Les familles monoparentales dans le roman hugolien

  • Single-parent families in Hugo’s novels

DOI : 10.58335/sel.602

Résumés

Le xixe siècle est une période riche en bouleversements, on le sait, politiques, sociaux et économiques. Il l’est également du point de vue de la famille. Faire famille est un nouvel enjeu, car des modèles s’opposent. Face au modèle bourgeois de la famille nucléaire, la Révolution semble avoir ouvert la voie, et les Lumières avant elle, à de nouvelles structures, qui décomposent les mécaniques traditionnelles. Cet article cherche ainsi à étudier les spécificités du système monoparental dans le roman hugolien. Nous notons d’abord l’importante fréquence de cette structure familiale, tout en la mettant en contexte : loin d’être considérée comme une norme, la monoparentalité dans le siècle peut parfois être monnaie courante, qu’elle soit choisie ou bien subie. Ainsi Fantine, abandonnée par Tholomyès, subit son entrée en monoparentalité, là où Jean Valjean, par le biais de l’adoption, la choisit. Après avoir étudié les divergences structurelles de la monoparentalité dans les romans de Hugo, il s’agit de s’intéresser à l’ambiguïté de ce système familial. Car, loin de proposer des parents à fonction unique, Hugo fait du monoparent un être cumulant les statuts : ni père, ni mère, le parent unique est à la fois l’un et l’autre. On pense à Ursus allaitant le nourrisson Dea, ou encore à Frollo maternant son jeune frère. Nous portons enfin notre regard sur la question du modèle. En effet, il faut in fine savoir si cette fréquence du système monoparental dans les romans hugoliens signifie, ou non, proposition d’un contre-modèle. En réalité, nous faisons l’hypothèse que Hugo se sert de la monoparentalité comme d’un moyen d’accéder, dans l’espace-temps du récit, à une autre forme familiale, plus large, une sorte de famille de l’idéal incarnant le progrès.

The 19th century was a period of upheaval–political, social and economic. It was also a time of upheaval for the family. The family was a new challenge, as different models came into conflict. Faced with the bourgeois model of the nuclear family, the Revolution seems to have paved the way, and the Enlightenment before it, for new structures. This article looks at the specific features of the monoparental system in Hugol’s novels. We begin by noting the high frequency of this family structure, while contextualizing its representations: far from being considered a norm, single parenthood in the century can sometimes be commonplace, whether it is chosen or suffered. For example, Fantine, abandoned by Tholomyès, is forced into single parenthood, whereas Jean Valjean chooses it through adoption. Having studied the structural differences in single parenthood in Hugo’s novels, we now turn to the ambiguity of this family system in Hugo’s novels. For, far from proposing single parents, Hugo makes the single parent a being with multiple statuses: neither father nor mother, the single parent is both. For example, we think about Ursus breastfeeding the infant Dea, or Frollo mothering his younger brother. Finally, we look at the question of the model. We turn to the question of the model. In the final analysis, we need to know whether the frequency of single-parenthood in Hugol’s novels means that a counter-model is being proposed. In fact, we hypothesise that Hugo uses single parenthood as a means of gaining access, in the space-time of the narrative, to another, broader family form, a kind of ideal family embodying Progress.

Plan

Texte

En décollant le roi, 93, et à plus forte raison toute la Révolution française, coupe la tête du père de la nation et du père de famille. L’Ancien Régime meurt d’une suppression de cette figure autoritaire. Balzac, dans les Mémoires de deux jeunes mariées, est très franc : « En coupant la tête à Louis XVI, la Révolution a coupé la tête à tous les pères de famille1. » Supprimer le père, c’est mettre en péril toute l’institution familiale en place, institution considérée par Bonald, non moins conservateur que le jeune Chateaubriand, comme un « rapport nécessaire2 » au bon fonctionnement de la mécanique sociale : sans père, la famille s’écroule, et sans famille, la société n’est plus.

Ce discours, prédominant dans toute la première moitié du xixe siècle, est à la fois le signe d’une réelle modification de la manière dont on pense la famille, et la marque d’une résistance virulente à son encontre. Le xixe siècle réinvente, de la Première à la Troisième République, les origines et les définitions de la famille, tout en imaginant de nouvelles modalités du faire famille. Entrer dans l’histoire des dynamiques et des symboliques familiales au xixe siècle, c’est d’emblée comprendre l’écho qui se fait entre l’instabilité d’une société politique en (re)construction et l’hésitation dans les discours et dans les mœurs entre plusieurs modèles. D’un côté, la pensée conservatrice regrette le patriarcat autoritaire d’Ancien Régime, dans lequel la famille, en tant qu’institution naturelle et divine, était régie par un paterfamilias dont l’autorité ne s’affirmait qu’au détriment du sentiment. D’un autre côté, le xixe siècle voit naître l’avènement d’un nouveau « paramètre3 », pour reprendre le mot de C. Bernard : le sentimental devient le moteur de nouvelles familles dans lesquelles le père laisse place au couple parental, et dans lesquelles l’enfant, loin de n’être qu’héritier potentiel, devient peu à peu le centre du système familial nucléaire qui s’impose.

