Collectif Poêsie is not dead : entretien avec Archibald Ackermann, le pionnier de la biodiversité poétique

  • The Collective  Poêsie is not dead:  an interview with Archibald Ackermann, pioneer of poetic biodiversity

Notes de la rédaction

Archibald Ackermann est un acteur engagé des langages poétiques contemporains. Il se présente à nous avec ses lunettes d’intellectuel économiste, ses cheveux longs de musicien rock, et son bagout d’homme de lettres. Entre deux réunions de travail, il a très gentiment trouvé le temps de nous parler de son parcours et de sa vision des « poésie expérimentales » :

Texte

ECLATS : Archibald Ackermann, c’est un plaisir de vous rencontrer, pourriez-vous vous présenter rapidement nos lecteurs et leur expliquer comment et depuis combien de temps vous vous intéressez à la poésie et à sa démocratisation ?

Archibald Ackermann : À la fin de mes études de droit et d’économie à Paris Dauphine en 2007, j’ai décidé de créer un collectif, nommé Poêsie is not dead, qui s’inspirait en droite ligne de mon expérience en tant qu’étudiant en échange universitaire en 2002 à Montréal. En effet, j’ai pu assister fortuitement à des scènes ouvertes, dans des bars, organisées par et avec des poètes contemporains québécois, c’est alors que ma rencontre avec le poète Jean-Paul Daoust fut déterminante. Ce dernier « performait » ses poèmes de manière radicale et engagée, tout en parlant de nos vies d’urbains du XXIe siècle. Cette rencontre a été un véritable électrochoc, n’ayant pas du tout de « capital culturel », littéraire et artistique, et en même temps, ce fut un vrai déclic pour mon engagement ultérieur. Je suis allé alors voir et écouter tout ce qu’il se passait un peu partout dans les bars de Montréal, et je me suis notamment passionné pour les cercles plus alternatifs et « underground » plutôt qu’aux cercles plus classiques et lyriques. De plus, les lectures-performances ou lectures-actions étaient plus corporelles, plus sonores et correspondaient plus à mes goûts personnels, notamment musicaux. Quand j’ai créé Poêsie is not dead, j’avais (et j’ai toujours) l’utopie de « dé-livrer » (même si le livre a toute sa place, tout autant que la poésie « hors du livre ») le poème des espaces institutionnels et/ou alternatifs où il est généralement « enfermé » (rayons des bibliothèques, musées, squats, librairies, etc.), à l’attention souvent d’un public « averti » et d’« initiés ». Ce n’est pas le public habituel de la poésie avec ses applaudissements de politesse, d’un certain entre-soi, que Poêsie is not dead souhaite atteindre, mais faire réagir « un auditoire non averti, non préparé. C'est ainsi, dans cette situation de risque et de fraîcheur, en fait, que la poésie, toujours, devrait se communiquer. Funambule et présente, malgré tout ! ». C’est ce que j’ai compris a posteriori en m’intéressant aux situationnistes, car je souhaite créer un « contre-flux ». C’est cette démarche du contre-temps/contre-flux/contre-point qui me motivait et me motive encore aujourd’hui. L’essence même de Poêsie is not dead est donc : comment créer, diffuser et donner accès aux poésies, qui plus est aux poésies contemporaines, dans les espaces publics et les non-lieux pour un auditoire non initié ? Comment tenter d’y arriver dans un espace urbain saturé de technologies (smartphones, écrans publicitaires, etc.) de bruits parasites, de stimuli, visant à capter/accaparer notre attention et notre « temps de cerveau disponible », espaces-physiques et espace-temps rythmés par des flux quotidiens chronométrés et répétitifs ? Mon « rêve » ultime c’est de tenter de créer « une parenthèse poétique », un « dérèglement de tous les sens » dans ces espaces mentaux qui nous enferment, et qui nous empêchent de réfléchir, de voir, de contempler, de rêver et de vivre la beauté du quotidien. « L’élitisme pour tous », comme le disait Antoine Vitez.

E : Mais d’où vient l’idée du nom en anglais de votre collectif Poêsie is not dead ?

