Points, 2021, p. 13 et quatrième de couverture. Retour au texte

8 Entrée « Anthologie », Trésor de la Langue Française informatisé, http://stella.atilf.fr/Dendien/scripts/tlfiv5/advanced.exe?8;s=2790860505. Retour au texte

9 « La collectivité, la coopération et l’absence de compétition (même de la part de sœurs qui étaient aussi en train d’établir des recueils de textes sur la libération des femmes) qui ont caractérisé le processus de création de ce livre sont la preuve de la différence radicale entre le mouvement des femmes et les mouvements dominés par les hommes. », Robin Morgan (dir.), Sisterhood is Powerful. An Anthology of Writings from the Women’s Liberation Movement, New York, Vintage Books, 1970, p. IV. Retour au texte

10 Xavière Gautier (res.), « Pourquoi Sorcières ? », La nourriture, dans Sorcières. Les femmes vivent, 1975/1, n° 1, p. 5. Retour au texte

11 Delphine Naudier, « Chapitre II. La cause littéraire des femmes dans les années 1970 », dans Martine Reid (dir.), Femmes et littérature. Une histoire culturelle, tome II - xixe-xxie siècle. Francophonies, Paris, Gallimard, 2020, p. 396. Retour au texte

12 Naudier, 2020, p. 397. Retour au texte

13 Jacqueline Lapidus, « Travail collectif et création individuelle : l’expérience d’un groupe de femmes poètes », Pénélope. Pour l’histoire des femmes, « Les femmes et la création », n° 3, 1980, p. 26. Cité par Naudier, 2020, p. 397. Retour au texte

14 Courtney Thorsson, The Sisterhood. How a Network of Black Women Writers Changed American Culture, New York, Columbia University Press, 2023. Retour au texte

15 Delphine Naudier, « L’écriture-femme, une innovation esthétique emblématique », Sociétés contemporaines, 2001/4, n °44, p. 57-73, https://doi.org/10.3917/soco.044.0057. Retour au texte

16 Bérangère Kolly, Et de nos sœurs séparées... lectures de la sororité, Fontenay le Comte, Éditions Lussaud, 2012, p. 26. Retour au texte

17 Cette dynamique de nomination démultipliée et d’identification, qui articule singulier et pluriel, se retrouve aussi sur la couverture de l’ouvrage de Léonora Miano, Elles disent (Grasset, 2021) qui se construit comme une anthologie de citations d’autrices en forme de dialogue imaginaire mis au jour par la romancière. Retour au texte

18 Collectif, Anthologie transfem #1, Grenoble, Éditions Les Grillages, 2023. Retour au texte

19 Les ouvrages dirigés par Robin Morgan construisaient déjà une trilogie par le schéma répété de leurs titres. Dans le sens inverse, la revue associative de poésie Sœurs propose depuis septembre 2020 des numéros thématiques (et anthologiques) qui publient des poétesses, contemporaines ou non, de toutes origines. Retour au texte

20 Caroline Lepage, Elsa Fernández, « ¡Basta! Mujeres contra la violencia de género, un projet collectif interaméricain d’écritures collectives », Les écritures collectives : poétiques et pratiques de la collaboration et du partage, dans Crisol. Série numérique, 2020, n° 10, https://crisol.parisnanterre.fr/index.php/crisol/fr/article/view/196/231. Retour au texte

21 Lepage, Fernandez, 2020, p. 6. Retour au texte

22 Colectivo Lastesis, Antología feminista, Debate, Santiago de Chile, 2021. Retour au texte

23 « L’expérience d’une est l’expérience de toutes. L’isolement des sentiments et des expériences a permis au patriarcat de nous prendre par surprise, seules et angoissées. C’est en intériorisant réellement l’empathie et la sororité, en lien avec le collectif, que nous pouvons nous défendre contre les geôles du patriarcat. […] nous voyons dans le “nous” une position politique féministe, c'est-à-dire un exercice nécessaire qui consiste à se mettre à la place de l’autre, en considérant son expérience comme une expérience collective », Colectivo LASTESIS, Quemar el miedo. Un manifiesto, con la colaboración de Alejandra Carmona, Mexico, Planeta, 2021, p. 9. Retour au texte

24 Chloé Delaume, Mes biens chères sœurs, Paris, Seuil, 2019. Retour au texte

25 Delaume, 2021, p. 13. Retour au texte

26 Elsa Dorlin, « Cette fois, le feu ! Une histoire populaire des féminismes », dans Elsa Dorlin (dir.), Feu ! Abécédaire des féminismes présents, Montreuil, Libertalia, 2021, p. 13. Retour au texte

27 Aurélie Olivier, « Préface », Lettres aux jeunes poétesses, ouvrage collectif initié par Aurélie Olivier, Montreuil, L’Arche, 2021, p. 12. Retour au texte

28 Elsa Dorlin, « Remerciements », dans Dorlin, 2021, p. 729. Retour au texte

29 Aurélie Olivier, « Préface », dans Olivier, 2021 p. 14. Retour au texte

30 Elsa Dorlin, « Cette fois, le feu ! Une histoire populaire des féminismes », dans Dorlin, 2021, p. 11. Retour au texte

31 Voici la page de présentation de l’Arche de ce « collectif d’autriX » : https://www.arche-editeur.com/auteur/rer-q-4038. Retour au texte

32 Nous renvoyons à nos travaux en cours sur le sujet : « Écritures en partage dans la littérature contemporaine : un geste de confiance », Fabula / Les colloques, Fiducia (II). Matter of Trust / Question de confiance (dir. Emmanuel Bouju, Alison James), https://doi.org/10.58282/colloques.12721 ; « Auteur·trice·s augmenté·e·s ? Épimodernisme, auctorialité, pluralité », L’épimodernisme. Circulations et circonstances dans Revue de littérature comparée, 2025/1, n° 393. Retour au texte

33 Kiyémis, « La sororité comme horizon », dans Delaume, 2021, p. 141. Retour au texte

34 En 2024, la traduction en français de cinq volumes est publiée au terme de neuf années de travail : « Basta! Femmes contre la violence de genre », volume de traductions littéraires collectives coordonné par Caroline Lepage, Crisol. Série numérique, 2024, n° HS, https://crisol.parisnanterre.fr/index.php/crisol/issue/view/98. Retour au texte

35 Nous le savons bien mais l’auctorialité traditionnelle le masque souvent : jamais un livre ne s’écrit et ne se publie dans une solitude de tour d’ivoire, il en est de même pour un article scientifique et, si celui-ci est signé d’un seul nom, il s’appuie, entre autres, sur la suggestion de Virginie Brinker de lire Elles disent de Léonora Miano, sur la découverte de l’Anthologie Transfem grâce au travail d’E. G. (étudiant de l’Université Rennes 2), sur le prêt amical de deux numéros de Sorcières par une voisine d’immeuble, Françoise L. Retour au texte

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Référence électronique

Charline Pluvinet, « Créations littéraires au féminin pluriel : l’espace sororal de la publication collective », Savoirs en lien [En ligne], 4 | 2025, publié le 30 janvier 2026 et consulté le 30 avril 2026. Droits d'auteur : Le texte seul, hors citations, est utilisable sous Licence CC BY 4.0. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont susceptibles d’être soumis à des autorisations d’usage spécifiques.. DOI : 10.58335/sel.768. URL : http://preo.ube.fr/sel/index.php?id=768

Auteur

Charline Pluvinet

CELLAM, Université Rennes 2, France

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