Face à Chateaubriand, puis face à Balzac, Hugo vient incarner un deuxième romantisme fondé sur le progrès. Là s’exprime la modernité d’une famille repensée : « Renverser les bastilles, c’est délivrer l’humanité ; abolir la féodalité, c’est fonder la famille4. » Cette phrase, trop gnomique pour n’être pas une revendication, fait de 93 un renouveau familial dans lequel le « paternalisme5 » remplacerait le patriarcat. La famille proposée par Hugo est une famille sentimentale, guidée par l’amour et par la bienveillance. En ce sens, le modèle familial hugolien n’est pas un modèle structurel. Là où le système nucléaire, composé du binôme conjugal et de l’enfant – ou des enfants – prend de plus en plus de place dans l’univers bourgeois qui s’établit tout au long du siècle, le système hugolien, lui, institue la famille avant tout par le sentiment, c’est-à-dire par l’amour – parfois chrétien, ou en tout cas christique – de l’autre. De là naît dans sa fiction romanesque une multitude de structures familiales qui échappent aux modèles dominants. Des parents manquent, des enfants se gardent les uns les autres, des frères et sœurs sont aussi des amants. Il est en fait important de noter que les familles naturelles, généralement nucléaires, se disloquent, sans doute parce qu’elles sont construites sur la base d’une institution sociale, au profit de nouveaux systèmes, de nouvelles « formules familiales6 », fondées elles sur un lien sentimental entre deux êtres profondément humains. Ce glissement de la famille sociale à la famille sentimentale semble être un des enjeux fondamentaux de la manière dont Hugo pense et rédige la famille dans son œuvre romanesque.

Dans les modèles de familles hugoliennes, l’un attirera ici particulièrement notre attention : celui de la famille monoparentale. Le terme, trop moderne pour avoir été écrit tel quel par Hugo, dit la spécificité d’une « formule familiale » dans laquelle le couple parental traditionnel est remplacé par une figure parentale unique. Les « voies d’entrée en monoparentalité7 » sont multiples, et ne sont cependant pas neuves. Soit veuvage, soit célibat, ou même, à partir de la légalisation définitive du divorce en 1884, séparation, l’entrée en monoparentalité n’est finalement pas rare. S’ajoutent à cela les adoptions, soit légales, soit simplement consenties entre adultes majeurs, qui permettent à un homme ou à une femme seul(e) de devenir parent. Tout en supposant une réalité sociale différente des familles nucléaires – le souci financier et éducatif n’est pas le même –, la monoparentalité peut faire penser, lorsqu’elle est choisie du moins, à la construction idéologique d’un contre-modèle familial. C’est là ce qu’il faudra interroger, car la fréquence de la monoparentalité dans les romans de Hugo est frappante, et impose la question d’une volonté, de la part de l’auteur, de proposer un modèle autre, et ainsi de faire de la monoparentalité une voie d’accès à la famille moderne.

I. Typologie de la monoparentalité dans les romans de Hugo

1. Fréquence

Mener une étude statistique des modèles familiaux à l’œuvre dans les romans de Victor Hugo est un lourd et fastidieux travail. Les familles sont multiples, et généralement l’espace-temps du roman permet aux personnages de modifier en cours de route la structure familiale dans laquelle ils évoluent. Loin de n’effectuer qu’un passage d’une famille d’amont – les parents, générations ascendantes, dont on n’est que l’enfant – à une famille d’aval – famille créée par l’alliance amoureuse et/ou conjugale, qui peut supposer des enfants, soit génération descendante – la trame narrative chez Hugo permet aux personnages de circuler entre différentes structures familiales. Il en est ainsi de Cosette, née bâtarde de l’union hors-mariage entre son géniteur Félix Tholomyès et sa mère Fantine, confiée ensuite aux Thénardier avant d’être recueillie par l’amour parental de Jean Valjean. Ce simple exemple montre déjà la porosité des modèles familiaux en place.

Dès les romans de jeunesse – Han d’Islande et Bug Jargal –, la monoparentalité se donne à lire comme une « formule » possible. Jean Schumacker éduque seul sa fille Ethel dans la prison de Munckholm. Mais le système monoparental reste discret, au profit de familles nucléaires, non plus familières, mais plus acceptables pour le jeune Hugo conservateur qui écrit ces romans historiques8. Dans les romans courts – Le Dernier jour d’un condamné et Claude Gueux –, le discours politique au profit de l’abolition de la peine de mort évince en quelque sorte la réflexion familiale. Ce n’est à proprement parler qu’à partir de Notre-Dame de Paris, roman publié en 1831, que Hugo exploite pleinement les perspectives de la monoparentalité. Esmeralda, élevée par des bohémiens, retrouve à la fin la sachette de Notre-Dame, sa mère. Le père n’existe pas. Quasimodo, lui, est adopté par Claude Frollo, qui endosse déjà, seul, la fonction paternelle auprès de son jeune frère Jehan. Moins évident : Fleur-de-Lys, que l’on retient généralement comme la promise de Phoebus, est fille unique de la veuve Gondelaurier. Dans Notre-Dame de Paris, la monoparentalité prend une part importante dans les structures familiales proposées par Hugo, au risque, pour le lecteur, d’oublier l’existence d’autres manières de faire famille. Trente ans plus tard, Les Misérables exploite abondamment le modèle de familles pourvues d’une figure parentale unique. Mais à la différence de Notre-Dame de Paris, Les Misérables est un roman dans lequel la monoparentalité côtoie d’autres systèmes familiaux. Si Fantine élève seule son enfant avant d’être vite relayée par Jean Valjean, les Thénardier proposent l’image d’une famille nucléaire composée d’un couple parental et de cinq enfants. Marius, élevé par son grand-père, Luc-Esprit Gillenormand, dérive dans le roman vers le mythe du père, qu’il fantasme en héros napoléonien ; la mère ne fait pas partie de l’équation familiale. Les trois derniers romans de Hugo continuent la voie de cette fréquence, puisque Gilliatt est fils unique d’une mère qui l’élève seule, et que Déruchette est la fille adoptive de son oncle Lethierry. Dans L’Homme qui rit, Gwynplaine et Dea, tous deux orphelins, appartiennent in fine à une famille dont la figure parentale est unique : Ursus. Dans les premières pages de Quatrevingt-treize enfin, Michelle Fléchard nourrit seule ses enfants dans la forêt vendéenne, avant qu’ils ne lui échappent et que s’engage un itinéraire romanesque et politique visant à reconstruire l’unité familiale perdue – mais une unité sans père.