A.A. : Il s’agit en fait d’un clin d’œil à Punk is not dead1 et à mes références musicales personnelles. Poêsie is not dead était initialement aussi un collectif où j’avais réuni dès 2007 deux musiciens improvisateurs : Jean-Marc Wadel (T.V.La.S.Un.Or), Thomas Fernier (Chevo Légé) et deux vidéastes expérimentaux : Anne-Sophie Terrillon et Christophe Acker. J’ai organisé pendant plusieurs années, de 2008 à 2013, plusieurs performances où j’invitais des poétesses et poètes à dialoguer avec nous dans un univers musical et cinématographique protéiforme et polymorphe créé en direct. Il y a eu de très belles rencontres, je me souviens de nos résidences aux Voûtes à Paris et de certaines de nos performances à Charleville-Mézières, à Namur et à Anvers. Les circonstances de la vie (décès, attentat du Bataclan, etc.) ont fait que mes compagnons ont quitté Paris ou sont décédés.
Lorsque j’ai créé Poêsie is not dead, j’aimais bien l’idée d’adopter un nom bilingue français-anglais qui me rappelait mon séjour dans un Québec francophone voisin d’un Canada anglophone. Il est vrai qu’aux Amériques (du Nord et du Sud), la poésie (orthographiée à l’origine « poêsie » en vieux français) peut vite prendre une dimension internationale par un melting pot de langues diverses et variées.
Cette dimension internationale que j’ai initiée avec Poêsie is not dead, je l’ai retrouvée avec la revue de poésies expérimentales internationale Doc(k)s2 que je co-dirige depuis 2022 avec mon acolyte Xavier Dandoy de Casabianca.3En quelques mots, Doc(k)s est une revue unique et singulière dans l’univers de la poésie contemporaine. C’est un laboratoire expérimental des langages poétiques. Créée à Marseille par le poète Julien Blaine en 1976, Doc(k)s s’ancre dans le territoire corse depuis 35 ans avec la reprise à Ajaccio par le groupe intermedia Akenaton en 1990 et, désormais depuis 2022, à Bastia par les Éditions Éoliennes en collaboration avec le collectif Poêsie is not dead basé à Paris.4
Aujourd’hui, 50 volumes avec 17 CDs/DVDs/Carte USB ont été publiés/produits, réunissant plus de 3000 poètes internationaux et 23 000 pages imprimées. Doc(k)s a construit au fil des années une solide passerelle interdisciplinaire ouverte à toutes les formes de créations poétiques.
Cette revue se définit comme un rhizome au sein d’un réseau de poétesses/poètes des cinq continents qui continuent à creuser le sillon de l’expérimentation poétique dans le souci de libérer la poésie de tout ghetto, comme de l’accorder au monde contemporain et aux différents média qui le caractérisent et qu’ils pratiquent (écritures/graphies/images/vidéos/voix/sons/corps/électronique/numérique/ web). Doc(k)s, « patrimoine historique de la poésie française à l’étranger », est aujourd’hui la plus ancienne et la dernière revue internationale mixant différentes formes de poésies contemporaines. Elle permet de faire rayonner les créations de nos poétes(s)es d’ici et, inversement, de découvrir celles de nos pairs d’ailleurs.5

E : Juriste et économiste, votre formation joue-t-elle un rôle dans votre écriture poétique et dans vos créations de poésie-action ?

A.A. : Je crois que tous les aspects de notre vie ont un impact dans la création que l’on peut entreprendre en marge des activités principales de notre quotidien et notamment professionnelles. Ma formation de juriste et d’économiste me permet d’être indépendant financièrement tout en jouissant d’une grande liberté d’action dans la création, je me sens souvent comme un « franc-tireur » dans le milieu de la poésie contemporaine, n’appartenant à aucune chapelle. En revanche, il est vrai que je cours toujours après le temps pour pouvoir mener mes « activités poétiques » puisque j’ai, par ailleurs, des responsabilités assez importantes dans ma profession. N’ayant pas de formation littéraire et/ou artistique, je suis autodidacte, j’ai tout appris sur le tas et j’apprends encore, car j’ai encore tout à apprendre et à ré-apprendre. Je suis issu d’un milieu social d’ouvriers de l’industrie, où l’on ne possédait pas de livres, mis à part les encyclopédies Tout l’Univers et des livres de cuisine, qui servaient à décorer la « bibliothèque » du salon. Je ne cesse de m’intéresser aux avant-gardes pour toujours innover/me nourrir et ne pas « réinventer la roue », (les Incohérents6, les Futuristes7, les Dadaïstes8, les Situationnistes, les Lettristes, les Situationnistes, Fluxus, etc), mais il est vrai que le langage très technique du droit et de l’économie peut devenir poétique dès lors qu’il est détourné de son usage habituel. On ne peut pas totalement dissocier les deux vies que l’on mène !
Par exemple, Bernard Heidsieck (1928-2014)9 l’un des créateurs de la « poésie action », a écrit le poème La Chaussée d’Antin10, et a mené une activité de banquier tout au long de sa vie, cette expérience professionnelle a nourri son œuvre poétique. Donc Bernard Heidsieck l’a déja fait, mais personnellement, je ne souhaite pas créer un « ersatz » d’Heidsieck, je suis intéressé par l’innovation dans la création des langages poétiques tout en ayant une connaissance approfondie de mes aïeux et pairs en poésie. En effet, il me semble malgré très important de savoir ce qu’il s’est passé dans le domaine poétique, afin de pouvoir réaliser des innovations incrémentales (et pas forcément des innovations de rupture).
J’essaie juste simplement d’intégrer de plus en plus dans mes écrits, compte tenu de ma connaissance fine du système capitaliste, des critiques du système néolibéral de manière pertinente et ne pas enfoncer des portes ouvertes.