2. Les « voies d’entrée en monoparentalité » : divergences originelles et structurelles

Huguette Caglar insiste sur l’importance de prendre en considération les « voies d’entrée en monoparentalité9 » dans la question du faire famille. En effet, certaines familles monoparentales le sont par voie de fait – la voie d’entrée est donc subie – là où, pour d’autres, l’entrée en monoparentalité est un choix. Ces deux manières d’aborder la monoparentalité nécessitent deux analyses distinctes.

a. La monoparentalité subie : veuvage et abandon

Au début du xixe siècle surtout – mais cela vaut pour l’ensemble du siècle –, le veuvage est un statut fréquent. Anne Verjus et Denise Davidson rappellent que si, au tournant des xviiie et xixe siècles, on pense souvent à la mortalité infantile, celle qui touche les pères et les mères de famille n’est pas moins importante. La mort en couches reste fréquente10 ; quant aux hommes, « la guerre décime autant que l’enfantement11 ». La monoparentalité résulte dans ce cas de la mort de l’autre parent.

Dans les romans de Hugo, les veufs et veuves ne sont pas absents. Si les veuves incarnent souvent, comme la Victurnien des Misérables, de vieilles mégères aigries, lorsqu’elles sont faites protagonistes et mères, elles sont chez Hugo la force animale de la maternité – car Hugo croit fortement à un instinct maternel bestial –, qui s’exprime dans une quête incessante de l’enfant arraché. La Flécharde de Quatrevingt-treize est une jeune veuve (son mari, soldat, est mort trois jours plus tôt) dont le veuvage exclut dès le début du roman son potentiel féminin au profit de la réalité maternelle : à défaut d’être épouse, elle n’est rien d’autre que mère, rejouant dans le tableau sylvestre des premiers chapitres la topique de la veuve et de l’orphelin : « une veuve, trois orphelins12 ». Dotée par le narrateur d’une fonction essentiellement nourricière, quoique fonction précaire – « Je n’ai plus de lait13 », affirme-t-elle au désespoir –, la Flécharde est une mère protectrice. Lorsqu’elle perd ses trois enfants dans les méandres de l’intrigue politique, l’itinéraire romanesque du personnage s’assimile à une quête de la maternité, sans laquelle Michelle Fléchard n’existe plus : « Je ne suis pas une folle, je suis une mère. J’ai perdu mes enfants. Je les cherche. Voilà tout14. » Les retrouvailles, qui ne sont pas sans rappeler celles de la recluse de Notre-Dame et de sa fille, Agnès – alias Esmeralda –, ramènent une nouvelle fois le personnage à son seul statut maternel : « cette mère, c’était la maternité15 ».

Bien avant la mère de Quatrevingt-treize, Fantine incarnait dans Les Misérables une autre manière d’entrer sans consentement en monoparentalité : l’abandon. Jean-Claude Bologne note qu’entre 1801 et 1875, le taux de nuptialité reste stable en France (entre 7,5 et 8 %)16. Parallèlement, cette stabilité suppose de fait une stabilité des autres manières de faire famille. Si le mariage reste la voie de prédilection, notamment parce qu’il garantit un engagement moral et financier, le concubinage est une configuration familiale fréquente. De ces unions naissent des enfants illégitimes. L’hésitation lexicale qui court sur tout le xixe siècle entre « bâtard » et « enfant naturel » dit la grande ambivalence du statut de ces enfants nés hors-mariage. Rejetés par le modèle bourgeois, les enfants illégitimes sont pourtant monnaie courante dans les classes populaires autant que dans les hautes sphères de la société du temps : si, en 1750, on ne dénombre qu’1 % d’enfants illégitimes en France, en 1845 on en compte 7,7 %. À Paris, le chiffre passe de 10 à 25 %17. Quoique plus fréquentes, ces naissances rencontrent tout au long du siècle des oppositions morales importantes, qui relèguent le bâtard et la fille-mère à des rangs inférieurs. Le problème principal que pose, pour les femmes notamment, la naissance d’enfants hors-mariage, est l’instabilité structurelle du rapport au père. Celui-ci est en effet pourvu d’un seul rôle biologique, dont personne ne peut d’ailleurs être certain : le « pater semper incertus » règne en maître, au point que le Code Napoléon interdit la recherche en paternité18. Aucun contrat légal ne lie le père au foyer qu’il construit avec la mère ; il peut ainsi décider de se soumettre ou non à ses responsabilités parentales. La mère, elle, est contrainte d’élever son enfant, souvent de le nourrir – l’héritage rousseauiste a globalement ancré l’allaitement maternel dans les mœurs –, et ne peut donc, à la différence du père, que difficilement se soustraire à son statut de mère. Quoiqu’aucune étude statistique globale et exhaustive ne dénombre l’importance des abandons dans le cadre de ces concubinages, la fiction littéraire se donne à lire comme témoin d’une société dans laquelle les naissances illégitimes pouvaient impliquer la précarité d’une mère abandonnée par le père de l’enfant. C’est le cas de Fantine : lorsque Tholomyès l’abandonne par surprise, le narrateur mentionne pour la première fois l’existence d’un enfant : « C’était, nous l’avons dit, son premier amour ; elle s’était donnée à ce Tholomyès comme à un mari, et la pauvre fille avait un enfant19. » L’entrée en monoparentalité est pour Fantine subie et signe d’indigence : c’est parce que Tholomyès l’abandonne que Fantine, seule, doit à la fois endosser le rôle de mère et celui de travailleuse. Cette double condition la pousse à confier Cosette à la mère Thénardier, comme il était habituel au xixe siècle de mettre son enfant en nourrice. À la différence de la recluse de Notre-Dame de Paris ou de la Flécharde de Quatrevingt-treize, Fantine ne reverra jamais son enfant, et la monoparentalité apparaît dans son cas comme cause de chute20 et de mort.