E : Quelle est votre définition des poésies expérimentales et quel est, d’après vous, le moyen d’initier à cette poésie ?

A.A. : Pour moi, les « poésies expérimentales » sont un laboratoire des langages poétiques, c’est-à-dire des recherches/explorations de la « langue », afin de la « tester » jusqu’à ses limites et jusque dans ses retranchements, expériences auxquelles on peut associer un autre médium (graphie, son, image, corps, numérique, etc.), et Poêsie is not dead a cette mission première d’incarner un « commando du langage » et de prôner l’ « ensauvagement de la langue », contre sa domestication et la propagation de la « novlangue ». Poêsie is not dead a depuis très longtemps dépassé l’« opposition » stérile entre les tenants de l’« écrit » et de l’« oralité », car elle est un laboratoire expérimental inter/trans/multi média de la langue, où les différentes pensées poétiques circulent et s’enrichissent dans la page et hors de celle-ci. On doit tester, comme des scientifiques pourraient le faire au sein d’un laboratoire, différents matériaux en les associant à la langue. Il peut avoir un côté plastique, performatif, sonore, digital. C’est pour cette raison que l’on parle aussi de poésie « hors du livre », car non, on ne se limite pas au « carcan » de la page blanche, mais on peut y associer un autre médium qui peut par la suite se diffuser par d’autres sources (Cd, DVD, QR Code), qui renvoient à nos chaînes Youtube de Poêsie is not dead et de Doc(k)s. Nous utilisons le web, les nouvelles technologies, comme un peintre utilise différents matériaux, pinceaux et pigments.

E : Le titre de l’émission de radio animée par Carole Carcillo Mesrobian11 et dans laquelle vous participez, assimile la poésie au secourisme. D’après vous, en quoi la poésie est-elle une urgence vitale pour notre société et en quoi peut-elle « ranimer » ou « ré-animer » les gens » ?

A.A. : J’ai ce sentiment que nous sommes un peu tous, depuis notre naissance, « moulés à la louche », comme le dit mon ami poète Joël Hubaut. Essayer de sortir de ce cadre, de ce moule, dans lequel on nous replonge au quotidien et dans lequel on se remet nous-mêmes car nous avons besoin de vivre en société, peut permettre de nous donner une vision différente et de sortir de la « matrice ». Cette notion de « liberté libre »12, comme le disait Rimbaud, peut permettre une vision critique… C’est un peu psychanalytique… Nous sommes trop conformes, trop similaires les uns aux autres et le système néolibéral pousse à l’uniformatisation et à la simplification, et ce que je trouve intéressant, c’est que la poésie peut tenter de faire exploser le moule par cette expérimentation de la « langue ». Alors évidemment, on ne peut pas vivre en-dehors de la société comme un ermite ou un anachorète, mais j’ai tout de même cette impression qu’il y a un endormissement global de la population, une croissance des « délires de masse » que mentionnait Artaud, et la poésie nous fait réagir, nous extirpe de notre torpeur, de notre train-train, et nous rappelle justement que l’on est tous « vivants » et pas uniquement des « zombies ».

E : Vous qui venez de Charleville-Mézières et qui avez inventé la Rimbaudmobile13, qui sont vos maîtres à penser en poésie à part Rimbaud ?