b. La monoparentalité choisie : célibat et adoption

Le célibat est généralement associé, dans la pensée bourgeoise du xixe siècle, à l’absence de vie de famille. Être célibataire, c’est refuser de faire famille. Politiquement comme socialement, les célibataires préoccupent : ils sont une menace pour l’ordre social car ils mettent en péril le renouvellement des générations, et par là même la transmission des biens et des titres. Mais C. Bernard rappelle que tout célibataire n’a pas en société la même valeur et ne véhicule pas le même imaginaire. Ainsi le célibataire chaste, homme d’Église, est respectable, là où la vieille fille ou le vieux garçon sont des ratés. Pourtant, le célibat n’est pas systématiquement synonyme d’absence de structure familiale.

Dans les romans de Hugo, nombreux sont les célibataires qui fondent une famille avec un ou plusieurs enfants. Contrairement au veuvage ou à l’abandon, le célibataire père de famille signifie une entrée en monoparentalité choisie. La construction familiale naît alors d’un modèle mis en débat au xixe siècle : celui de l’adoption. Depuis les premières tentatives de rédaction du Code civil sous la Révolution, la question légale de l’adoption est posée : « L’adoption sera comprise dans son plan général des lois civiles21. » Elle est pensée par les révolutionnaires comme une manière de partager les richesses, de diviser les patrimoines et de mettre à mal une conception filiale et linéaire de la famille. Légalement, l’adoption aboutit à l’écriture du huitième titre du livre I du Code Napoléon : « De l’adoption et de la tutelle officieuse ». L’adoption permet aux parents stériles, mais également aux célibataires – et c’est là que se loge le débat – de fonder une famille. Cependant, les conditions légales pour adopter sont très nombreuses et empêchent une application massive de ce droit : l’adoptant doit être âgé d’au moins cinquante ans, n’avoir « ni enfants, ni descendants légitimes » (art. 343), et il doit prouver avoir aidé l’enfant pendant les six années qui précèdent l’adoption. Ajoutons ceci : l’adopté doit, lui, être majeur – la majorité étant fixée par le Code civil à vingt-et-un ans. Deux dérogations principales existent néanmoins, puisque la loi prévoit la possibilité d’une tutelle pour un enfant de moins de quinze ans, sous réserve de l’accord de ses parents, et elle indique, dans l'artricle 347 du Code pénal la prise en charge de facto d’un nouveau-né retrouvé. L’histoire de l’adoption est complexe et longue, mais le xixe siècle oscille entre un esprit conservateur qui fait de l’adoption un principe révolutionnaire source d’éparpillement des patrimoines, et un esprit plus progressiste qui s’attache à la démarche chrétienne d’une adoption dite charitable. Hugo, on l’aura bien compris, se place du côté des seconds, et met en scène dans ses fictions romanesques des adoptions qui n’ont en réalité rien de légal, mais qui sont néanmoins fréquentes. Quand les conditions et les démarches légales découragent, le consentement entre parents est de mise. Jack Goody parle d’ailleurs à ce propos d’une grande « mobilité des enfants d’un groupe domestique à un autre22 », quand Hugo, lui, évoque une certaine manie du « prêt d’enfants23 ».

Face aux veuves qui regardent Quasimodo sans être capables de l’adopter, Claude Frollo, archidiacre de Notre-Dame, s’impose : « J’adopte cet enfant24. » Plus tard, « il baptisa son enfant adoptif, et le nomma Quasimodo25 ». Le rôle du père adoptif, puisqu’il est choisi par le personnage, est moins précaire que ne l’est celui de Fantine : pour Frollo, l’adoption est une manière de sauver l’enfant, sans pour autant mettre en péril sa propre vie. De la même manière, Jean Valjean, en devenant le père adoptif de Cosette, la sauve. Dans le chapitre intitulé « La petite toute seule », le héros porte à la place de l’enfant le fardeau qu’est le seau réclamé par la Thénardier. Il est alors intéressant de noter qu’à en croire les titres rédigés par Hugo, l’adoption par Jean Valjean de Cosette est une manière d’accomplir la « promesse faite à la morte26 », c’est-à-dire à Fantine, la mère. L’adoption, si elle n’est pas légale, résulte ici d’un accord tacite entre le père de la future famille monoparentale viable et la mère d’un système monoparental défaillant. Dans L’Homme qui rit enfin, la traversée du désert qu’effectue Gwynplaine au début du roman lui permet d’accéder in fine à une structure familiale monoparentale viable : après avoir recueilli Dea, nourrisson presque mort sous la neige, il est finalement accueilli par Ursus. De là ce constat à la fin de la première partie :

Ça ne va pas être commode à présent de tenir trois dans cette boîte-ci. Quelle tuile ! Voilà que j’ai de la famille à présent ! Fille et garçon. […]
– Bien, Homo. Je serai le père et tu seras l’oncle. […]
– Adoption. C’est dit27.