A.A. : Je dirais que j’ai été très influencé par mon ami poète québécois Jean-Paul Daoust14, que j’ai rencontré en 2002, dont l’écriture est double, lyrique & performative, ce qui est assez rare dans l’écosystème poétique où la « spécialisation » sévit également. Sa double culture québécoise francophone et nord-américaine anglophone, est présente dans ses poèmes, et on ressent également sa double appartenance à deux régions américaines bien distinctes, d’un côté New York, où il passé beaucoup de temps, notamment en résidence au studio du Québec, et de l’autre le bar de sa tante dans le Michigan, près des casernes militaires où il passait tous ses étés d’enfant et d’adolescent, résonnent beaucoup pour moi. Nous avons d’ailleurs écrit un texte à quatre mains ensemble : « Tempus Fugit ?!?!?! ». J’aime assez aussi l’œuvre d’Antonin Artaud pour sa critique de la poésie et du théâtre, mais aussi ses glossolalies et sa « destruction du texte ». Artaud et Rimbaud m’interpellent et m’influencent beaucoup. Je suis entré dans le monde des poésies expérimentales aussi via la poésie de Ghérasim Luca15 (œuvres plastiques et sonores). J’ai été très marqué et suis encore contaminé par son récital filmé par Raoul Sangla et qui s’intitule « Comment s’en sortir, sans sortir16 ».
J’ai moi-même réalisé des vidéos-poèmes inspirées par l’esthétique de ce film avec des poétesses et poètes contemporains francophones, ainsi que des comédiens à la Maison de la Poésie de Paris, vidéos en noir et blanc intitulées « Poésie live(s) »17 Parmi les autres poètes français qui m’influencent dans mon travail, il y a les poètes Christophe Tarkos18, Bernard Heidsieck, dont j’ai déjà parlé, mais également un des autres pionniers de la poésie sonore qu’est Henri Chopin19 avec notamment la création de sa magnifique revue Ou20.
D’autres influences en plus des mouvements d’avant-garde que j’ai déjà mentionnés comprennent les poètes ultra-lettristes, avec François Dufrêne21, Gil J. Wolman22 et Jean-Louis Brau23, les situationnistes, Fluxus et tout ce qui est post-Fluxus. Enfin, un de mes piliers comme poète-artiste c’est Robert Filliou24, car « L’art est ce qui rend la vie plus intéressante que l’art » puisque, comme lui, j’essaie à mon petit niveau d’être « un artiste d’artistes ». Influencé par la culture nord-américaine, il y a ensuite toute la bande de la Beat Generation (notamment Jacques Hirschman25 et Jack Micheline26, qui sont moins connus), mais aussi les femmes de la Beat Generation27 (Leonore Kandel, Anne Waldman, Diane di Prima, etc.). Ces poétes(ses) ont été des pionnières de la lecture publique dans des espaces divers et variés (bars, rues, etc), en sortant des universités, avec notamment des musiciens de jazz.
On peut citer quelques autres poètes également qui me sont chers, tels que Lawrence Ferlinghetti28, William Burroughs, Allen Ginsberg, Claude Pélieu (poète beat français). Un autre poète dans la mouvance de poésie sonore, proche des poètes de la Beat Generation, notamment William Burroughs, avec la conception commune de son « œuvre croisée29 », c’est Brion Gysin30. Son Pistol poem31, est génial, car on y entend une détonation de pistolet, ainsi que son autre poème I am that I am32, qui est un poème-permutation, sont pour moi deux poèmes sonores « piliers » dans ma construction artistique. Enfin le poète américain John Giorno33 et son Giorno Poetry Systems34 est aussi d’une grande influence dans ma démarche créative tant sonore que plastique, j’ai eu la chance de le voir et de l’entendre plusieurs fois. Longtemps oubliée ou reléguée au deuxième rang, j’ai pour ma part rencontré et « re-découvert » la poésie féminine contemporaine, qui aujourd’hui est la plus novatrice ; je pense notamment à Michèle Métail35, Liliane Giraudon, Cozette de Charmoy, AC Hello, Denise Le Dantec, Edith Azam, Laurence Vielle, Nathalie Quintane, Cécile Mainardi, Sandra Moussempés, Laure Gauthier, Frédérique Soumagne, SNG Natacha Guiller, Ségolène Thuillart, Camille d’Arc, Hortense Gauthier, Laura Vazquez, Anna Serra, Anne Kawala, Kati Molnar, etc… Dans les poètes vivants masculins contemporains francophones, je peux citer Joël Hubaut, Julien Blaine, Serge Pey, Sébastien Lespinasse, David Christoffel, Antoine Boute, Vincent Tholomé, Charles Pennequin, Jean-Marc Desgent, Frédéric Dumond, Thomas D. Lamouroux, Christophe Fiat, Anne-James Chaton, Mathias Richard, Mathieu Brosseau, Jean-Michel Espitallier, Jacques Demarcq, Jean-Pierre Verheggen, Christian Prigent, etc.

E : Vous qualifiez votre collectif de rhizome. Pourquoi cette métaphore botanique deleuzienne ?

A.A. : Je ne savais pas que Deleuze existait quand j’ai défini/nommé ce que j’aimais, notamment le côté « Intermedia » de Dick Higgins36 et Fluxus37, je me suis rendu compte que les uns se nourrissaient des autres. Pour moi, le collectif a défini l’influence en arts et poésie et chaque médium se nourrit l’un de l’autre et renvoie l’un à l’autre. J’ai constaté ainsi que cela fonctionnait comme les rhizomes des plantes qui se nourrissent les unes des autres sous terre. Voilà pourquoi le collectif est pour moi rhizomatique.

E : Vos lectures-performances ont souvent lieu en Belgique, la poésie expérimentale est-elle, selon vous, plus développée en-dehors de l’Hexagone ?

A.A. : En Belgique, c’est le pur hasard, j’ai de nombreux amis là-bas, proches de la culture ardennaise. On va quand même dans le bon sens en France, et les scènes ouvertes de poésie comme « Mange des mots », « le Bœuf Monstre » à Paris et de slam, ainsi que les festivals de poésie se sont multipliés ces 15 dernières années. En effet, elles/ils ont donné l’opportunité aux poétesses et poètes de s’exprimer en public, et cela contribue à la diffusion orale de la poésie, (avec du bon et du moins bon par nature), et donc cela tente de « démocratiser » la poésie depuis quelques années auprès de publics divers et variés. Au préalable de ces scènes ouvertes et de ces festivals, on pouvait entendre la poésie au sein des institutions publiques/musées/bibliothèques/maisons de la poésie, ou exclusivement dans des cercles d’initiés ou alternatifs. On constate, avec la réduction des budgets culturels, la disparition de certains festivals, mais les scènes ouvertes alternatives sont très actives, et l’énergie de certaines associations et de collectifs, souvent issus de la création de revues, sont vivifiants.

E : Lorsque l’on tape votre nom dans la barre de recherches du site Wikipedia, qui mentionne vos activités et vos créations, le « livre-objet » est indiqué vous concernant. Pouvez-vous m’en dire plus ?

A.A. : Pour moi, le livre-objet est un « mixage », entre le médium plastique et l’écriture, et j’aime cette rencontre/dialogue entre ces deux arts. J’ai lancé un projet de poèmes-affiches poèmes-pancartes à la manière de Pierre-Albert Birot38. Ces poèmes-pancartes/affiches-poèmes peuvent être collés dans tout espace public et non-lieux. Je suis attaché au travail typographique et je travaille régulièrement avec des artistes-typographes pour la production de nouvelles créations. La diffusion du poème dans l’espace public est mon dessein. J’habite un rez-de-chaussée à Paris, qui donne sur la rue de la Folie-Méricourt, dans une ancienne boutique de grossiste de vêtements, et j’ai installé il y a quelques années deux « billboards » sur les murs de cette boutique, « ready made », que j’ai ramenés des Etats-Unis. Ils forment un panneau de 1 mètre 20 de hauteur sur 80 cm de largeur, sur lequel les horaires des cultes protestants sont indiqués aux USA. J’y affiche régulièrement des poèmes de poètes(ses) modernes et contemporains, les passants lisent, s’arrêtent pour prendre les poèmes en photo, et c’est aussi pour moi un autre type « livre-objet ». C’est un objet poétique, même si ce n’est pas un livre en papier. La notion de « ready-made » en poésie peut permettre de toucher le public par le détournement d’un objet du quotidien, on pourra parler des chaises-poèmes et bancs-poèmes créés avec mon acolyte sculpteur québécois Michel Goulet.

E : Puisque vous parlez beaucoup du concept de laboratoire poétique, avez-vous tenté de mesurer de manière scientifique l’impact de la Rimbaudmobile, qui est une de vos créations les plus populaires ?

A.A. : Non, pas du tout, je suis vraiment resté dans l’aspect empirique du dispositif, je vois bien que les citoyens (piétons, vélo cyclistes et automobilistes) sont enthousiastes quand ils voient la Rimbaudmobile. Cet « objet-concept » suscite en premier lieu une stimulation visuelle chez toutes les générations (souvenirs chez les plus anciens, interrogations chez les plus jeunes). Dès la rupture initiée, l'usager de la ville est alors interpellé par le poète qui dit/lit dans l'espace public son poème in situ, accompagné par un paysage sonore : un musicien bricoleur de sons via l’utilisation d’un mégaphone lorsque la Rimbaudmobile traverse la ville. Cette démarche de « contre-flux » s'inscrit dans la dérive situationniste telle que Guy Debord la conçoit : susciter un regroupement, un agencement, un ralliement des passants, qui soient une incision, une distorsion, une rupture et in fine une « parenthèse poétique » dans leurs courses…
Je suis intéressé par la notion de mobilité/mouvement en poésie (« road-trip » de poésie-action). J’ai notamment en tête un projet d’une lecture-action avec un vélo flottant dans les canaux de la Seine ; je vais tirer des lettres derrière moi tout en utilisant un mégaphone pour dire un texte.
Concernant les autres œuvres auxquelles j’ai pris part dans l’espace public, c’est la réalisation d’installations permanentes dédiées à la poésie. On peut notamment citer les chaises-poèmes39 et banc-poèmes40 du jardin du Palais-Royal, poèmes-objets auxquels on incorpore des QR codes qui permettent d’entendre des poèmes via son smartphone, et non seulement de lire les vers gravés sur le dossier de ces objets-poèmes. Lorsque je me rends au jardin du Palais-Royal pour effectuer des petites réparations et entretenir ces poèmes-objets, je constate que les promeneurs s’y intéressent, ils lisent, ils s’arrêtent pour écouter les poèmes. Ces installations d’art public dédiées à la poésie permettent de faire percoler, polliniser, vaporiser le poème dans l’espace public. Je préfère largement ça à une publicité d’Apple ou de LVMH sur un bâtiment public. Actuellement, à l’Opéra de Paris, sur la façade en rénovation, vous vous trouvez face à une énorme affiche publicitaire de smartphone, c’est contre « ça » que je lutte, à mon petit niveau comme un colibri, par nos actions et installations dans l’espace public, contre cette privatisation de nos biens communs par le système néolibéral.