La performativité du langage suffit ici à acter l’adoption, et donc à fonder la famille monoparentale qui restera fonctionnelle jusqu’à la fin du roman.

L’adoption de Gwynplaine et Dea par Ursus, de la même manière que l’adoption de Quasimodo par Frollo ou encore celle de Cosette par Jean Valjean, est une manière de sauver l’enfant en lui proposant une solution d’avenir. La fonction du parent seul est alors à la fois nourricière, protectrice et éducative. L’adoption, inscrite dans le Code civil qui, rappelons-le, ne connaît pas de modification majeure avant 1923, propose une « nouvelle façon de faire famille28 », en donnant à des célibataires l’opportunité de construire une unité familiale en dehors d’un modèle familial dominant, qui privilégie une figure parentale double.

II. D’un modèle à un autre : la monoparentalité comme moyen de faire famille ?

1. De la triade au couple : ambivalence et ambiguïté de la monoparentalité chez Hugo

La situation de monoparentalité suppose une modification essentielle de la structure familiale traditionnelle. En effet, là où la famille se pense généralement sur un modèle triangulaire comprenant un enfant unique ou une fratrie subordonnée à un couple parental, la famille monoparentale réduit l’équation à deux termes, puisque la fonction parentale n’est plus assumée par un couple, mais bel et bien par une seule personne. Il faut rappeler que le xixe siècle, quoiqu’il ait été une époque de bouleversement concernant les rôles définis du père et de la mère, maintient une forme de tradition selon laquelle le père est le garant financier du foyer familial, lorsque la mère est, elle, la garantie d’une bonne éducation. Les fonctions sont réparties entre les deux parents, ce qui implique un manque considérable lors de la disparition – ou de l’inexistence – de l’un des deux.

Ainsi Fantine, comme on l’a déjà dit, ne peut assumer à la fois le rôle de mère – nourricière, femme au foyer – et celui d’ouvrière. Chez Hugo, la viabilité de la monoparentalité nécessite deux choses. D’abord, elle suppose une sécurité financière, qui provient soit de la richesse du parent – Jean Valjean avec Cosette –, soit du travail de l’enfant – Gwynplaine, par sa grimace figée, devient bête de foire dans la cahute d’Ursus. Ensuite, cette viabilité n’est rendue possible que par la fusion, à l’intérieur du personnage-parent, des deux rôles parentaux. Autrement dit, chez Hugo, le monoparent n’est ni tout à fait mère ni tout à fait père, puisqu’il est l’un et l’autre. Dès Notre-Dame de Paris, Hugo construit des figures parentales doubles, qui sont tout à la fois père et mère. Si la recluse n’est, comme la Flécharde de Quatrevingt-treize, qu’une mère, Frollo, lui, est pour le jeune Jehan « plus qu’un frère, il lui [devient] une mère29 ». Mais plus loin, Frollo emploie face à son frère venu lui demander de l’argent une « expression […] paternelle30 ». Dans L’Homme qui rit, Ursus occupe au moment d’accueillir les enfants dans sa cahute la fonction nourricière normalement dévolue à la mère. Là où le narrateur faisait mention, quelques chapitres plus haut, de la goutte de lait glacée sur le sein de la mère morte de Dea, Ursus improvise une sorte de biberon grâce auquel il allaite le nourrisson. L’injonction est claire : « Tète31 ». Le sein de la mère est certes concrètement remplacé par la tétine artificielle d’un biberon bricolé ; cependant, dans le texte, la fiole contenant le lait rend possible une sorte d’allaitement au sein, puisqu’Ursus dit à Dea : « prends-moi le téton32 ». Une centaine de pages plus loin, le narrateur tranche : « il s’était fait mère et nourrice33 ». Mère par l’allaitement, Ursus est père par l’éducation qu’il apporte aux enfants. Il apprend à Gwynplaine le latin, à Dea la musique et aux deux le chant. Ainsi « Ursus avait été pour Gwynplaine et Dea à peu près père et mère34 ».

On l’a dit : il est impossible dans les romans de Hugo, pour les mères, de subvenir seules aux besoins des enfants. En revanche, le père, lui, en assumant pleinement les deux rôles parentaux, parvient à incarner le Parent, avec la majuscule, chargé d’une mission éducative et sociale : le Père est guide et mage comme Dieu l’est pour les hommes. Hugo contribue à n’en pas douter à la mythification d’un rôle paternel fondé sur l’amour et sur la bienveillance. Et plus particulièrement, Hugo naît dans – et entretient – le mythe d’un rapport idéal entre père et fille : « Il y eut sans doute, rappelle Yvonne Knibiehler, à la fin du xviiie siècle et dans la première moitié du xixe siècle, une sorte d’idylle entre pères et filles35 ». On sait la relation qu’entretenait Hugo avec sa « Didine », dont la mort laissera un blanc considérable dans Les Contemplations. Cette relation est reproduite dans le rapport qu’entretient Jean Valjean avec Cosette. Inconsciemment ou non, la mère est évincée, mise de côté, de manière à dessiner les contours ambigus d’une structure monoparentale dans laquelle la dualité parent-enfant se soumet à une mise en conjugalité des membres de la famille. Dans Les Travailleurs de la mer, le traditionalisme36 de Lethierry lui fait entrevoir le mariage de sa nièce comme une bénédiction. À l’inverse, pour Jean Valjean, Marius est longtemps considéré comme un rival. Sans forcément aller jusqu’à envisager Œdipe et son complexe, il est intéressant de noter que lorsque la relation parents-enfants passe au singulier, elle tend vers une conjugalité complexe qui suppose enfermement de la jeune fille en fleurs. En effet, Ethel, en princesse stéréotypée, est enfermée dans la tour de la prison de Munckholm, aux côtés de son père. La relation avec le père agit ainsi comme un rempart contre les méandres de l’amour, qu’elle finit par connaître à la fin du roman avec Ordener Guldenlew : « de l’alliance d’Ordener et d’Ethel naquit la famille des comtes de Danneskiold37 ». Cosette, elle, est d’abord cloîtrée dans le couvent du Petit-Picpus avant d’être enfermée derrière les grilles de son jardin idyllique de la rue Plumet. En empêchant dans un premier temps l’accès au mariage, le père cherche à former avec la fille une relation de couple indissoluble. Ce n’est que lorsque Jean Valjean aura sauvé Marius en le portant dans les égouts de Paris que celui-ci deviendra un membre à part entière de la famille. Sauvé par le père, il devient fils et donc se positionne au même rang de familiarité que Cosette. Le mariage n’est donc plus lu comme une menace pour le parent unique.

2. La famille monoparentale, nouveau modèle ?

Flaubert écrit à sa mère, à la mort de son père : « Tu n’auras pas de rivale n’aie pas peur38. » Cette affirmation dit la prégnance, dans la pensée du xixe siècle, d’un modèle monoparental sécurisant, dans lequel l’enfant et le parent unique semblent former un bloc indissoluble proche d’une relation de conjugalité. Pour autant, la monoparentalité, surtout lorsqu’elle est choisie et non subie, demeure dans la pensée bourgeoise dominante une menace économique, morale et même démographique. Le leitmotiv du siècle est celui-ci : « Un seul père, une seule mère, pas un de plus, pas un de moins39. »

Chez Hugo, pourtant, les enfants sont transférés d’une famille à une autre et multiplient les parentalités. Gwynplaine, enfant adoptif d’Ursus, est aussi fils d’une lignée royale. Ordener, enfant du vice-roi de Norvège, est en même temps fils adoptif de Levin de Knud. Marius, contraint d’être éloigné d’un père aimant, est aimé comme un fils par Gillenormand, son grand-père. Les structures familiales semblent poreuses et réajustables. En ce sens, il est assez difficile, malgré sa fréquence dans l’œuvre romanesque de Hugo, de faire de la monoparentalité un modèle défendu par l’auteur. Chez Hugo, la revendication familiale ne se situe pas de ce côté-là. En effet, Hugo ne brandit jamais dans ses romans l’étendard d’un système familial préférable à un autre. La monoparentalité apparaît davantage pour les personnages comme une passerelle, comme une manière provisoire d’échapper à la famille instituée qui, pour Hugo, est vouée à l’épuisement. Balzac voyait, dans l’Avant-propos à La Comédie humaine, la « Famille » comme « le véritable élément social », et se rangeait ouvertement « du côté de Bossuet et de Bonald, au lieu d’aller avec les novateurs modernes40 ». Hugo, lui, penche vers un progressisme de gauche à partir des années 1830 – ce qui explique notamment l’écart considérable, en termes de pensée de la famille, entre les romans de jeunesse et Notre-Dame de Paris –, et à plus forte raison après la révolution de 1848. Cette évolution politique s’accompagne d’une vraie pensée du progrès, dans laquelle la monoparentalité n’apparaît pas comme source d’avènement d’un monde meilleur. Pour Hugo, le progrès tient en partie dans l’éclatement de la « famille sociale » au profit de la « famille naturelle41 ». La famille échappe alors aux perspectives traditionnelles, qui la pensent à la fois comme capital et comme échange. Hugo voit au contraire dans la famille une source de relations humaines authentiques, fondées essentiellement sur l’amour.

L’exemple de Gwynplaine est intéressant car il permet de mettre en parallèle une famille de l’idéal avec une famille sociale. Gwynplaine en effet découvre au cours du roman qu’il est issu d’une noble lignée, lui qui s’était cru orphelin et s’était plu comme fils adoptif d’un saltimbanque-philosophe : « À ce groupe lié à lui par la parenté de la pauvreté et du travail, et qui était sa véritable famille naturelle, s’était substituée la famille sociale, famille du sang […]42. » L’ambivalence familiale dans laquelle se retrouve Gwynplaine permet à Hugo de dire la prééminence du sentiment dans la relation familiale. Le sang, s’il est séduisant d’abord pour le personnage, finit par le perdre, et Gwynplaine retrouve à la fin du roman sa « famille naturelle ».