E : Quelles sont les poèmes-actions qui vous ont personnellement le plus marqué ?

A.A. : Un texte que j’aime beaucoup de Serge Pey et de Chiara Mulas qui s’intitule « Bataclan »41 dans lequel Chiara mange des roses, et qui évoque évidemment l’attentat du Bataclan. Je suis très sensible aussi aux poèmes sonores/actions de Joël Hubaut, de Charles Pennequin et les « publications orales » de Michèle Métail, qui sont toujours d’une grande radicalité et intensité.

E : Vous êtes un artiste engagé, vous soutenez la poésie féminine. On peut trouver des vidéos sur Internet qui montrent des vidéos de lectures-performances par des femmes poètes, que vous mettez en avant…

A.A. : J’ai invité à la Galerie Satellite en 2021 et au Musée Arthur Rimbaud en 202242 des poétesses intermedia avec comme titre d’exposition : « Elle(s) : Poétesses intermedia en France de 1959 à 2023 ». Ces poétesses vivent en France mais ne sont pas forcément Françaises comme Ilse Garnier43, épouse également du poète concret Pierre Garnier44, elles ont créé la poésie spatiale45. Cozette de Charmoy46, qui est une amie, et qui était une des seules femmes à avoir travaillé avec Henri Chopin, avait été heurtée par les attaques machistes de certains qui estimaient qu’elle n’était pas à sa place dans le milieu de la poésie à la fin des années 60 et au cours des années 70. Henri Chopin l’a défendue, et j’ai trouvé intéressant d’étudier la marginalité féminine en poésie. Je me suis aperçu que beaucoup de poétesses de l’époque avaient créé une œuvre et avait ensuite interrompu leur travail, parce qu’elles n’avaient pas été soutenues. Et en tant qu’homme, j’avais envie de « revaloriser » ces femmes, et de reconnaître la qualité de leur travail. Et pour une prochaine émission à radio Libertaire47, j’invite finalement plus de femmes que d’hommes. Je trouve que les poétesses contemporaines sont plus innovantes que les poètes tant en France et à l’étranger. Elles sont très actives, mais c’est vrai que pendant très longtemps, ce sont des hommes qui ont occupé le terrain, et on voit bien que sur les photos, ils formaient 90% des groupes d’artistes. Les femmes seraient-elles plus matures/innovantes ? Ou est-ce le fait d’avoir été étouffées, annihilées par les hommes dans l’art et la poésie qui leur donnerait plus de talent ? Je ne sais pas. C’est vrai que les commissaires d’art étaient majoritairement des hommes qui invitaient surtout des hommes, dont ils se sentaient proches. Cela encourageait une certaine exclusivité masculine du milieu de la poésie.

E : Est-ce que vous ne pensez pas que le fait que les femmes n’aient plus rien à perdre les ait aidées à aller plus loin et à être plus audacieuses que les hommes ?

A.A. : Oui, tout à fait, mais j’ai vu aussi que certaines poétesses et certains poètes peuvent fantasmer le fait de faire « carrière » en poésie. Dans ce cadre, je constate malheureusement qu’ils essaient souvent de « répondre à la demande » et de rentrer dans les « critères » de certains festivals, certaines institutions, ce qui amoindrit leur originalité/singularité.

E : Quel message souhaitez-vous que le public retienne de vos poésies expérimentales ?

A.A. : Soyez audacieux et inventif !!! Ne cherchez pas à imiter les autres !!! Il est fondamental de connaitre ce qu’il s’est passé avant et ce qui se déroule aujourd’hui pour pouvoir ensuite aller au-delà. Sur la maison de Rimbaud à Charleville-Mézières, il y a une plaque qui indique que Rimbaud est un poète & explorateur. Le terme « explorateur » pour moi est qu’il s’agit d’un explorateur du langage avant tout. Soyez différent et singulier !!! Évitez la pensée unique et dominante afin de développer une biodiversité poétique et des points de vue variés et complémentaires. Prendre les chemins de traverse, ce n’est jamais facile, parce qu’il y a des ronces, mais c’est tellement plus intéressant. Ne vous laissez pas normaliser et lyophiliser !!! 

E : Vous parlez beaucoup du rapport au corps. Avez-vous des exemples d’événements que vous avez lancés sur la corporéité dans la poésie ?

A.A. : C’est du domaine de la poésie performative. L’oralité du poème est un travail d’un premier rapport à la voix, mais le poème résonne dans tout le corps et pas uniquement dans la bouche. J’ai invité des praticiens, comme Orlan48 qui est une des représentantes du body art, dans la continuité notamment de Michel Journiac49 et de Gina Pane50 . J’ai organisé des lectures-performatives durant lesquelles les poètes-artistes écrivent sur leur propre corps avec leur propre sang par exemple. Je trouve qu’on ne peut pas faire abstraction du corps dans la poésie-performative et plus généralement dans la poésie, le poème résonne des pieds à la tête.

E : La poésie expérimentale peut-elle aider à devenir un transfuge de classe ?

A.A. : J’en suis la preuve, je pense, mais peut être que je me trompe, car elle m’a permis à titre personnel de grandir sans avoir le capital culturel et social, et sans formation artistique et littéraire. Mais j’avoue que je n’ai pas vraiment réfléchi à cela.

E : Archibald Ackermann, un grand merci pour le temps que vous nous avez consacré. Comment nos lecteurs peuvent-ils vous trouver s’ils souhaitent en savoir plus sur vous ?

A.A. : Ce qui compte, ce n’est pas moi, mais plutôt le poème. On peut le retrouver sur la chaîne Instagram de la revue Do(c)ks51 ainsi que les chaînes YouTube de Poêsie is not dead52 et de Do(c)ks53. Merci beaucoup pour votre temps et vos questions.

Figure 1 : Banc & Poème, installation de 34 Bancs & Poèmes au jardin du Palais Royal, Paris, 2016-2024

Figure 1 : Banc & Poème, installation de 34 Bancs & Poèmes au jardin du Palais Royal, Paris, 2016-2024

Figure 2 : « LP Rimbaud Live(s) de Poêsie is not dead, 2019 »

Figure 2 : « LP Rimbaud Live(s) de Poêsie is not dead, 2019 »

Figure 3 : « Rimbaudmobile, créée en 2012 »

Figure 3 : « Rimbaudmobile, créée en 2012 »

Figure 4 : « Poème-Affiche avec Antoinette Poisson et Pascal Leclercq, 2022 »

Figure 4 : « Poème-Affiche avec Antoinette Poisson et Pascal Leclercq, 2022 »

Fig. 5 : Les confidents, installation de 12 chaises-poèmes au jardin du Palais-Royal, 2016-2024, Paris

Fig. 5 : Les confidents, installation de 12 chaises-poèmes au jardin du Palais-Royal, 2016-2024, Paris

Bibliographie

BNF, Les essentiels, La page des futuristes, Muriel Paris : https://essentiels.bnf.fr/fr/livres-et-ecritures/formes-et-usages-des-livres/11fc702a-8a68-4c73-be52-aa48c52aef9c-illustrations-et-oeuvres-art-dans-livres/article/4c41987e-f8c4-4e2c-a57f-4c9413ab06fd-page-futuristes, consulté le 3 juin 2025.

Beaux-Arts, Le baiser de l’artiste d’Orlan, un scandale d’art et d’argent, par Delphine Peresan-Roudil, publié le 15 mai 2023, mis à jour le 16 mai 2023, https://www.beauxarts.com/grand-format/le-baiser-de-lartiste-dorlan-un-scandale-dart-et-dargent/, consulté le 3 juin 2025.

Bernard Heidsieck, Le Carrefour De La Chaussée D'Antin (1972),

https://www.youtube.com/watch?v=h2vrA3uur3Y, consulté le 3 juin 2025.