En ce sens, la monoparentalité n’est une fois de plus pas donnée à lire par Hugo comme un nouveau modèle. Voir dans la monoparentalité hugolienne une proposition structurelle pour la famille, c’est appauvrir la question car on omet alors la dimension symbolique de ces « formules familiales ». Quand Hugo met Cosette entre les mains de Jean Valjean, il n’exclut pas la possibilité d’une mère, il fait du père l’unique représentant d’une parentalité indivisible, vécue alors comme valeur bien davantage que comme statut. Jean Valjean n’est en ce sens pas un père d’une famille monoparentale ; il est le Père, le même qu’Ursus. Les mères, elles, ne sont pas non plus plurielles : Fantine, comme la recluse et comme Michelle Fléchard, est la Mère. La monoparentalité permet d’exprimer pleinement le statut parental, sans nécessiter la séparation du rôle en deux personnages, l’un féminin et l’autre masculin.

Conclusion

Dans la préface de La Rabouilleuse, Balzac déplore « la diminution de la puissance paternelle43 ». C’est que, « quelque tendre et bonne que soit la Mère, elle ne remplace pas plus cette royauté patriarcale que la Femme ne remplace un Roi sur le trône44 ». Pourtant, Bonaparte renforce par le Code civil de 1804 l’autorité du paterfamilias, et remet ainsi le père au centre du pouvoir familial. Cette contradiction s’explique par la disjonction qui existe, au xixe siècle, entre une politique légale valorisant un modèle familial dirigé par un paterfamilias autoritaire – modèle dans lequel le divorce est d’ailleurs interdit – et une réalité sociale dans laquelle, sous l’égide d’un héritage rousseauiste, « l’amour paternel émerge à côté de l’autorité45 ». Dès lors, l’amour entre dans l’équation familiale et remplace peu à peu le modèle autoritaire et patriarcal investi par le pouvoir en place. Dans ses romans, Hugo, penseur d’un progrès qui fonde sa foi en l’homme, fait de la famille monoparentale une manière de contrer l’opposition sociale entre père et mère, non de contrer le modèle nucléaire en en proposant un autre ; par le biais de la monoparentalité, Hugo focalise l’attention sur le cœur même de la relation familiale : le lien sentimental. D’un système de filiation, Hugo transfère la question familiale vers un système philiation dans lequel la famille n’est plus un « élément social46 », comme le pense Balzac, mais bien un fondement de l’idéal.

Bibliographie

Honoré de Balzac, Avant-propos à La Comédie humaine [1842], Paris, Gallimard, t. I, 1976.

Honoré de Balzac, Préface de La Rabouilleuse [1842], Paris, Gallimard, t. IV, 1976.

Claudie Bernard, Penser la famille au XIXe siècle : 1789-1870, Saint-Étienne, Presses universitaires de Saint-Étienne, 2007.

Jean-Claude Bologne, Histoire du célibat et des célibataires, Paris, Hachette, 2007.

Huguette Caglar, Les Familles monoparentales : matricentriques et patricentriques, hétéro et homosexuelles, Paris, L’Harmattan, 2010.

Christiane-Catherine Canel-Dol, Les Adoptions en France de 1789 à 1923 : rêvées, instituées et vécues, thèse dirigée par Enric Porqueres i Gené, Séverine Mathieu et Jean-Paul Zúñiga], https://theses.fr/2021EHES0095, 2021.

Yvonne Castellan, La Famille, Paris, PUF., 1995.

Denise Davidson et Anne Verjus, Le Roman conjugal : chroniques de la vie familiale à l’époque de la Révolution et de l’Empire, Seyssel, Champ Vallon, 2011.

Jack Goody, L’Évolution du mariage et de la famille en Europe [1985], Paris, Armand Colin, 2012.

Jean-Marc Hovasse, Victor Hugo. Avant l’exil. 1802-1851, Paris, Fayard, 2001.

Victor Hugo, Han d’Islande [1823], Paris, Gallimard, 1981.

Victor Hugo, Notre-Dame de Paris [1831], Paris, Gallimard, 1975.

Victor Hugo, Les Misérables [1862], Paris, Gallimard, 2018.

Victor Hugo, L’Homme qui rit [1869], Paris, Le Livre de Poche, 2002.

Victor Hugo, Quatrevingt-treize [1874], Paris, Le Livre de Poche, 2001.

Yvonne Knibiehler, Les Pères aussi ont une histoire, Paris, Hachette, 1987.

Notes

1 Honoré de Balzac, Mémoires de deux jeunes mariées, cité dans Claudie Bernard, Penser la famille au xixe siècle. 1789-1870, Saint-Étienne, Presses universitaires de Saint-Étienne, 2007, p. 20. Retour au texte

2 Cité dans Bernard, 2007, p. 206. Retour au texte

3 Bernard, 2007, p. 206. Retour au texte

4 Victor Hugo, Quatrevingt-treize [1874], Paris, Le Livre de Poche, 2001, p. 471. Retour au texte

5 Bernard, 2007, p. 23. Retour au texte

6 Yvonne Castellan, La Famille, Paris, PUF, 1995, p. 6. Retour au texte

7 Huguette Caglar, Les Familles monoparentales : matricentriques et patricentriques, hétéro et homosexuelles, Paris, L’Harmattan, 2010, p. 39. Retour au texte

8 Jean-Marc Hovasse, Victor Hugo : avant l’exil, 1802-1851, Paris, Fayard, 2001. Retour au texte

9 Caglar, 2010, p. 39. Retour au texte

10 « Les femmes continuent […] à risquer leur vie à chaque nouvelle grossesse, y compris lorsqu’elles vivent dans le confort douillet de la bourgeoisie. », dans Denise Davidson et Anne Verjus, Le Roman conjugal : chroniques de la vie familiale à l’époque de la Révolution et de l’Empire, Seyssel, Champ Vallon, 2011, p. 255. Retour au texte

11 Davidson et Verjus, 2011, p. 256. Retour au texte

12 Hugo, Quatrevingt-treize [1874], 2001, p. 66. Retour au texte

13 Hugo, Quatrevingt-treize [1874], 2001, p. 57. Retour au texte

14 Hugo, Quatrevingt-treize [1874], 2001, p. 400. Retour au texte

15 Hugo, Quatrevingt-treize [1874], 2001, p. 450. Retour au texte

16 Jean-Claude Bologne, Histoire du célibat et des célibataires, Paris, Hachette, 2007, p. 294. Retour au texte

17 Yvonne Knibiehler, Les Pères aussi ont une histoire, Paris, Hachette, 1987, p. 185. Retour au texte

18 « La recherche de paternité est interdite », article 340. Retour au texte

19 Victor Hugo, Les Misérables [1862], Paris, Gallimard, 2018, p. 147. Retour au texte

20 Nous utilisons ici le terme employé par Hugo dans le titre du deuxième livre de la première partie : « La chute ». Retour au texte

21 Décret du 8 janvier 1792, cité dans Christiane-Catherine Canel-Dol, Les Adoptions en France de 1789 à 1923 : rêvées, instituées et vécues, thèse dirigée par Enric Porqueres i Gené, Séverine Mathieu et Jean-Paul Zúñiga, https://theses.fr/2021EHES00952021, p. 16. Retour au texte

22 Jack Goody, L’Évolution du mariage et de la famille en Europe [1985], Paris, Armand Colin, 2012, p. 77. Retour au texte

23 Victor Hugo, Les Misérables [1862], 2018, p. 919. Retour au texte

24 Victor Hugo, Notre-Dame de Paris [1831], Paris, Gallimard, 1975, p. 142. Retour au texte

25 Victor Hugo, Notre-Dame de Paris [1831], 1975, p. 147. Retour au texte

26 Victor Hugo, Les Misérables, II, III, « Accomplissement de la promesse faite à la morte ». Retour au texte

27 Victor Hugo, L’Homme qui rit [1869], Paris, Le Livre de Poche, 2002, p. 253. Retour au texte

28 Canel-Dol, 2021, p. 267. Retour au texte

29 Victor Hugo, Notre-Dame de Paris [1831], 1975, p. 146. Retour au texte

30 Victor Hugo, Notre-Dame de Paris [1831], 1975, p. 271. Retour au texte

31 Victor Hugo, L’Homme qui rit [1869], 2002, p. 241. Retour au texte

32 Victor Hugo, L’Homme qui rit [1869], 2002, p. 241. Retour au texte

33 Victor Hugo, L’Homme qui rit [1869], 2002, p. 381. Retour au texte

34 Victor Hugo, L’Homme qui rit [1869], 2002, p. 393. Retour au texte

35 Knibiehler, 1987, p. 200. Retour au texte

36 Dans ce roman, Hugo insiste à plusieurs reprises sur le caractère traditionnel des Guernesiais de 1820. La question du mariage y est particulièrement vive : Lethierry, incarnation de cette pensée traditionnelle, ne peut penser le mariage comme un pacte d’amour. Il est pour Lethierry un acte pratique : « si tu ne l’épouses pas, elle coiffera Sainte Catherine » (Victor Hugo, Les Travailleurs de la mer [1866], Paris, Gallimard, 1975, p. 983.) Retour au texte

37 Victor Hugo, Han d’Islande [1823], Paris, Gallimard, 1981, p. 510. Retour au texte

38 Cité dans Bologne, 2007, p. 277. Retour au texte

39 Propos d’Irène Théry, cité dans Canel-Dol, 2021, p. 267. Retour au texte

40 Honoré de Balzac, Avant-propos à La Comédie humaine [1842], Paris, Gallimard, t. I, 1976, p. 13. Retour au texte

41 Victor Hugo, L’Homme qui rit [1869], 2002, p. 792. Retour au texte

42 Victor Hugo, L’Homme qui rit [1869], 2002, p. 792. Retour au texte

43 Honoré de Balzac, Préface de La Rabouilleuse [1842], Paris, Gallimard, t. IV, 1976, p. 271. Retour au texte

44 Balzac, [1842] 1976, p. 271. Retour au texte

45 Knibiehler, 1987, p. 192. Retour au texte

46 Balzac, [1842] 1976, p. 13. Retour au texte

Citer cet article

Référence électronique

Maxime Sayer, « Les familles monoparentales dans le roman hugolien », Savoirs en lien [En ligne], 4 | 2025, publié le 30 janvier 2026 et consulté le 30 avril 2026. Droits d'auteur : Le texte seul, hors citations, est utilisable sous Licence CC BY 4.0. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont susceptibles d’être soumis à des autorisations d’usage spécifiques.. DOI : 10.58335/sel.602. URL : http://preo.ube.fr/sel/index.php?id=602

Auteur

Maxime Sayer

LLA-CREATIS, Université Toulouse Jean-Jaurès, France

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