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Notes

1 https://fr.wikipedia.org/wiki/Punk%27s_Not_Dead Retour au texte

2 https://www.recoursaupoeme.fr/docks-la-revue-entretien-avec-francois-m/ Retour au texte

3 https://www.recoursaupoeme.fr/docks-la-revue-entretien-avec-francois-m/ Retour au texte

4 https://www.cnap.fr/docks-never-dies Retour au texte

5 https://www.recoursaupoeme.fr/docks-la-revue-entretien-avec-francois-m/ Retour au texte

6 https://books.openedition.org/purh/907?lang=fr Retour au texte

7 https://essentiels.bnf.fr/fr/livres-et-ecritures/formes-et-usages-des-livres/ Retour au texte

8 https://www.artinsolite.com/post/le-dada%C3%AFsme-c-est-quoi Retour au texte

9 https://www.lespressesdureel.com/auteur.php?id=1340&menu=0 Retour au texte

10 https://www.youtube.com/watch?v=h2vrA3uur3Y Retour au texte

11 https://www.podcastics.com/podcast/episode/lorsque-la-poesie-re-anime-le-quotidien-poesie-is-not-dead-entretien-avec-francois-massut-222384/ Retour au texte

12 https://essentiels.bnf.fr/fr/article/fb32dde2-11ce-45d7-9c36-16b6582d9418-rimbaud-liberte-libre Retour au texte

13 https://www.fiestival.net/fiestival/fiestivals-precedents/archives-articles/241-rimbaud-mobile.html Retour au texte

14 https://lesvoixdelapoesie.ca/lire/poetes/jean-paul-daoust Retour au texte

15 https://www.jose-corti.fr/auteurs/luca.html Retour au texte

16 https://www.cinematheque.fr/henri/film/154260-comment-s-en-sortir-sans-sortir-raoul-sangla-1988/ Retour au texte

17 https://www.youtube.com/watch?v=F00wooC9pWM Retour au texte

18 https://www.pol-editeur.com/index.php?spec=auteur&numauteur=316 Retour au texte

19 https://www.lemonde.fr/disparitions/article/2008/01/21/henri-chopin-un-des-pionniers-de-la-poesie-sonore_1001836_3382.html Retour au texte

20 Gaëlle Theval, Une revue pour sortir du livre : OU-Cinquième saison. La revue des Revues, 2014, 52, p.12-23. Retour au texte

21 https://www.lespressesdureel.com/auteur.php?id=17&menu=0 Retour au texte

22 https://shs.cairn.info/revue-champ-lacanien-2012-1-page-169?lang=fr Retour au texte

23 https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Louis_Brau Retour au texte

24 https://www.lespressesdureel.com/auteur.php?id=193&menu=0 Retour au texte

25 https://travailleur-alpin.fr/2021/12/01/a-saint-martin-dheres-autour-de-jack-hirschman-poete-resistant-californien/ Retour au texte

26 https://www.derniertelegramme.fr/auteures/jack-micheline/ Retour au texte

27 https://www.liberation.fr/livres/2018/08/15/beat-generation-le-choeur-des-femmes_1672793/ Retour au texte

28 https://www.seuil.com/ouvrage/la-vie-vagabonde-lawrence-ferlinghetti/9782021368833 Retour au texte

29 https://www.senscritique.com/livre/Oeuvre_croisee/22067537 Retour au texte

30 https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/les-nuits-de-france-culture/brion-gysin-ma-dream-machine-est-le-point-final-dans-l-histoire-de-l-art-cinetique-1516340 Retour au texte

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38 Anne-Christine Royère. Poèmes-affiches et poèmes-pancartes de Pierre Albert-Birot : prototypes, rééditions, avatars. Aurouet, Carole ; Simon-Oikawa, Marianne. Pierre Albert-Birot, 1876-1967, un pyrogène des avant-gardes, Presses universitaires de Rennes, pp.177-192, 2019, Interférences (Rennes), ISSN 0154-5604, 978-2-7535-7688-9. Retour au texte

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47 https://www.radio-libertaire.org/podcast/z_commun/emission_aff.php?id_e=48&id_c=39&bout=tableau Retour au texte

48 https://www.beauxarts.com/grand-format/le-baiser-de-lartiste-dorlan-un-scandale-dart-et-dargent/ Retour au texte

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50 https://i-ac.eu/fr/artistes/37_gina-pane Retour au texte

51 https://www.instagram.com/p/DDL0UACIgsp/?img_index=1 Retour au texte

52 https://www.youtube.com/@poesieisnotdead Retour au texte

53 https://www.youtube.com/@RevueDocks Retour au texte

Illustrations

Citer cet article

Référence électronique

Archibald Ackermann et Sophie Doulut, « Collectif Poêsie is not dead : entretien avec Archibald Ackermann, le pionnier de la biodiversité poétique », Éclats [En ligne], 5 | 2025, . Droits d'auteur : Le texte seul, hors citations, est utilisable sous Licence CC BY 4.0. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont susceptibles d’être soumis à des autorisations d’usage spécifiques. URL : https://preo.ube.fr/eclats/index.php?id=725

Auteurs

Archibald Ackermann

Poète, fondateur du Collectif Poêsie is not dead

Sophie Doulut

PRCE Anglais
Université de Perpignan Via Domitia
Laboratoire TIL UR 4182 – Laboratoire CRESEM UPVD 7397

Droits d'auteur

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